El Tarf : la région de Boutheldja, un éventail de vestiges archéologiques  en quête de classement

Publié le : mercredi, 24 mai 2017 12:56   Lu : 69 fois
El Tarf : la région de Boutheldja, un éventail de vestiges archéologiques  en quête de classement
APS PHOTOS © 2017

El TARF- Véritable musée à ciel ouvert, la région de  Boutheldja, située à près de 12 kilomètres du chef lieu de la wilaya d’El  Tarf, renferme un trésor de sites archéologiques et de restes antiques disséminés un peu partout à travers cette daïra dans l'attente d'un  classement au regard de leur importance.

Ces trésors, sur lesquels veille jalousement dame nature, sont en quête de  classement au regard de leur importance historique et archéologique,  s’accordent à dire les riverains rencontrés par l’APS sur ces lieux où sont  entreposés ces richesses inestimables plusieurs fois millénaires.

A huit (8) km au nord-ouest de la commune de Cheffia, l’abri du mouflon  "Ghar El Maaz", un site préhistorique pittoresque donnant sur la station  thermale de Sidi Djaballah et surélevé à 300 mètres d’altitude par rapport  à la mer, renseigne sur une région chargée d’histoire.

Le site préhistorique, sous forme d’abri sous roche avec des dessins  rupestres, est considéré parmi les témoins indélébiles du passage de  nombreuses civilisations dans cette région, a expliqué Aicha Abada, chef de  service du patrimoine à la direction locale de la culture.

Ce site pittoresque a été mis à jour en 2011, lors de travaux  d’exploitation de la carrière pour le chantier de réalisation de  l’autoroute Est-Ouest (tronçon Annaba/El Tarf), a-t-elle soutenu, avant d'ajouter que "l’inspection extensive des lieux avait permis alors de  confirmer qu’il s’agissait d’un site préhistorique connu dont la découverte  datait de 1939".

Attisant la curiosité, l’abri, s’ouvrant vers le nord, est un entassement  de rochers. Un animal est vu de profil absolu. Son museau pointu est très  allongé, les extrémités de ses pattes sont arrondies et seules une patte de  devant et une autre de derrière y sont visibles. Selon la légende que les riverains de ce coin édénique veillent à  transmettre "l’image que reflète Ghaar El Maaz et les  ornements d’une  coiffure rituelle, du temps du néolithique".

D'autres représentations animales telles une tête de ruminant dont les  cornes semblent prolonger la courbe frontale vers l’arrière en arc continu  et des figurines humaines, y sont également visibles. La daïra de Boutheldja renferme une série d’autres sites historiques qui,  tout comme celui de l’abri du mouflon, "attendent leur classement", a  souligné la responsable.

 

---La cité de Thullio, un endroit qui n’a pas livré tous ses secrets...

 Aux pieds du Djebel Ben Fraj à Hakoura, dans la commune de Chaffia le cité  Thullio, témoigne des innombrables traces du passage de plusieurs  civilisations dans cette région de l’extrême nord-est du pays.

Ville antique, appelée Thullio, datant de l’époque romaine. S’étalant sur  36.000 m2, ce site se compose de restes de constructions et de grottes qui  sont de véritables témoins, renseignant sur un "passé historique qui n’a  pas encore livré tous ses secrets", a confié Mme Abada. "L’inscription mentionnant le nom de la cité est exposée dans le jardin du Musée d’Hippone  à Annaba", a-t-on ajouté.

La chargée du patrimoine à la direction de la culture rappelle que  Chaffia, où l’on compte au total 52 éléments monolithes, est le nom d’un  fleuve qui draine à haute plaine entre Djebel Nador à l’Est et Djebel Ben  Fraj à l’ouest. De nombreux restes antiques y sont encore visibles en sus d’une quinzaine  de pressoirs éparpillés et composés d’éléments monolithes de grande  dimension.

Au niveau du même site, il est aussi aisé de contempler la Mzara de Sidi  Chorafa qui contient un haut olivier ainsi que diverses indications  renseignant, a-t-on expliqué, sur les activités qui y étaient pratiquées  (un bloc d’ancrage, une maie circulaire en position verticale oblique, une  dalle rectangulaire muni d’un canal le long du coté court, provenant d’un  bassin destiné aux liquides pressés et des stèles libyques).

Parmi les restes archéologiques encore conservés, il est à signaler,  a-t-on fait savoir, "des traces d’extraction présentent sur les rocs, un  épais mur ainsi que le fond d’une citerne revêtu d’enduit hydraulique  renversé sur le sol ainsi que deux stèles funéraires".

Ces sites ensorcelants à souhait sont en attente, a-t-on affirmé à la  direction de la culture d’El Tarf, d’un classement qui permettrait  davantage de valoriser ces témoins éternels et assurera leur préservation  de tout acte qui leur sera préjudiciable. Selon la direction, de nombreux autres sites archéologiques sont recensés dans cette wilaya, à l’image de  ceux disséminés à Zitouna, Besbes et Bougos, soient un total de plus de  soixante fermes conservant des presses rupestres composées de plus d’une  centaine d'éléments monolithe, datant de l'époque romaine et utilisées jusqu’à la fin de l’époque byzantine.

A ce patrimoine riche et varié, s’ajoute, a-t-on précisé, une trentaine de  tombes circulaires (dolmen) des sarcophages et une centaine de stèles  funéraires, résistant aux aléas de la nature et semblant narrer au visiteur  le passé historique de peuples qui se sont succédé.

La wilaya d’El Tar compte trois sites classés à l’échelle nationale,  situés à El Kala, à savoir le Bastion de France, l’Eglise et le Fort moulin  en sus de 10 autres classés à l’échelle locale dont Ksar Lala Famta, à El  Ayoune et Bensaidane à Bougous.

 

Des vestiges archéologiques sont de temps à autres mis à nu, d’autres sont  encore enfouis à travers le territoire de cette wilaya au passé millénaire,  ont signalé les services chargés du patrimoine à la direction de la  culture, insistant sur les efforts consentis pour la réhabilitation de cet  important patrimoine.

El Tarf : la région de Boutheldja, un éventail de vestiges archéologiques  en quête de classement
  Publié le : mercredi, 24 mai 2017 12:56     Catégorie : Régions     Lu : 69 foi (s)   Partagez