Des élus belges apportent leur soutien au mouvement de contestation populaire qui secoue le Rif marocain

Publié le : mardi, 04 juillet 2017 18:57   Lu : 1 fois

BRUXELLES - Des élus socialistes belges ont apporté leur soutien au mouvement de contestation populaire qui secoue depuis plus de 7 mois la région du Rif au nord du Maroc, exhortant les autorités marocaines à libérer "les prisonniers politiques".

Dans une tribune publiée sur le quotidien belge "Le soir", la députée européenne, Marie Arena, le député de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Jamal Ikabzan, l'échevine à Evere,  Fatiha Saidi et la députée du Parlement bruxellois, Simone Susskind, ont jugé "normal" que des citoyens affichent la volonté de se soigner, de travailler, de s’éduquer et de s’exprimer librement.

Dans cette tribune intitulée "Al Hoceïma: mais finalement que demandent-ils", les élus belges ont assuré que les manifestants à Al Hoceïma "demandent des droits auxquels chaque citoyen peut prétendre", à savoir les droits civiques, la lutte contre l’impunité et la corruption, la libération de tous les prisonniers politiques, ainsi que la fin de la  torture et des violences policières.

Leurs revendications, ont-ils poursuivi, portent sur une meilleure prise en considération des besoins des provinces "isolées" telle celle d’Al Hoceima dans les politiques sociales, d’éducation, culturelles, médicales et économiques.

Selon ces élus belges, la mort en octobre 2016 de Mohcin Fikri, un jeune vendeur de poisson broyé dans une benne à ordure a "mis le feu" dans la province d’Al-Hoceïma.

"Sa mort réveillait les injustices sociales et politiques vécues dans cette région depuis plus de 60 ans", ont-ils soutenu.

En effet, depuis plus de 7 mois, la contestation s’organise pacifiquement autour du mouvement baptisé "Hirak" et de son leader Nasser Zefzafi arrêté fin mai.

"S’en sont suivies des centaines d’arrestation, des jugements assortis de peines lourdes et une concentration policière et militaire sans précédent dans la région constituant souvent une entrave à la liberté d’expression et de rassemblement", ont-ils ajouté.

La crise d’Al Hoceima demande davantage d’efforts, ont-ils encore estimé, soulignant la nécessité de mettre cette question à l’ordre du jour de tous les débats régissant les accords liant la Belgique et le Maroc afin d’"utiliser tous les leviers qui permettent de rencontrer les objectifs du développement décentralisé".

Ils ont rappelé, à ce titre, que tous ces accords sont  "basés sur le développement économique et social de la région dans un climat de paix, de sécurité et de stabilité dans le respect des principes fondamentaux des droits humains".

Appelant les autorités marocaines à libérer les prisonniers politiques, les élus belges ont estimé que ce "geste symbolique" sera une première étape qui devrait permettre de s’asseoir autour de la table, de renouer le dialogue et de s’attaquer en profondeur aux problèmes qui minent cette région.

"Il en va de la stabilité d’une région, d’un pays mais aussi et surtout du respect des droits de tout citoyen qui a besoin d’espoir pour vivre", ont-ils conclu.

Des élus belges apportent leur soutien au mouvement de contestation populaire qui secoue le Rif marocain
  Publié le : mardi, 04 juillet 2017 18:57     Catégorie : Monde     Lu : 1 foi (s)   Partagez