Les manifestations du 17 octobre 1961, une démonstration de l'unité du peuple algérien

Publié le : dimanche, 17 octobre 2021 14:13   Lu : 4 fois

MOSTAGANEM - Les manifestations du 17 octobre 1961 dans la capitale française, Paris, ont mis en exergue l’unité du peuple algérien tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays et son soutien à son unique représentant légitime, le FLN, menant la dernière bataille de la glorieuse guerre de libération nationale sur la table des négociations, soulignent des historiens.

Cette étape de l’histoire du pays a apporté un démenti à la campagne de désinformation de la France coloniale et à ses mensonges, ont-ils ajouté.        

L’enseignant d’histoire moderne et contemporaine de l’université "Ibn Khadoun" de Tiaret, le Pr. Mohamed Bellil, a estimé, dans une déclaration à l’APS que "les manifestations pacifiques du 17 octobre 1961 ont forcé la France à affronter une vérité qu’elle essayait de renier, comme ils ont mis à l’épreuve toutes ses thèses concernant l’unique et légitime représentant de la cause nationale".

Les événements connus par la capitale française ce jour là et les réactions dénonçant la répression féroce de la police française contre les manifestants pacifiques, les jours suivants, ont contribué au soutien de la position des négociateurs algériens, ainsi qu’à l’isolement des politiques français.

La capitale française s’est transformée, en cette nuit froide d’octobre, en grande caserne militaire pour empêcher les émigrés d’exprimer leur refus des mesures arbitraires de Maurice Papon.

Malgré l’embargo médiatique ayant accompagné ces événements sanglants dont les rues et les places de Paris étaient le théâtre, des journaux britanniques et américains ont décrit "l’enfer" que les algériens ont vécu, cette nuit là, ajoute le Dr Bellil.

L’universitaire a indiqué que "les dépassements perpétrés par la police française contre les civils isolés a eu l’effet d’un violent choc. Le monde entier avait appris que la police française a jeté les corps des algériens dans la Seine et a enfermé plus de 6.000 autres dans une salle de sports, dans des conditions ressemblant aux camps de concentration nazis, ainsi que l’expulsion et l’internement de 1.500 personnes mineures dans les prisons en terre algérienne".

           

Le vrai visage du colonialisme

 

Dr Bellil a ajouté que "les manifestations du 17 octobre 1961 ont révélé le vrai visage de l’administration coloniale française, qui croyait qu’elle avait isolé tout un peuple de l’autre côté de la Méditerranée, avant d’être surprise par les algériens qui ont été pacifiques devant l’excès de violence et de force".

"C’est une page noire dans l’histoire de la police française et une honte pour les colonisateurs, qui chantaient, auparavant, l’Etat de droit et la République des libertés, un Etat qui a failli au premier examen en jetant des innocents dans le fleuve, après les avoir tués", a-t-il souligné.

Concernant le contexte historique des événements, le spécialiste dans l’histoire nationale, Abdelkader Fadel, a souligné que la contribution de la communauté algérienne résidant à l’étranger dans la Révolution de Novembre est un prolongement naturel de son rôle militant entamé par la classe ouvrière dans les grandes villes françaises dans les années 1920.

Le rôle militant de la communauté algérienne vivant à l'étranger s’est transformé en véritable épine dans la gorge des français, après l’augmentation de leur nombre au début des années 1950 et leur adhésion au mouvement libérateur et indépendantiste.

Il a mis en exergue le rôle de cette communauté dans la lutte politique puis dans la lutte armée, à travers la création de cellules de "Fida" dans les différentes villes et quartiers français, pour se transformer ensuite en Fédération du FLN ou la 7ème wilaya, parallèlement au réseau Jeanson, qui croyait en la légitimité de la cause algérienne et oeuvrait effectivement à sa réussite.

"Les agressions contre les travailleurs algériens se sont multipliés de manière exponentielle et dangereuse, avec l’imposition du couvre feu nocturne décidé par les autorités françaises de manière arbitraire et raciste. Les algériens étaient victimes du délit de faciès. Les crimes de la haine ont atteint des records", ajoute le Pr. Fadel.

Le même intervenant précise que la police française s’est montrée impitoyable: elle a jeté dans les eaux de la Seine des civils menottés, pendu d’autres dans le bois de Boulogne et regroupé des personnes arrêtées au Palais des sports avant de les dispatcher sur les prisons "Les Beaumettes ", "Larzac" et "l’Ardoise ", entre autres.

 

L’arbre qui cache la forêt

 

Concernant les dernières déclarations du président français Macron, le Pr. Bellil a estimé que "l’actuel locataire de l’Elysée n’a pas failli à la règle de ses prédécesseurs qui ont de tout temps utilisé la mémoire comme carte électorale interne ".

L’universitaire a indiqué que "Macron et de nombreux politiciens français sont tombés dans cette erreur qui a circulé dans les milieux scientifiques et qu’on voulait réelle, même si les archives diplomatiques en France relatent les fondements d’Etat et de nation qui caractérisaient l’Algérie dans ses relations avec les autres pays avant 1830".

Il a estimé que nier l’existence d’une nation algérienne avant 1830 est "un risque aux conséquences incalculables ou une aventure qui rebondit sur celui qui la répète ".

De son côté, le Pr. Fadel a rappelé que le peuple français n’a connu le mot "Nation" qu’avec les prémisses de la révolution industrielle et n’avait pas d’Etat au sens moderne du terme que plus tard. Il a relevé que la France actuelle était divisée en provinces gouvernées par des familles indépendantes l’une de l’autre.

L’historien a appelé à la nécessité d’approfondir les recherches historiques sur le rôle de la communauté nationale émigrée durant la guerre de libération nationale, notant que les massacres du 17 octobre 1961 constituent un autre épisode dans les séries de crimes perpétrés par l’occupant contre les algériens, depuis le massacre de la tribu "Aoufia" d’El-Harrach, les enfumades d’Ouled Riah dans la Dahra et les massacres du 8 mai 1945.

"Ces séquences douloureuses resteront à tout jamais une honte dans l’histoire à ceux qui prônaient la 'civilisation' et continueront de salir leur passé entaché de haine", a-t-il indiqué.

Les manifestations du 17 octobre 1961, une démonstration de l'unité du peuple algérien
  Publié le : dimanche, 17 octobre 2021 14:13     Catégorie : Algérie     Lu : 4 foi (s)   Partagez