Coup d'Etat au Burkina Faso: large condamnation internationale

Publié le : mardi, 25 janvier 2022 18:32   Lu : 63 fois
Coup d'Etat au Burkina Faso: large condamnation internationale

ALGER- La communauté internationale a condamné d'une seule voix le coup d'Etat militaire mené lundi au Burkina Faso, appelant au dialogue pour régler la crise et à la "libération immédiate" du président Roch Marc Christian Kaboré et de "toutes les autorités détenues".

La Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao) a "fermement" condamné mardi "le coup d'Etat militaire" au Burkina Faso et "la démission" du président Roch Marc Christian Kaboré "obtenue sous la menace".

"La situation au Burkina Faso est caractérisée par un coup d'Etat militaire" commis lundi "suite à la démission" de M. Kaboré "obtenue sous la menace, l'intimidation et la pression des militaires après deux jours de mutinerie", indique un communiqué de la Cédéao qui annonce la tenue prochaine d'un "sommet extraordinaire" sur la situation dans ce pays.

Pour sa part, la présidence du G5 Sahel s'est déclarée "très préoccupée" par le déroulement des événements politiques et militaires au Burkina Faso, lesquels "sont de nature à mettre en péril les acquis démocratiques dans ce pays membre de l'organisation". 

L'organisation rassemblant la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad "exige le respect de l'intégrité physique du président (Roch Marc Christian Kaboré) et de toutes les autorités détenues". Elle "appelle l'ensemble des parties à privilégier le dialogue pour résoudre toutes les contradictions dans le calme et la sérénité". 


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De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a affirmé mardi à propos du Burkina Faso que "les coups d'Etat militaires étaient inacceptables", en réclamant aux militaires en Afrique de l'Ouest de "défendre leur pays, pas d'attaquer leurs gouvernements".

"J'appelle les armées de ces pays à assumer leur rôle professionnel d'armées de protéger leur pays et rétablir les institutions démocratiques", a-t-il ajouté lors d'un échange avec des journalistes avant une réunion du Conseil de sécurité sur la protection des civils dans les conflits armés.

 

Appels à la libération de tous les responsables détenus

 

Dans le même contexte, le Haut-commissariat aux droits de l'homme de l'ONU a réclamé la "libération immédiate" du président Kaboré, ainsi que d'autres hauts responsables qui ont été arrêtés", par des soldats mutins.

Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat a lui aussi, appelé lundi à "privilégier le dialogue politique comme voix de solution des problèmes du Burkina Faso".

Quant à l'Union européenne (UE), elle "reste attentive à l'évolution de la situation, en appelant tous les acteurs au calme et à la retenue. Elle appelle également à ce que la liberté du président Kaboré et des membres des institutions de l'Etat soit immédiatement rétablie", selon un communiqué du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Un appel similaire a été lancé par les Etats-Unis pour  la "libération immédiate" du président Roch Marc Kaboré et d'autres responsables gouvernementaux, et pour "respecter la Constitution". "Nous exhortons toutes les parties, dans cette situation mouvante, à maintenir le calme et à rechercher le dialogue pour résoudre leurs griefs", a dit un porte-parole de la diplomatie américaine.

La France a elle aussi condamné par la voix de son président Emmanuel Macron "le coup d'Etat militaire" au Burkina Faso, et souligné que le président Kaboré "avait été élu démocratiquement par son peuple à deux reprises".

"Très clairement, comme toujours, nous sommes au côté de l'organisation régionale qu'est la Cédéao pour condamner ce coup d'Etat militaire", a déclaré le président Macron.

Après une journée de confusion totale au Burkina Faso, des militaires ont annoncé lundi soir à la télévision nationale burkinabè (RTB) avoir pris le pouvoir, ainsi que la suspension des principales institutions du pays, la fermeture des frontières et la mise en place d’un couvre-feu.

"Le Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) a décidé d’assumer ses responsabilités devant l’histoire, la communauté nationale et internationale. Le mouvement qui regroupe toutes les forces de défense et de sécurité a ainsi décidé de mettre fin au pouvoir du président Roch Marc Christian Kaboré, ce 24 janvier 2022", indique un communiqué lu à la télévision et signé du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président du MPSR qui assure désormais le pouvoir.

Sur le compte Twitter de Roch Marc Christian Kaboré, la télévision publique RTB a publié une lettre manuscrite signée de sa main dans laquelle il indique "déposer sa démission", "dans l'intérêt supérieur de la nation, suite aux évènements qui s'y déroulent" depuis dimanche.

Coup d'Etat au Burkina Faso: large condamnation internationale
  Publié le : mardi, 25 janvier 2022 18:32     Catégorie : Monde     Lu : 63 foi (s)   Partagez