Oum El Bouaghi: viandes de cailles et lapins pour exciter les papilles des jeûneurs

Publié le : vendredi, 31 mai 2019 15:11   Lu : 52 fois

OUM EL BOUAGHI - Question de diversifier les saveurs, d’agrémenter les "meidate" de rupture du jeûne ou simplement de passer le temps : nombre de citoyens d’Oum El Bouaghi ont pris l’habitude de sillonner, surtout les après-midis, les petites villes et villages en quête de tout ce qui peut exciter leurs papilles gustatives.

Ainsi, certains parcourent des dizaines de kilomètres pour un kilogramme de Zlabia ou Kelb louz, un litre de lait cru de ferme ou leben ou encore quelques cailles ou un lapin.

A l’affut de ces petites faiblesses de jeuneurs, les commerçants de l’avenue Abbas Laghrour de la ville d’Ain Beida, seconde plus grande agglomération de la wilaya, ont multiplié leurs offres au point d’avoir réussi à accoler à cette avenue le surnom de "la rue des jeuneurs" qui y viennent des quatre coins de la wilaya et même des wilayas voisines.


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Le jeune Amir Zaïdi se reconnait "adepte" de ces courses en balade durant le ramadhan qui peuvent le mener en dehors de la wilaya d'Oum El Bouaghi.

Il confie se diriger deux à trois fois par semaine vers Ksar Sbaïhi pour sa célèbre zalabia ou à Constantine pour un peu de Kelb louz dont les pâtissiers en détiennent les secrets.

Walid Medkour d’Ain Beida assure, lui, que parcourir 70 km en aller et autant en retour pour acheter de la Zlabia d’Oued Zenati (Guelma) est ''un rituel du ramadhan'' qu’il n’est pas prêt d’y renoncer pour n’importe quoi.

 

Lapins et cailles du village Boufar, l'autre destination de jeûneurs

 

Distant de 3 km du chef-lieu de la commune de F’kirina en direction de la wilaya voisine de Khenchela, le village Boufar est connu pour les automobilistes pour ses grillades de diverses viandes notamment de lapin, de cailles, de faisan et d’ovin dont les colonnes de fumée sont visibles de loin.

Durant le ramadhan, les files d’attente des clients "poireautant" patiemment en attendant leurs commandes de lapins ou cailles grillés à la braise semblent interminables. "La viande de lapin est gouteuse et remplace fort bien toutes les autres viandes rouges ou blanches", soutient Karim qui traverse 25 km pour atteindre Boufar.

Pour ce jeune, la caille rôtie sur braise par les restaurateurs de ce village est ''savoureusement exquise''.

Face à cette forte demande, les tenants des grill-rooms de Boufar doivent, pour assurer leurs approvisionnements en lapins, grosses cailles et faisans, se déplacer constamment vers les marchés de la wilaya et la région, assure Hocine, jeune restaurateur du village tout en étant affairé à emballer dans du papier aluminium la commande d’un client.

Pour ce trentenaire activant depuis deux années, garantir la régularité des approvisionnements en ces viandes est loin d’être une sinécure pour les restaurateurs soucieux de satisfaire la demande des clients qui viennent de la wilaya Oum El Bouaghi mais aussi de Khenchela, Tébessa et de Biskra. Ainsi, Hocine confie s’approvisionner en cailles de Bejaia, Tizi-Ouzou et Jijel, tandis que le lapin est trouvé dans les marchés.


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''La cuisson du lapin est plus ardue que celle de la caille'', note Hocine qui explique que la préparation d’une caille sortie de cage ne prend que quelques minutes pour son abattage et plumage, tandis que celle du lapin est plus longue car nécessitant, outre l’abattage, la dépouille et le lavage, un temps de séchage de la viande.

Les automobilistes qui passent par Boufar éprouvent d’énormes difficultés à résister aux odeurs des grillades qui excitent de manière éhontée leurs papilles en ce temps de jeûne, confient nombre d’entre eux rencontrés faisant la chaîne devant les grill-rooms de Boufar.

La caille rôtie sur braise est cédée à 200 DA, le lapin à 1.200 DA et le prix ne semble être qu'un détail pour les jeuneurs.

Pour les consommateurs réguliers de cailles, la viande de petit volatile, en sus de sa qualité gustative, est réputée pour avoir un effet thérapeutique sur certaines maladies dont l’anémie en raison de sa riche teneur en fer.

Brahim, marchand ambulant de Khenchela, assure ainsi connaître beaucoup de malades atteints d’anémie, de diabète et d’arthrose qui se traite avec la viande de Skoura (appellation locale de la caille).

La réputation de la viande de caille mais surtout son appréciation par son épouse, confie Brahim, sont les choses qui le poussent surtout durant le ramadhan à se déplacer de Khenchela à Boufar pour acheter des cailles rôties.

Oum El Bouaghi: viandes de cailles et lapins pour exciter les papilles des jeûneurs
  Publié le : vendredi, 31 mai 2019 15:11     Catégorie : Régions     Lu : 52 foi (s)   Partagez