Le rock chaoui revient dans un nouvel album du groupe "Ithrane"

Publié le : vendredi, 19 mai 2017 15:00   Lu : 12 fois
Le rock chaoui revient dans un nouvel album du groupe "Ithrane"
APS PHOTOS © 2017

ALGER- Une immersion dans un univers musical fait de  rock et de pop,  revisitant de manière singulière les musiques traditionnelles de la région  des Aurès est  proposée par le groupe "Ithrane" (étoiles) dans son dernier album sorti  récemment sous  le titre "El Mahfel" (la fête).

"El Mahfel", troisième album du groupe, présente une fusion  harmonieuse  entre le chant chaoui ses rythmes et sa tonalité de voix typique et une  instrumentation pop-rock ponctué d'arrangement jazz et de bendir.

En neuf pistes, entièrement chantées en Tamazight dans sa variante  chaouie, l'album passe de ses propres compositions, au répertoire, revu, de Aissa El Djarmouni en  passant par des berceuses et des  chants traditionnels de la région.

Mené par le guitariste Mohsen Ferrah, le groupe restitue l'ambiance des  grandes fêtes populaires de manière contemporaine dans des morceaux comme "El Mahfel" ou "Acha Bouya"  (Que s'est-il passé mon  père?), des compositions, sur rythmes chaoui, revêtant une mélodie pop  rock enrichie de distorsions et  d'arrangements jazzy et portées par la voix typique du chanteur Laib Rabah.

Le band explore réellement le chant des rahaba dans son expression la plus authentique dans "Adhrer  Loures" (Les montagnes des Aurès) où les musiciens ont réussi à trouver un  point de fusion entre le bendir  et un habillage contemporaine au saxophone et à la guitare sans toucher à  la tradition.

Dans "El Mahfel", les musiciens proposent une ballade, chantant un amour  impossible, avec des influences  pop intitulée "Idhalli" (hier), ou encore du rock énergique des années  1980 dans le titre "Dorth Fellam" (la roue  tourne) où le guitariste Mohsen Ferrah fait preuve d'une grande dextérité et d'une remarquable fluidité dans le jeu.

Une touche jazz très prononcée, par des phrasés de saxophone, caractérise  le morceau "El Fouchi" (le fusil)  qui garde le rythme chaoui et le son du bendir pour chanter la fierté des  chaouis, la gloire des Aguelid de la Numidie et la soif de liberté des  ancêtres Massinissa, Jugurtha ou encore la Kahina. Cette importante  empreinte jazzy se retrouve également dans "Ouchen" (Le loup), un jazz de  composition pour basse et batterie.

En plus des trois frères Ferrah (Mohcen, Yazid et Rabah) et du chanteur du  groupe, le batteur Hassen Khoualef et le saxophoniste Mehdi Djama ont  également participé à l'enregistrement de cet opus qui s'inscrit dans la  vague des groupes et musiciens pop-rock d'expression amazigh des années 1980 et 1990 comme que "Les Abranis", Djamel Sabri, "Ichenwiyen" et autre  Ali Amrane.

Si le contenu musical reste captivant et la fusion conçue intéressante, la  jaquette de l'album manque cependant de créativité, se limitant à une  simple photo du groupe. 

Fondé en 1992 le groupe "Ithrane", qui ambitionne de donner un habillage  contemporain à une musique traditionnelle par un grand enrichissement  instrumental, a déjà édité "Imazighen" en 1993 et "New Tindi" en 2011, en  hommage au monument de la musique targuie Othmane Bali disparu en 2005.

Le rock chaoui revient dans un nouvel album du groupe "Ithrane"
  Publié le : vendredi, 19 mai 2017 15:00     Catégorie : Culture     Lu : 12 foi (s)   Partagez