Aissat Idir : un leader en toutes circonstances

Publié le : jeudi, 24 février 2022 09:00   Lu : 49 fois
Aissat Idir : un leader en toutes circonstances

TIZI-OUZOU - Le fondateur de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Aissat Idir, était un leader en toutes circonstances, témoigne le moudjahid Amar Hadj Saïd, dont le destin a croisé celui du leader syndical dans la prison coloniale de Bethioua, dans l’Oranie.

Rencontré à Tizi-Ouzou à la veille de la célébration du 66ème anniversaire de la centrale syndicale, l’ancien moudjahid se rappelle du "charisme et de l’intelligence" du fondateur de l’UGTA et de son "engagement permanent à prendre la défense des détenus au détriment de sa propre personne".

Dès son arrivée à la prison de Bethioua qui comptait alors quelques 1.500 prisonniers, en compagnie d’autres syndicalistes dont le Docteur Boukadoum et Madjid Ali Yahia, Aissat Idir s’est employé à aider les prisonniers dans leurs petites contraintes quotidiennes face à l’administration et aussi à les organiser.

"Il s’est vite imposé comme interface entre les prisonniers et l’administration pénitencier en rédigeant leur courrier notamment et prenant leur défense à chaque fois que l’un d’eux subissait une injustice, ce qui remontait le moral aux détenus et animait leurs convictions", témoigne Hadj Saïd.

Très vite, l’administration pénitentiaire, agacée par l’activisme et l’autorité grandissante d’Aissat Idir et ses compagnons sur les prisonniers, a procédé à la construction d’un mur de séparation entre eux.

 

===Une Cour spéciale pour isoler Aissat Idir du reste des prisonniers ===

 

"Ils ont aménagé une cour spéciale pour Aissat Idir et ses compagnons pour les séparer du reste des prisonniers, mais trois jours après, trouvant toujours les outils de la construction sur place, ils ont détruit le mur de nuit et regagné la cour des prisonniers", raconte-t-il.

Il se souvient aussi du rôle joué par Aissat Idir et ses compagnons lors de la grève de la faim organisée par les détenus en soutien à la grève des 8 jours déclenchée par le comité de coordination et d'exécution (CEE) du Front de libération nationale (FLN) entre le 28 janvier et le 7 février 1957 pour démontrer l'appui du peuple à la révolution de libération, et des tortures subies, lui et ses camarades.

"Lors de la grève, Aissat Idir a mobilisé les détenus et les a convaincu de l’importance de soutenir cette grève en engageant une grève de la faim à la prison. Mot d’ordre auquel l’ensemble des prisonniers ont adhéré", se rappelle-t-il.

Aissat Idir et ses camarades furent alors isolés et torturés au chalumeau.

"Je me souviens de son retour en cellule, affaibli, tout noir et saignant de toutes parts des sévices subis", se remémore l’ancien détenu.

Quelques temps après, et face à son entêtement à défendre la cause des détenus, il a été emmené à une destination inconnue. Certains disaient qu’il était transféré à Berouaghia, dans la wilaya de Médéa et d’autres à Aflou dans la wilaya de Laghouat.

 

Aissat Idir : un leader en toutes circonstances
  Publié le : jeudi, 24 février 2022 09:00     Catégorie : Algérie     Lu : 49 foi (s)   Partagez