Une exposition de photographies de l'Espagnol Nicolas Muller inaugurée à Alger

Publié le : vendredi, 31 mars 2017 12:16   Lu : 299 fois

ALGER - Une exposition de photographies d'art consacrée à une des collections les plus visitées de Nicolas Muller (1913-2000) et un concert de musique du Libanais Ramy Maalouf ont animé jeudi l'espace du  Palais Mustapha-Pacha, siège du Musée public national de l'Enluminure, de la Miniature et de la Calligraphie à Alger, devant un public recueilli.

Visible jusqu'au 28 avril prochain, l'exposition intitulée "Photographies de Nicolas Muller", avec en sous-titre "Cordoue - Séville - Grenade", réunit douze photographies architectoniques en noir et blanc, où l'artiste restitue les formes géométriques d'une partie imposante du patrimoine ibérique.

Mettant en exergue la décoration dans ses moindres détails, les prises de vues de Nicolas Muller, un des plus importants photographes du XXe siècle, respirent l'âme d'un passé prospère, exprimant chez lui, le souci d'immortaliser les formes esthétiques de différents lieux emblématiques, dans un support de "photographies-documentaire".

Formes ovoïdes de mosquées, croisées d'ogives de cathédrales, pilastres et arcades de plein cintre d'intérieures de châteaux, mosaïques de "Mihrab"(espace réservé à l'imam dans une mosquée) les photographies de Nicolas Muller invitent les regards à saisir le style pointu de l'architecture hispano-mauresque.

Ainsi, les visiteurs peuvent découvrir, "L'Alhambra vue de Darro", "El Generalife" et "Patio des Lions" de Grenade, "Patio des demoiselles", et "Château" (deux photographies) de Séville ou encore "Salon Rita, Medinet-Zahra", "Chapelle de Villaviciosa", "Mosaïques de Mihrab, Mosquée,  Cathédrale",  de Cordoue.

Espagnol d'origine hongroise, Nicolas Muller, photographe testimonial, a très vite compris la nécessité d'unir l'architecture patrimoniale dans le génie de sa géométrie, à la puissance de l'image. Humaniste et engagé, il a  également voué toute son œuvre à la mise en valeur de la réalité à travers la "Photographie sociale", à l'instar de ses premiers clichés, devenus célèbres, sur "Les conditions de travail des hongrois".

Soucieux de montrer le passé en le projetant dans le futur, Nicolas Muller s'est forgé un regard résolu à répercuter à travers son objectif les souffrances des gens au quotidien, après le périple qui l'a mené entre 1933 et 1947 en France, au Portugal, en Afrique du Nord, puis en Espagne.

Nicolas Muller a laissé une archive photographique de plus de 14,000 négatifs sur divers ensembles sociaux et patrimoniaux, ceux de l'Espagne notamment.

Ce beau voyage par la photographie dans les méandres de l'histoire et du patrimoine a été agrémenté de musique dans un mélange inédit des genres où le trio musical de Ramy Maalouf a pris le relai, mettant en congé la profondeur du regard pour titiller l'oreille avec une suite de pièces toutes aussi agréables à apprécier.

Le son de la flûte traversière du soliste, soumis au quart de ton et en harmonie avec la solennité du lieu, a apaisé l'assistance à travers une dizaine de pièces, entre reprises et compositions, pour le grand plaisir des visiteurs de cette journée inaugurale de l'exposition.

Les pièces, "Bones for Science", "I love you" de Omar Farouk, "Lamma Bada" de Abderrahim El Masloub (compositeur du XIXe siècle), "Kuhul" (alcool et philosophie), "Souk Wahran" (composition) et "Longa Riad" (1931) du grand compositeur égyptien Riad Sonbati (1906-1981), ont embarqué le public dans une randonnée onirique d'un tout autre genre.

Présentant une partie de son projet musical qu'il a intitulé, "Ruta Purpura" (route pourpre), en référence à une ancienne route de marchands phéniciens, Ramy Maalouf, le virtuose Mehdi Medeghri au clavier et Hassane Khoualef à la batterie, ont brillé de maîtrise et de technique, donnant à leur contenu une assise harmonique moderne qui a servi une forme mélodique authentique, aux tonalités modales purement orientales.

En présence de l'ambassadeur d'Espagne en Algérie, Alesandro Polanco et durant une heure et demie de temps, le public a apprécié ce beau cocktail culturel dans l'allégresse et la volupté, revisitant le prestigieux Palais Mustapha-Pacha, chef d'œuvre de l'architecture musulmane construit pendant la période ottomane sous une forme carrée qui s'étend sur une superficie de 709 m2.

L'exposition de photographies de Nicolas Muller et le concert de musique de Ramy Maalouf sont organisés par l'Institut Cervantès d'Alger en collaboration avec le ministère de la Culture.

Une exposition de photographies de l'Espagnol Nicolas Muller inaugurée à Alger
  Publié le : vendredi, 31 mars 2017 12:16     Catégorie : Culture     Lu : 299 foi (s)   Partagez