L'islam en France: Macron veut amender la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l'Etat

Publié le : lundi, 05 novembre 2018 17:36   Lu : 1 fois

PARIS - Le président Emmanuel Macron, qui s'était donné comme objectif d'organiser le culte musulman en France, compte réviser la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat dans le but de mieux contrôler l'islam de l'Hexagone.

Selon le journal L'Opinion, qui s'est procuré l'avant-projet sur lequel le gouvernement d'Edouard Philippe planche, un pan entier de la loi sur la séparation de l'Eglise et de l’Etat pourrait être réformé en 2019.

"Après un an et demi de cogitation au sommet de l’Etat, la répartition des rôles se dessine. Pendant que les fidèles imaginent des schémas de financement du culte, le gouvernement veut sévir sur l’ordre public", a expliqué le quotidien considérant que l'amendement de la loi de 1905 est un acte "politiquement explosif", alors que l'entourage du président Macron, cité par L'Opinion, indique que cette loi est un "faux totem", car elle a déjà été réformée une quinzaine de fois.

Pour le journal, il s’agit "ni plus ni moins" d’adapter la loi du siècle dernier à "la poussée de l’intégrisme islamiste", sans toucher la liberté de conscience et le fondement de la neutralité de l’Etat.

Sur les ondes de France Inter, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a indiqué lundi qu'il est possible que la loi de 1905 soit de "nouveau amendée", une information qui a été confirmée par Le Monde auprès de l'Elysée qui a précisé que la réflexion est "en cours".

Un conseiller du président Macron a indiqué à l'Opinion que les objectifs de cet amendement sont de "responsabiliser les gérants des lieux de culte, de prévenir les dérives et de réduire l’influence étrangère".

Le projet de texte prévoit de créer une "qualité cultuelle" des associations qui auront des droits et des devoirs.

Dans ce contexte, le texte permettrait aux futures associations cultuelles de "posséder et administrer" des immeubles pour en tirer des revenus locatifs, affectés au culte dans le but de favoriser leur autonomie financière et de limiter l’influence étrangère sur le sol français.

Cependant, ces associations sont tenues de transparence financière et devront s’opposer à tout apport supérieur à 10000 euros, "aux fins d’assurer le respect de l’ordre public et de la sécurité publique", selon les termes de l'avant-projet.

Il s’agit, en fait, de "réduire les capacités d’influence et de mainmise d’acteurs étrangers étatiques, paraétatiques et privés".

Les représentants du culte musulman en France rejettent toute "ingérence" de l'Etat et demandent qu'il les traite de la même manière qu'il fait avait les autres cultes chrétiens ou juifs, rappelle-t-on.

En avril dernier, le président Macron avait exprimé ses intentions dans le sens où il veut que le financement étranger soit "transparent" et organisé sous le contrôle de l'Etat.

"Je ne veux plus de mosquées qui s'ouvrent avec des financements cachés, je ne veux plus de gens qui utilisent l'argent du pèlerinage pour financer n'importe quoi", avait-il expliqué.

Par ailleurs, le président du Conseil français du culte musulman, Ahmed Ogras, a indiqué en octobre dans un entretien à l'APS qu'"il faut qu'on prenne nos responsabilités, qu'on arrête de répondre à l'urgence dans la gestion, le financement et la formation". "Il faut arrêter notre propre agenda", avait-il dit.

L'islam en France: Macron veut amender la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l'Etat
  Publié le : lundi, 05 novembre 2018 17:36     Catégorie : Monde     Lu : 1 foi (s)   Partagez