Mali: la Transition offre une nouvelle opportunité pour l'application de l'accord d'Alger

Publié le : samedi, 19 décembre 2020 19:19   Lu : 60 fois
Mali: la Transition offre une nouvelle opportunité pour l'application de l'accord d'Alger

BAMAKO - La transition au Mali offre une "nouvelle opportunité" pour la mise en œuvre de l'accord de paix et de réconciliation, issu du processus d'Alger, qui a connu des "progrès limités" en 2020 en raison de la crise sociopolitique qui a secoué ce pays sahélien, estime le Centre Carter, dans un nouveau rapport.

"Si 2020 a été une année particulièrement difficile, la Transition introduit de nouvelles opportunités. La Charte de Transition reconnaît la place centrale de l’Accord, et le Gouvernement de Transition s’est engagé à renouveler la dynamique de mise en œuvre afin de soutenir la paix au Mali et dans la sous-région", souligne le centre Carter qui tient le rôle d’observateur Indépendant de l'application de l'accord d'Alger.

Ce rapport rend compte des principales causes des progrès limités enregistrés en 2020 dont notamment le manque d’engagement des parties, la crise socio-politique, ayant conduit au changement anticonstitutionnel et la pandémie de Covid-19.

L’Observateur Indépendant présente son appréciation générale de la mise en œuvre, après trois ans d’observation. Il formule six grandes observations et leçons, et propose six recommandations pour soutenir un nouvel élan.

Le centre Carter met l’accent sur des actions structurantes et de court terme qui contribueraient à recentrer les efforts des parties, renouveler la méthode de travail, et surmonter les obstacles, afin de réaliser des progrès concrets pour la paix et la sécurité au Mali.

Ledit rapport présente aussi des observations spécifiques sur la période d’avril à novembre 2020, ainsi qu’un bilan détaillé de l’état d’exécution des engagements contenus dans l’Accord d'Alger de 2015.

Le rapport souligne, en outre, les retards considérables pris dans la mise en œuvre des dispositions essentielles de l’Accord. Il montre que les deux piliers politico-institutionnel et sécuritaire sont interdépendants et "devront avancer ensemble ou aucun ne réussira".

Par ailleurs, il insiste sur l’absence d’avancées significatives sur les questions de démobilisation des ex-combattants, d’intégration d’une partie d’entre eux dans les forces nationales, y compris au niveau de commandement, et de réforme de la sécurité. De la même manière, des dispositions centrales restent à mettre en œuvre pour une décentralisation approfondie et une représentation des populations, y compris du Nord, dans les institutions nationales.


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Pour réaliser des progrès significatifs, l’Observateur suggère l’instauration d’un organe, ou cadre, de travail inter-malien cohérent et efficient. "Celui-ci devrait jouir de l’autorité nécessaire et être capable de coordonner l’exécution de décisions concertées sur tous les aspects de l’Accord", souligne la même source.

D'autre part, le rapport appelle le Président, le Vice-Président, le Premier ministre, et les Mouvements signataires, désormais représentés au sein du gouvernement, à "exprimer publiquement leur soutien à l’Accord afin d’expliquer aux Maliens ses bénéfices pour la paix et la sécurité nationale, et ce, dans tout le pays".

Un appel est également adressé à la communauté internationale qui s’est "réellement mobilisée" dans la période qui a suivi le changement anticonstitutionnel pour défendre la pertinence et la centralité de l’Accord pour la paix et la stabilisation du Mali. "Pour une transition réussie, son accompagnement constant sera indispensable pour aider les Parties à surmonter les obstacles persistants et assurer le suivi des engagements pris dans l’Accord", ajoute le rapport.

Dans l’immédiat, le rapport insiste sur des actions urgentes à mettre en œuvre pendant la Transition. "Le Gouvernement devrait finaliser le redécoupage administratif indispensable à l’établissement des listes électorales, étape cruciale pour garantir que tous les Maliens, y compris ceux des régions de Taoudéni et Ménaka, se sentent représentés lors des prochaines élections".

En parallèle, il s’agit de soutenir pleinement les premières unités de l’armée reconstituée, qui, au départ, ont manqué d’équipement et d’attention, afin d’en faire un outil de confiance, ainsi qu’un modèle pour la suite de la réforme du secteur de la sécurité.

"Porter l’effort sur ces unités reconstituées permettra également de contribuer à la sécurité, de garantir le retour des services sociaux de base, de renforcer le soutien à l’Accord, et de reconstruire la confiance des populations dans un Mali en paix", conclut le rapport.

Le Carter fut désigné comme observateur indépendant fin 2017. Son rôle consiste à identifier les blocages dans le processus de mise en œuvre, identifier les responsabilités, et présenter ses recommandations pour les surmonter.

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