Le 5 juillet, l'occasion de se remémorer le contexte d'une date historique

Publié le : dimanche, 04 juillet 2021 14:02   Lu : 3 fois

GHARDAIA- La célébration du 59ème anniversaire de l'Indépendance constitue une occasion idoine pour se remémorer le contexte historique de cette grande épopée, dont l'aboutissement a été le fruit d'énormes sacrifices du peuple algérien épris de liberté, durant plus de 130 ans de lutte contre le joug colonial.

Pour les quelques témoins oculaires encore en vie à Ghardaïa et qui avaient assisté à la première célébration de la fête de l’indépendance du 5 juillet 1962, cet évènement a été officialisé comme la fête de l'indépendance pour effacer une date symbolique, en référence à la capitulation du dey d'Alger le 5 juillet 1830, début de la colonisation.

Selon Hadj Mohamed Djebrit, ancien moudjahid, un octogénaire qui a occupé de nombreuses fonctions dans l’Armée de libération nationale (ALN) dans les régions de Ghardaïa et d’El-Bayadh durant la guerre de libération, dès l’annonce du cessez-le-feu le 19 mars des scènes de liesse ont été enregistrées dans la région de Ghardaïa et se sont multipliées jusqu’à la fin du mois de juillet 1962.

Des défilés à grand renfort de l’emblème national, des cortèges de véhicules bondés, des cavaliers et chameliers sur leur monture, ainsi que des scènes d’euphorie ont marqué l’ambiance festive dans les rues et ruelles des différents ksour et localités de la wilaya de Ghardaïa, a souligné avec nostalgie M. Djebrit en rappelant que les festivités ont commencé à El-Atteuf (fief de rassemblement des moudjahidine).

La plupart des rues et ruelles de la vallée du M’zab ainsi que les localités de Berriane, Guerrara, Métlili, Zelfana Mansoura et El-Menea ont été embellies et pavoisées du drapeau national, les gens se sont réunis dans les maisons des notables, responsables du FLN et citoyens libérés des prisons coloniales pour écouter des chants patriotiques, des poèmes et des discours captés sur les ondes de la radio tout en sirotant du thé et en dégustant des gâteaux, a détaillé le Moudjahid Djebrit.

Et de préciser qu’il a été mandaté pour assister au niveau du siège de la sous-préfecture (Daïra) de Ghardaïa à la cérémonie de levée des couleurs nationales ou le drapeau algérien a été hissé fièrement pour la première fois dans le ciel de la région et à la descente du drapeau français.

Pour sa part, Hadj Abdelwahab Bakelli, militant de la première heure et ancien ministre du Tourisme, se rappelle avec vivacité les scènes d’euphorie qui ont touché toutes les couches sociales dans leurs diversités sociologiques de la région de Ghardaïa.

"La région de Ghardaïa a été un lieu de repli et de cache pour de nombreux activistes et moudjahidine durant la période allant de l’annonce du cessez-le-feu au départ du colonisateur", se souvient M.Bakelli, ajoutant que cette période a été caractérisée aussi par des menaces de l’organisation armée secrète (OAS) contre les commerçants de la région exerçant au nord du pays

Pour échapper à ces menaces, de nombreux commerçants natifs de Ghardaïa et Métlili se sont repliés vers Ghardaïa pour échapper aux représailles de l’OAS les accusant de fournisseurs de fonds au FLN dans la casbah d’Alger et les villes du nord, a-t-il expliqué.

Entre la période de cessez-le-feu et la fête de l’indépendance, de nombreux exilés en Tunisie et au Maroc ainsi que des étudiants envoyés par le FLN pour se former dans différents pays ont été rapatriés afin de contribuer à l’édification de l’Algérie libre, a précisé Hadj Bakelli, lui-même étudiant en Italie et membre de l’Union générale des étudiants algériens (UGEA).

 

Une période de solidarité et de convivialité

 

 

Cette période a été marquée par une solidarité et une convivialité entre l’ensemble des résidents de la région où un site situé à Berriane (El-Madagh) a été désigné comme lieu d’accueil et de prise en charge des moudjahidine, des exilés, des prisonniers libérés et des Etudiants.

A titre d’illustration, une vingtaine d’étudiants de la région de Ghardaïa, rapatriés durant la période entre le 19 mars et le 05 juillet 1962, ont célébré leur mariage collectivement conformément aux traditions et us de la région de Ghardaia.

L’engouement populaire pour les actions de solidarité et de convivialité a été exemplaire envers les moudjahidine de retour du maquis ou les prisonniers libérés des prisons et camps de détention crées par l’armée coloniale.

Pour Hadj Amor Benkhelifa dit Beladjel, ancien détenu par l’armée coloniale et libéré le 18 avril 62 de Serkadji, la période de cessez-le-feu a été la plus dangereuse pour les algériens avec les actes de violence et terroristes de l’OAS.

"On était menacés de mort même en prison", a affirmé Hadj Beladjel, ajoutant "avoir reçu juste après les accords de fin des hostilités, un obus, un projectile lancé par un groupe de l’OAS, qui n’a heureusement pas fait de victimes".

"On nous a libérés clandestinement pour échapper aux représailles de l’OAS", a-t-il signalé, expliquant que "la solidarité du peuple algérien était exemplaire durant cette période où on nous recevait à bras ouverts durant le trajet entre Alger et Ghardaïa comme des frères".

Nommé coordinateur de l’application du cessez-le-feu à Métlili, Beladjel raconte que des scènes d’euphorie ont marqué la première célébration de l’indépendance du pays avec des rencontres entre membres de familles disloquées et séparées durant plus de sept année.

La célébration de l'anniversaire de l'indépendance est l'occasion de mettre en exergue la fierté et le dévouement du peuple algérien envers sa patrie et de se remémorer les sacrifices consentis pour libérer ce pays et consolider son unité, ont tenu à souligner ces moudjahidine.

Le 5 juillet, l'occasion de se remémorer le contexte d'une date historique
  Publié le : dimanche, 04 juillet 2021 14:02     Catégorie : Régions     Lu : 3 foi (s)   Partagez