Le processus politique en Libye a reçu un "très grand coup"

Publié le : lundi, 15 avril 2019 18:13   Lu : 20 fois
Le processus politique en Libye a reçu un "très grand coup"

PARIS - Le processus politique en Libye a reçu un "très grand coup" avec l'offensive des troupes du maréchal Khalifa Haftar, a estimé Ghassan Salamé, le chef de la mission de l’Onu en Libye.

"Le processus politique a reçu un très grand coup. Surtout que j’ai dû prendre la douloureuse décision de reporter la tenue de la conférence nationale qui devait avoir lieu du 14 au 16 avril à Ghadamès", a-t-il indiqué dans une interview au Monde publiée lundi, déplorant que le travail de six mois "est aujourd’hui remis en cause".

A sujet de l'offensive de Haftar sur Tripoli, Ghassan Salamé a indiqué que ce dernier avait déjà? fait des déclarations en ce sens. "Il l’avait dit en public et en privé. C’est une idée qu’il caressait depuis longtemps. Après son avancée dans le Sud en février, il y avait eu des signes avant-coureurs", a-t-il dit, estimant que le moment choisi est "étonnant" car il est intervenu après la visite effectuée en Libye du 4 au 6 avril par le Secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, qui "venait soutenir la conférence nationale et concrétiser l’arrangement d’Abou Dhabi".

A propos d'une éventuelle reprise du dialogue politique, le chef de la mission de l'Onu en Libye a reconnu que "le moment est difficile", confiant qu'il n'allait pas "lâcher prise".


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"Tous les conflits connaissent des cycles. Nous nous trouvons dans le cycle ascendant. Mais il va y avoir un moment où les discussions pourront reprendre", a-t-il exliqué, soulignant que la solution "ne peut être que politique".

Pour lui, ceux qui défendent la solution militaire "se rendront compte qu’on ne peut pas régler le problème de cette manière".

"Il faut une solution politique qui règle en profondeur différentes questions : le rapport entre pouvoirs locaux et pouvoir central, la redistribution de la manne pétrolière et l’infusion d’une culture du consensus aujourd’hui minoritaire dans le pays", a-t-il ajouté.

Sur le plan humanitaire, il a déploré 130 tués, 600 blessés et 17.000 personnes déplacées.

"Beaucoup d’hôpitaux sont saturés. Dans certains cas, le droit humanitaire n’est malheureusement pas respecté car huit ambulances et une école ont été prises pour cible", a-t-il précisé, alors que sur le plan militaire, la ligne de front "n’a pas beaucoup évolué depuis une semaine".

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  Publié le : lundi, 15 avril 2019 18:13     Catégorie : Monde     Lu : 20 foi (s)   Partagez