El-Guerguerat: un syndicat argentin condamne "la violation délibérée" du cessez-le-feu par le Maroc

Publié le : mercredi, 18 novembre 2020 18:42   Lu : 7 fois

BUENOS AIRES - La Centrale des Travailleurs Argentins (CTA-Autonome) s'est dite préoccupée suite à l’agression militaire marocaine à El-Guerguerat ayant torpillé l’accord du cessez-le-feu signé avec le Front Polisario, appelant à l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental.

Dans une lettre adressée à l'Ambassadeur du Maroc en République d'Argentine, la CTA-Autonome, l'un des syndicats argentins les plus importants a faire part de sa "préoccupation et de son rejet de la violation délibérée du cessez-le-feu signé sous les auspices des Nations Unies par le Royaume du Maroc, lequel l'a transgressé en envoyant des forces militaires par trois routes (brèches opérées par les forces d'occupation dans le Mur) à l'Est de la brèche illégale d'El-Guerguerat, pour réprimer les civils sahraouis qui manifestaient pacifiquement depuis le 21 octobre".

"Il s'agit d'un acte très grave qui constitue une violation flagrante de l'accord signé parle Maroc et le Front Polisario à l'ONU", a ajouté le Syndicat dans sa lettre, rappelant que "pendant la décolonisation de l'Afrique de l'Ouest, le Sahara Occidental était libre et se déclarait comme nation indépendante, malgré les tentatives du Maroc de revendiquer ce territoire".

"Il y a quelques semaines à peine, alors que le peuple du Sahara Occidental protestait pacifiquement dans la région d'EI-Guerguerat contre l'utilisation illégale du territoire, le Royaume du Maroc a décidé de ne pas reconnaitre le droit de ce peuple à protester et a de nouveau appelé aux armes, en mettant en œuvre ses menaces et en s’en prenant aux manifestants et aux protestations légitimes", a dénoncé le Syndicat, demandant "au Maroc de cesser sa violation du cessez-le-feu afin de rétablir le calme et la confiance entre toutes les parties, en vue de parvenir à de réels progrès et, partant, aboutir au référendum d'autodétermination".

En 1966, souligne la CTA-Autonome, la résolution de l'Assemblée Générale des Nations Unies a consacré le fait relatif à l'organisation d'un référendum sur l'autodétermination, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent, relevant, qu'un avis de la Cour Internationale de Justice de 1975 a également affirmé que le Maroc n'avait pas de souveraineté sur le territoire et qu'un référendum d'autodétermination devrait être organisé.

"Le Maroc a maintenu sa revendication illégitime et a procédé à l'annexion par la force du Sahara Occidental après le retrait de l'Espagne", a dénoncé le Secrétaire Général du CTA Autonome, Ricardo Peidro.

Il a également rappelé qu'après plus d'une décennie de violence de la part du Maroc, les Nations Unies sont finalement intervenues en 1991 et les deux parties se sont mises d'accord sur un cessez-le-feu et une voie à suivre (pour la résolution du conflit). "Appelé Plan de règlement il (ce compromis) a consolidé l'accord du Maroc et du Sahara Occidental pour la tenue d’un référendum, et la Mission des Nations Unies pour l'Organisation d'un Référendum au Sahara Occidental (MINURSO) a été mise en place", a-t-il insisté.

"Le référendum prévu en 1992 n'a jamais eu lieu et le processus s'est enlisé, bien que le cessez-le-feu ait été maintenu", a déploré le Syndicat.

Et d'ajouter: "Aujourd'hui, il est évident que le Maroc n'a tout simplement pas respecté ses engagements aux termes de l'accord. Des dizaines et des dizaines de milliers de Sahraouis vivent dans des camps de réfugiés, principalement à Tindouf, en Algérie. Ils ont été contraints de quitter leurs maisons, en attendant une solution".

Le Syndicat argentin a affirmé qu'"au-delà du déni du droit au peuple sahraoui à la liberté et à l'autodétermination, le gouvernement marocain utilise la terre et exploite ses ressources naturelles illégalement, en vendant des minéraux précieux et vitaux, en particulier le phosphate. Les Marocains continuent de pêcher illégalement dans les eaux du Sahara Occidental". 

"Nous lançons un appel à la paix, à la cessation immédiate de la violence et au respect des engagements pris au niveau international. Nous réitérons également l'exigence de la tenue d'un référendum, une dette historique qui doit être satisfaite conformément aux engagements pris devant les Nations Unies", a conclu le Syndicat.

El-Guerguerat: un syndicat argentin condamne "la violation délibérée" du cessez-le-feu par le Maroc
  Publié le : mercredi, 18 novembre 2020 18:42     Catégorie : Monde     Lu : 7 foi (s)   Partagez