Bir Michaud, un site de torture témoin des atrocités du colonialisme français

Publié le : dimanche, 04 juillet 2021 18:24   Lu : 2 fois
Bir Michaud, un site de torture témoin des atrocités du colonialisme français

BORDJ BOU ARRERID - Témoin des atrocités du colonialisme et les crimes perpétrés contre les Algériens, Bir Michaud (le puits Michaud), l’un des plus sinistres lieux de torture de la soldatesquefrançaise dans la commune d'Ouled Brahem (Sud-est de Bordj Bou Arreridj), résiste à l'oubli et constitue à présent un lieu historique.

Implanté entre les communes d'Ouled Brahem et Ouled Si Ahmed, non loin des frontières administratives de la wilaya de Sétif, l’origine du puits Michaud remonte à la période comprise entre 1897 et 1911 et fut l’un des nombreux lieux de torture répandus à travers le pays et utilisés par les autorités coloniales contre les combattants algériens.

Il s’agit d’une grotte de plus de 600 mètres de profondeur, réalisée pour permettre d’expulser les gaz toxiques de la mine de phosphate qui se trouvait dans la région avant que le colonisateur français ne la transforme, après l’arrêt des activités de la mine en 1956, en une fosse commune où les révolutionnaires algériens étaient jetés, morts ou vifs, dans le plus grand secret, a affirmé à l’APS, Mohamed Lakhdar Boubeka, l’un des moudjahidine de la région, à la veille du 5 juillet, fête de l'indépendance.

Chaque personne portée disparue dans la région finissait dans cette grotte, a témoigné le moudjahid Boubeka, ajoutant que "l'armée française y amenait les moudjahidine de plusieurs régions de Bordj Bou Arreridj et même de Sétif, en leur faisant subir les pires tortures avant de les jeter vivants dans la grotte".

Et de poursuivre: "Un jour, alors qu'un combattant allait y être jeté, celui-ci s’est agrippé à un soldat français en le faisant tomber avec lui, incitant les autorités coloniales à changer leur façon de procéder, en exécutant par balles les moudjahidine avant de jeter leurs dépouilles dans la grotte".

Le nombre de moudjahidine jetés dans ce lieu demeure "inconnu à ce jour", affirme ce moudjahid, estimant dans le même contexte que le nombre de chouhada jetés à l'intérieur de Bir Michaud est d’"au moins 2.000 martyrs" car, dit-il, on ignore encore où sont enterrés des centaines de martyrs de la région Est de Bordj Bou Arreridj ce qui signifie que la "la plupart des dépouilles se trouvent dans cette grotte".

L'intervenant a affirmé, par ailleurs, qu'à l’annonce du cessez-le-feu, le 19 mars 1962, les autorités coloniales ont tenté d’effacer les traces de leurs crimes en larguant à l’intérieur de la grotte des véhicules appartenant aux colons avant de les brûler conduisant ainsi à l’obstruction du site.

De plus, souligne-t-il, le puits Michaud est devenu un lieu de rejet des déchets solides par les habitants de la région ce qui a rendu difficile de "mesurer sa profondeur ou de retirer les restes des martyrs".

Dans ce contexte, le moudjahid Mohamed Lakhdar Boubeka, affirme que les moudjahidine de la région continuent de revendiquer "l’extraction des restes des martyrs de Bir Michaud afin de les inhumer dans les cimetières des chouhada".

Bir Michaud, un site de torture témoin des atrocités du colonialisme français
  Publié le : dimanche, 04 juillet 2021 18:24     Catégorie : Régions     Lu : 2 foi (s)   Partagez