Tensions au Sénégal et appel à de nouvelles manifestations lundi

Publié le : dimanche, 07 mars 2021 16:17   Lu : 54 fois
Tensions au Sénégal et appel à de nouvelles manifestations lundi

ALGER - Les tensions s'accentuaient dimanche au Sénégal au lendemain de l'appel d'un collectif, formé après l'arrestation d'un membre de l'opposition, à de nouvelles manifestations à partir de lundi, alors que la communauté internationale a exprimé sa préoccupation, redoutant une éventuelle escalade.

Le collectif "Mouvement de défense de la démocratie" (M2D), comprenant le parti de l'opposant arrêté, des partis d'opposition et des organisations contestataires de la société civile a appelé "à descendre massivement dans les rues" à partir de lundi, rapportent les médias.

Le même jour, Ousmane Sonko, dont l'arrestation a accentué les tensions mercredi, a été présenté vendredi devant un juge d'instruction. Mais il a gardé le silence et la comparution a été reportée à lundi.

Le collectif réclame "la libération immédiate de tous les prisonniers politiques illégalement et arbitrairement détenus", le rétablissement du signal suspendu de deux chaînes de télévision accusées d'avoir diffusé "en boucle" des images des troubles, et une enquête sur ce qu'il appelle un "complot" du pouvoir.

Après avoir connu pendant trois jours ses pires troubles depuis des années, le pays et sa capitale Dakar ont connu une relative accalmie samedi. Des actes de saccage et de pillage ont cependant continué à être rapportés.


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Le Sénégal est le théâtre depuis mercredi d'affrontements entre jeunes et forces de sécurité, de pillages et de saccages.

L'arrestation de M. Sonko, troisième de la présidentielle de 2019 et pressenti comme un des principaux concurrents de celle de 2024, a provoqué la colère de ses partisans, mais aussi, disent de nombreux Sénégalais, porté à son comble l'exaspération accumulée par la dégradation, au moins depuis le début de la pandémie de Covid-19 en 2020, des conditions de vie dans le pays.

Quatre personnes ont été tuées, selon les autorités, des chiffres difficilement vérifiables par d'autres sources alors que prolifèrent des informations non-vérifiées.

M. Sonko a été arrêté pour "trouble à l'ordre public", alors qu'il se rendait en cortège au tribunal où il était convoqué pour répondre à des accusations de viol portées contre lui. Ce député accuse le président de vouloir l'écarter de la prochaine présidentielle.

Le président, élu sur la promesse de mettre son pays sur la voie de l'émergence, a démenti fin février avoir quoi que ce soit à voir avec les ennuis judiciaires de M. Sonko.

Samedi, le ministre de l'Intérieur sénégalais, Antoine Félix Abdoulaye Diome, a appelé au calme et évoqué "la perspective" d'un allègement du couvre-feu instauré contre la pandémie de Covid-19 et qui pèse sur l'activité d'un grand nombre de personnes. Il a aussi indiqué que l'Etat emploierait "tous les moyens nécessaires" pour rétablir l'ordre.

"Toutes les personnes auteures d'actes criminels seront recherchées, arrêtées, poursuivies et traduites devant la justice", a-t-il ajouté.

 

La communauté internationale condamne les troubles

 

Les actes de violence et de pillage survenues dans plusieurs villes du Sénégal faisant des morts et des blessés, ont poussé le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, à exprimer samedi sa "préoccupation face aux événements au Sénégal ayant entraîné la perte de vies humaines et des dégâts matériels".

Le président de la Commission africaine a "condamné les actes de violence et de pillage et toute velléité séditieuse". Il réaffirme son "attachement à la solution de toutes les crises et tensions africaines par la voie pacifique, le dialogue et dans le strict respect de l’ordre, la paix civile et la primauté du droit".

De son côté, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a indiqué le jour même suivre "avec attention l'évolution de la situation au Sénégal" et "condamne les violences survenues dans plusieurs villes du pays qui ont entraîné des morts, des blessés et des destructions de biens".

L'organisation, qui regroupe quinze pays d'Afrique de l'Ouest, appelle "toutes les parties à la retenue et au calme" et "invite les autorités à prendre les mesures nécessaires pour apaiser les tensions et garantir les libertés de manifester pacifiquement, conformément aux lois en vigueur".

Vendredi soir, le Représentant spécial du Secrétaire général et chef du bureau des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, Mohamed Ibn Chambas, a déploré "les actes de violences qui ont eu lieu au cours des deux derniers jours dans plusieurs localités au Sénégal, et qui ont occasionné la mort d'une personne et de nombreux blessés".

Il a exhorté "les autorités à prendre les mesures nécessaires pour apaiser la situation, et assurer le droit constitutionnel de manifester pacifiquement", appelant "les forces de l'ordre à veiller à la sécurité des manifestants et des biens avec professionnalisme et dans le respect des lois".

Tensions au Sénégal et appel à de nouvelles manifestations lundi
  Publié le : dimanche, 07 mars 2021 16:17     Catégorie : Monde     Lu : 54 foi (s)   Partagez