La grève du 19 mai 1956, une passerelle vers la Révolution de libération

Publié le : mardi, 18 mai 2021 13:29   Lu : 12 fois

MILA - La grève du 19 mai 1956 constitue l’un des évènements majeurs de l’histoire de la Révolution de libération (1954/1962), démontrant au colonialisme français l’attachement indéfectible de l’élite à sa patrie en brisant ses illusions d’en faire un réservoir visant à le soutenir dans le futur.

"Cette grève a été l’expression du soutien de toutes les composantes du peuple algérien à la Révolution algérienne lorsque le moment est venu de le montrer", affirme à la veille de la célébration du 65ème anniversaire de cet évènement, Abdelmalek Boulmerka (85 ans), natif de Mila et l’un des étudiants à avoir répondu à l’appel de la grève.

L’adhésion massive des étudiants des quatre coins du pays à la grève du 19 mai 1956 a "porté un sérieux coup au colonialisme français qui pensait que les étudiants algériens accueillis dans ses universités allaient effacer leur identité et leur refus de l’occupation dans l’objectif d’en faire un réservoir humain qui le soutiendra dans le futur", a ajouté ce moudjahid dans son témoignage.

Inscrit durant cette même année au lycée Youghourta de Constantine à l’époque (faute de lycée à Mila), Abdelmalek Boulmerka a fait le choix, au même titre que ses pairs, de bouder les cours en réponse à l’appel du 19 mai 1956, se rappelant que l’action des étudiants avait suscité la stupéfaction des enseignants.

Selon ce moudjahid, l’abandon des bancs des écoles et des universités fût total et définitif comme ailleurs à travers le pays, et ce, conformément à l’appel à la grève du 19 mai 1956.

Et d’ajouter: "Cet évènement a illustré notre détermination à mettre fin au colonialisme surtout après la répression menée contre le peuple algérien qui a démontré que l’unique solution était de chasser l’occupant de l’Algérie à travers la Révolution à laquelle nous avions adhéré en tant qu’élite formée au sein de l’école française qui se nourrissait d’illusions en croyant à tort que nous lui étions entièrement acquis".

 

Importante contribution à la mobilisation en faveur de la Révolution

 

Les évènements du 19 mai 1956 ont constitué "un tournant décisif" pour le jeune Abdelmalek Boulmerka, âgé de 20 ans à l’époque, et ses amis étudiants originaires de Mila.

Ce moudjahid a confié à cet effet qu’ils avaient décidé de rejoindre les rangs de l’Armée de libération nationale, mais ils en furent empêchés par le responsable politique de Mila qui les avaient plutôt exhortés d’activer en vue de mobiliser les citoyens autour de la Révolution et du Front de libération nationale, a ajouté ce moudjahid dans son témoignage.

Abdelmalek Boulmerka assure ainsi qu’à son retour à Mila il a scrupuleusement suivi les instructions du Commandement de la Révolution en mobilisant les gens contre la France et sa politique et en plaidant en faveur de la Révolution comme solution radicale pour briser le joug colonial et libérer l’Algérie et son peuple.

"Les étudiants algériens qui ont étreint la grève ne voyaient d’avenir que dans une Algérie libre", souligne ce moudjahid, affirmant que "les avantages qui nous attendaient à la fin de nos études ne signifiaient absolument rien sous un régime colonial qui spoliait les richesses de notre pays".

"La grève a constitué une riposte forte aux adeptes de l’assimilation à la France pour laquelle notre action a constitué une réelle désillusion", a-t-il dit.

Selon ce témoignage vivant, la résistance au colonialisme de toutes les autres catégories de la société algérienne s’était alors consolidée en voyant cette élite étudiante rejoindre les rangs de la Révolution et plaider sa cause.

En intégrant plus tard les rangs de l’Armée de libération nationale, les étudiants ont joué un rôle également important dans la lutte armée, a relevé M. Boulmerka qui avait rejoint la Révolution en décembre 1957 en compagnie d’un autre étudiant de Mila, le défunt Azouz Boulakroune, en activant notamment dans la Zone 1 qui englobait les wilayas de Mila et Jijel.

Abdelmalek Boulmerka a occupé, dit-il, plusieurs postes de responsabilités militaires jusqu’à devenir membre du Commandement de la 3 ème région militaire de la zone-1 (Mila actuellement).

A l’annonce de l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet 1962, ce moudjahid a été le premier, se souvient-il, à arborer le drapeau national dans la ville de Mila, célébrant la nouvelle ère de l’Algérie indépendante.

La grève du 19 mai 1956, une passerelle vers la Révolution de libération
  Publié le : mardi, 18 mai 2021 13:29     Catégorie : Régions     Lu : 12 foi (s)   Partagez