Les massacres du 17 octobre 1961 ont réussi à transférer la guerre au pays de l'ennemi

Publié le : dimanche, 17 octobre 2021 20:06   Lu : 107 fois
Les massacres du 17 octobre 1961 ont réussi à transférer la guerre au pays de l'ennemi

ALGER - Le Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) a affirmé que le massacre du 17 octobre 1961 avait réussi à transférer la guerre au centre du pays de l'ennemi et démontré à la presse étrangère l'ampleur de l'atrocité de l'occupant français qui a fait fi des principes des droits de l'Homme et de la démocratie que les politiques français ont longtemps louée.

Ces événements "ont tellement eu d'impact qu'ils ont contraint le président français Charles De Gaule à se soumettre à la volonté des chefs de la Révolution de tenir une rencontre de négociations le 28 octobre 1961", a rappelé le Conseil dans un communiqué à l'occasion de la célébration du 60ème anniversaire du massacre du 17 octobre 1961.

Le massacre, lit-on dans le communiqué, "a eu lieu après que des milliers d'Algériens avaient manifesté pacifiquement dans la capitale française pour dénoncer le couvre-feu discriminatoire décrété à leur encontre par le préfet de police de l'époque Maurice Papon. Plusieurs d'entre eux avaient été exécutés sommairement par balles, jetés vivants dans la Seine ou battus à mort, d'autres ont été pendus dans les Bois de Vincennes, d'autres demeurent toujours disparus, selon les témoignages d'anciens policiers français.

Le nombre de manifestants algériens a atteint, selon la Fédération de France du FLN, 8000 manifestants à Paris et sa périphérie, a rappelé le CNDH, relevant la détention de 15.000 Algériens durant les manifestations, transférés par la suite vers le Palais des sports (Dôme de Paris), le Jardin des plantes et le stade Pierre-de-Coubertin, avant d'être passés à tabac et croupir sans soins et sans nourriture".

S'agissant du nombre de victimes, la Fédération du Front de libération nationale en France estime que ce nombre "a dépassé 400 victimes, tandis que les renforts sécuritaires français visant à faire face aux manifestations de notre communauté se sont élevés à près de 8.000 policiers et 1.500 gendarmes, en plus de 500 harkis venus de l'Algérie, spécifiquement pour cette opération".

Après 60 ans de ces massacres, indique le CNDH, la France "refuse toujours de s'excuser et de reconnaître officiellement ces massacres comme un crime contre l'humanité et les essais nucléaires qui ont tué des centaines d'Algériens, en dépit du verdict de 10 ans de prison prononcé par la justice française contre Maurice Papon pour participation à un crime contre l'humanité".

Le conseil a considéré que la répression dans le sang par la police française, le 17 octobre 1961 et dans les jours qui ont suivi ces évènements, était "un crime contre l'humanité avec tous ses éléments, un génocide et un crime d'Etat systématique".

Concernant les récentes déclarations du président français Emmanuel Macron, le CNDH a précisé qu'elles "sont dangereuses et falsifient les faits historiques avérés. Elles s'inscrivent dans le cadre d'une campagne électorale acharnée en France pour attirer les voix des électeurs, y compris les immigrés algériens de double nationalité et les Français d'origine algérienne", saluant, à cette occasion, "la position des autorités algériennes vi-à-vis de ces déclarations irresponsables".

Le communiqué a enfin exhorté l'ensemble du peuple algérien à faire montre de "davantage de cohésion et de solidarité en vue de barrer la route aux ennemis de l'Algérie, notamment en ces circonstances particulières".

 

Les massacres du 17 octobre 1961 ont réussi à transférer la guerre au pays de l'ennemi
  Publié le : dimanche, 17 octobre 2021 20:06     Catégorie : Algérie     Lu : 107 foi (s)   Partagez