19 mai: les étudiants grévistes ont renforcé les postes de commandement de l’ALN

Publié le : mardi, 18 mai 2021 13:10   Lu : 2 fois

TIZI-OUZOU - Les étudiants grévistes qui avaient rejoint le maquis pendant la guerre de libération nationale ont contribué au renforcement des postes de commandement (PC) de l’Armée de libération nationale (ALN), a indiqué à l’APS l’ancien moudjahid et ancien étudiant gréviste, Ouali Ait Ahmed.

Rencontré à la maison de la culture de Tizi-Ouzou en marge d’une conférence organisée par l’association des enfants de Moudjahidine à l’occasion de la célébration de la journée de l’étudiant (19 mai 1956), l'ancien élève de l’ex-collège moderne et classique de Tizi-Ouzou (actuel lycée Fadhma n’Soumer au chef lieu de wilaya), a souligné que l’apport des étudiants qui ont rejoint les maquis de la Révolution suite à l’appel de l’Union générale des étudiants musulmans algérien (UGEMA), à une grève illimitée le 19 mai 1956, a été "très important".

"L’apport des étudiants à la Révolution a été d’une grande importance, car c’était eux qui ont fourni l'encadrement nécessaire pour les secrétariats des PC, chargés de la production de la documentation de guerre (rapports, tracts)", a souligné l’ancien commandant de l’ALN, Ouali Ait Ahmed, plus connu sous le nom de Si Ouali.

Agé de 15 ans lors de la grève du 19 mai 1956 et étant trop jeune pour rejoindre le maquis, contrairement à ses camarades ainés qui ont renforcé les rangs de l’ALN, il a dû reprendre ses études en septembre 1957 suite à l’ordre de reprise de l’ALN/FLN, non sans avoir été arrêté et torturé pendant près de deux mois, par l’armée coloniale française, pour avoir pris part à la grève des étudiants, a-t-il témoigné.

"Ce sont les étudiants qui ont été à la tête de la majorité des représentations du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) à l’étranger et c’est aussi eux qui ont formé l’élite destinée à prendre des postes importants, après avoir été envoyé, par l’ALN/FLN, à l’étranger, dans de pays amis, pour suivre des études supérieures dans des domaines stratégiques (médecine, diplomatie, pilotage d’avions)", a ajouté cet ancien moudjahid.

La rédaction de rapports, de tracts et autres documents nécessaires à la Révolution était confiée aux étudiants qui ont été injectés dans des postes de secrétaires.

 

La révolution avait besoin d'éléments instruits

 

Ouali Ait Ahmed qui a quitté ses études pour rejoindre le maquis à 17 ans, en 1958, après avoir été contacté par l’ALN par le biais de sa mère et la femme de son oncle paternel, qui l’avaient informé que "les Moudjahidine avaient besoin de gens instruits", était l’un de ces secrétaires de la Révolution.

"Durant les premiers 15 jours de mon arrivée au maquis, j’ai été affecté comme secrétaire particulier d’un membre du comité de région à Fort National (actuelle Larbaa n’Ath Irathen) avant d’être affecté au poste de secrétaire général (SG) au PC de secteur de Souamaa", a-t-il dit.

Il occupera ensuite plusieurs postes en qualité de SG et de promotion en promotion il sera SG -Adjoint au PC de la wilaya III historique qui était sous le commandement du colonel Mohand Oulhadj de novembre 1960 jusqu’à fin 1962.

En ma qualité de secrétaire, j’étais chargé de recueillir tous les renseignements au niveau du secteur. Nous établissions un total de 43 états et rapports par mois (moral, financier intendance, pertes militaires par secteur, entre autres) et on faisait aussi la synthèse des rapports des secteurs, a-t-il dit. "En 1962, au cessez le feu nous avons envoyé à Alger, à partir du PC de Yakouren, trois camions d’archives dont on ignore le sort" a-t-il signalé.

En 1962, il a été versé à la commission mixte du cessez-le-feu, en qualité de chargé de l’application du cessez-le-feu au niveau de l’ancien département de la grande Kabylie avec le sous-lieutenant Si Mohand Oubelkacem.

"Nous nous déplacions partout dans la grande Kabylie pour s’informer des incidents entre moudjahidine et armée française, lesquels incidents étaient traités avec la partie française à l’occasion de réunions qui se tenaient une fois par semaine pour aplanir ces situations", a-t-il souligné.

Il a ajouté "il y a 5 ans de cela, j’ai reçu un doctorant américain qui préparait sa thèse sur les commissions mixtes du cessez le feu", la Révolution algérienne continuant à susciter l’intérêt des chercheurs à travers le monde, a observé un organisateur présent lors de l’entretien.

19 mai: les étudiants grévistes ont renforcé les postes de commandement de l’ALN
  Publié le : mardi, 18 mai 2021 13:10     Catégorie : Régions     Lu : 2 foi (s)   Partagez