Oran: le moudjahid Hayel Ahmed se remémore l’action fidaï contre l’OAS  (TEMOIGNAGE)

Publié le : mercredi, 31 octobre 2018 17:30   Lu : 22 fois

ORAN- C’est avec fierté que le moudjahid Hayel Ahmed dit Chaabane relate sa résistance, aux côtés de ses frères fidayine, pour faire face aux éléments de la sinistre organisation terroriste de l’OAS.

Il se souvient des opérations de fidaï menées contre les éléments de cette organisation terroriste qui a commis les pires massacres durant les années 1961-1962, dans les zones de la ville d’Oran.

Ces faits sont restés ancrés dans sa mémoire. Il suffit d’évoquer la guerre de libération nationale, le 1er novembre 1954, les attentats de l’OAS pour que tous les souvenirs remontent en surface et que commence un voyage dans le passé.

Hayel Ahmed n’avait que 18 ans lorsqu’il a répondu à l’appel de la patrie pour rejoindre en 1958 les rangs de la Révolution. De collecteur de fonds au profit du FLN/ALN aux quartiers populaires de "Petit Lac" et "Médina Djedida", il deviendra fidaï traquant les éléments de la sinistre OAS avec  d’autres frères de combat Abdelkader, Brahim et Hamadouche.

Les membres de l’OAS étaient des cibles à abattre vu le climat de terreur instauré dans les milieux algériens. L’organisation terroriste, telle une bête blessée, redoublait de férocité et de rage durant les derniers mois précédant la proclamation du cessez-le-feu.

Hayel Ahmed avait exécuté trois opérations contre ces criminels. "Avec mes frères d’armes, on se donnait rendez-vous au café Djurdjura, à la Place d’armes, face à l’hôtel de ville, où dans notre maison à Sidi El Houari.

On préparait minutieusement chaque opération", raconte-t-il dans un entretien à l’APS.

Ce moudjahid, âgé aujourd’hui de 80 ans, harassé par le poids des années et des séquelles de ses blessures, se souvient de la première opération qui a visé un membre de l’OAS, au niveau de la rue Saïda, dans le quartier de Sidi el Houari. La seconde action a été menée contre un autre élément, rue de Tlemcen. "J’étais en contact avec des jeunes de ces quartiers qui m’informaient sur tout ce qui se rapportait à la Révolution et me renseignaient sur les faits et gestes de certains membres de l’OAS",  explique-t-il.

Sa troisième opération, menée le 18 janvier 1962, a failli lui coûter la vie. "Après avoir exécuté, un facteur, membre actif de l’OAS, j’ai été poursuivi par la police française qui a ouvert le feu sur moi. Blessé, j’ai perdu connaissance pour me réveiller à l’hôpital d’Oran, près de Médina Djedida", raconte-t-il.

                                                 

Crimes inhumains de l’OAS 

 

"Atteint à la gorge, au ventre et au dos, j’ai subi trois interventions chirurgicales pour extraire les balles", ajoute-t-il précisant que la presse coloniale avait annoncé sa mort. La nouvelle s’est très vite répandue dans les quartiers de la ville. Des centaines de personnes ont afflué au domicile familial pour présenter leurs condoléances à ses parents, tous deux atteints de cécité.

A l’hôpital où il séjournait, les milices de l’OAS avaient tenté de l’assassiner mais en vain. Il n’a pu échapper à ces menaces qu’après son évacuation au centre de détention du quartier Eckmuhl, à l’ouest d’Oran où il est resté jusqu’à la proclamation du cessez-le feu, le 19 mars 1962, avant qu’il ne soit libéré.

Le moudjahid Hayel Ahmed se remémore les crimes perpétrés par l’OAS contre la population civile oranaise. Le plus meurtrier est l’explosion d’une voiture piégée à la place Tahtaha, en c£ur de Medina J’dida, un certain 28 février 1962, coïncidant avec le 23ème jour du mois de Ramadhan. 70 martyrs sont tombés au champ d’honneur ce jour là. 100 personnes ont été blessées parmi celles qui faisaient leurs emplettes au marché.

L’OAS a également incendié la prison civile, située non loin de ce quartier populaire, faisant plusieurs victimes. Ses milices avaient également attaqué plusieurs pavillons de l’hôpital visant principalement la population autochtone.

Titulaire d’un certificat de fin d’études, Hayel Ahmed a poursuivi son parcours militant durant la période de l’indépendance en intégrant le corps de la police, puis celui de la protection civile, avant d’être recruté à Sonatrach à Arzew. Actuellement, il s’attelle à rédiger ses mémoires et sa participation à la révolution armée. "C’est pour que mes enfants et mes petits-enfants sachent ce que nous avons enduré durant la nuit coloniale", explique-t-il.

"Les générations actuelles doivent poursuivre la bataille de la construction du pays pour lequel se sont sacrifiés nos valeureux martyrs.

Elles doivent faire preuve de vigilance notamment en cette période durant pour laquelle l’Algérie fait face à de nombreux défis", estime-t-il.

Oran: le moudjahid Hayel Ahmed se remémore l’action fidaï contre l’OAS  (TEMOIGNAGE)
  Publié le : mercredi, 31 octobre 2018 17:30     Catégorie : Algérie     Lu : 22 foi (s)   Partagez