Les massacres du 8 mai 1945 nécessitent davantage de recherches et de collecte d’informations

Publié le : vendredi, 07 mai 2021 17:03   Lu : 2 fois

AIN TEMOUCHENT - Les massacres du 8 mai 1945 nécessitent davantage de recherches et d’exploration par les historiens et académiciens pour mettre en lumière ce chapitre historique important et décisif dans la préparation du déclenchement de la guerre de libération, a estimé le Secrétaire de wilaya de l’Organisation nationale des Moudjahidine (ONM) d’Aïn-Temouchent, le moudjahid Mokhtar Bencherrat.

Le moudjahid Bencharret a révélé, dans un entretien à l’APS, à la veille de la commémoration de ce douloureux anniversaire, les faits des ces évènements qui se sont produits dans la rue témouchentoise, à l’instar du reste des régions du pays.

"Aïn Témouchent a vécu, pour sa part, l’enfer de ces répressions sanglantes en date du 8 mai 1945", a-t-il relevé tout en se remémorant que la rue principale du centre-ville (l’actuel boulevard de la Révolution) a été envahie par de nombreux citoyens sortis en masse pour manifester leur quête de l’indépendance de l’Algérie, telle que promise par la France en contrepartie de la participation des Algériens au conflit mondial.

"Ces manifestations pacifiques ont été de courte durée et rencontré une répression sanglante de la part des forces coloniales faisant de nombreuses victimes parmi les jeunes dont le seul tort est d’avoir clamé la Liberté", a-t-il indiqué.

Le même responsable a déploré, dans ce contexte, le peu de travaux sur ces évènements à Aïn Témouchent, signalant l’existence de "quelques témoignages faisant état de nombreuses victimes innocentes dans cette manifestation".

"Le nombre de martyrs des massacres du 8 mai 1945 à Aïn Témouchent sont jusque-là ignorés", a-t-il déploré.

Mokhtar Bencherrat a estimé nécessaire d’accorder un intérêt particulier à la recherche de cette période de l'histoire de ces évènements et la multiplication des efforts scientifiques pour faire connaître les crimes de la France coloniale contre le peuple algérien, à travers tout le territoire national.

Dans ce contexte, le moudjahid Bencherrat a rappelé les différents acquis réalisés récemment dans le domaine du renforcement de la mémoire de l’histoire de la Révolution, à l’instar des mesures décidées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour la récupération des ossements et cranes de plusieurs chefs de la résistance algérienne et le dossier des archives de la Révolution, de même que l’officialisation du 8 mai, décrétée journée nationale de la mémoire.

Il a insisté également sur la nécessité de soutenir et de renforcer les recherches approfondies sur les différentes étapes de la lutte et de la résistance populaire, à l’instar des évènements du 8 mai 1945.

Le moudjahid a appelé également l’Université d’Aïn Témouchent à accorder un grand intérêt au domaine de l’histoire par l’ouverture de laboratoires de recherche spécialisés en la matière et d’y veiller également par l’organisation de conférences et de colloques sur l’histoire, pour mettre en lumière de nombreux évènements historiques au niveau local. "Ceci permettra de contribuer à faire connaître aux générations montantes les sacrifices consentis et les âpres luttes menées, pour recouvrer la souveraineté nationale", a-t-il estimé.

               

Evènements précurseurs du 1er Novembre 1954

 

Le secrétaire de wilaya de l’ONM d’Aïn Témouchent a considéré que "les massacres du 8 mai 1945 ont provoqué une prise de conscience chez les Algériens, désormais convaincus de la nécessité de la lutte armée pour arracher la souveraineté nationale".

Le moudjahid Bencherrat a mis en avant le rôle du défunt moudjahid Belhadj Bouchaïb, dit Si Ahmed, un des membres du groupe historique des 22 , déclencheur de la Révolution, pour avoir participé à la 2ème guerre mondiale, qui a, dès son retour à Aïn Témouchent, sa ville natale, rejoint l’Organisation Spéciale ( OS). Belhadj Bouchaïb fait partie du groupe ayant exécuté l’attaque de la poste d’Oran, en 1949. "Il s’agit d’une autre halte importante, dans le sillage des préparatifs de la lutte armée", a-t-il expliqué.

Le moudjahid Bencherrat se remémore également le parcours de l’enfant d’Aïn Témouchent , le chahid Kada Berrahou, prisonnier de guerre en Allemagne pour avoir participé au conflit mondial au sein de l’armée française.

"Une fois libéré, le chahid Berrahou retourna, dans sa ville natale, où il rejoint l’OS et prit part à de nombreuses opérations de distribution de tracts et de collecte d’argent pour préparer la Révolution. S’appuyant sur son expérience militaire, il a également pris en charge l’entrainement de nombreux moudjahidine dans la région", a indiqué le même interlocuteur.

Le Chahid Berrahou, aux côtés de nombreux enfants de sa ville, avait formé un premier noyau du "groupe 17" dans la montagne de Sidi Kacem, à Terga, et exécuté les premières actions armées de la lutte dans la région, avec la participation d’autres moudjahidine, à l’instar des défunts Nacer Kouini et Ouadah Benaouda.

Le moudjahid Bencherrat a également évoqué le rôle de l’enfant de la région, feu Bouhadjar Benaouda, dit Colonel Si Othmane, également membre de l’OS, qui a joué un rôle important dans le déclenchement de la Révolution de Novembre 1954 dans la région. Il a été chargé de la collecte des armes et des munitions dans la région de l'Ouest. Il a été désigné responsable de la Wilaya V historique après le décès sur le champ d’honneur du Colonel Lotfi.

Les massacres du 8 mai 1945 nécessitent davantage de recherches et de collecte d’informations
  Publié le : vendredi, 07 mai 2021 17:03     Catégorie : Régions     Lu : 2 foi (s)   Partagez