Expert: la résolution du PE sur les droits de l’hommes en Algérie est "très perfide"

Publié le : jeudi, 03 décembre 2020 17:02   Lu : 20 fois
Expert: la résolution du PE sur les droits de l’hommes en Algérie est "très perfide"

ALGER - La résolution adoptée récemment par l’Union européenne (UE) s’agissant de l’approche de l’Algérie en matière de Droits de l’homme est "très perfide" car visant une "fracture" entre les Algériens et le Gouvernement, a déploré jeudi l’expert des menaces dans le Sahel et flux migratoires, Hassan Kacimi, interpellant ses auteurs à "corriger au plus vite" cette "maladresse".

"La résolution de l’UE est très perfide et est une véritable manipulation car visant à créer une dissidence civile et à provoquer une fracture entre le peuple le Gouvernement, avec pour objectif de provoquer la chute de l’Etat !", a déclaré M. Kacimi sur les ondes de la Chaîne 3 de la Radio nationale.

Il soutiendra, à ce propos, que "la chute de l’Etat algérien avait déjà été prévue en 1990 à travers l’installation d’une monarchie théocratique au nom de la démocratie et de la liberté et, plus tard, en 2011, lors de l’attaque occidentale contre la Lybie lorsque  Bernard Henri Lévy avait annoncé la chute imminente de l’Algérie".

"Ses réseaux au Parlement européen et certains de ses amis algériens n’ont pas eu raison car l’Algérie a derrière elle une histoire que les autres pays n’ont pas, des institutions solides, même si elles devront être plus résilientes à l’avenir, et beaucoup de patriotes qui œuvrent pour une Algérie forte", a-t-il martelé.

L’hôte de la Radio a, en outre, regretté que ladite résolution ait été adoptée "dans des conditions que nous connaissons tous", à savoir la tentative de "passage en force" dans la région d’El Guerguarat (territoires libérés du Sahara occidental) et au sujet de laquelle, soutient-il, le Makhzen tente, par "un subterfuge, de faire diversion en incitant l’opinion internationale à braquer son attention sur l’Algérie". Tout en rappelant que le conflit au Sahara occidental est une question de "décolonisation", le spécialiste des questions sécuritaires et autres assure que le voisin de l’Ouest est "en difficultés", d’où les "manœuvres occultes" au niveau de l’UE pour faire aboutir la résolution en question "dans des conditions opaques".

Et de pointer du doigt, s’agissant des auteurs de la résolution, "des mercenaires ayant tous des Riyads au Maroc et qui sont payés pour leurs manœuvres", déplorant "l’implication d’éléments internes en Algérie", avant de relever que l’UE "qui n’est pas crédible, est la première à fouler ses propres décisions".


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Qualifiant ce document de "dérapage" et ses auteurs de "mercenaires", il a également considéré qu’il s’agit "d’une forme de chantage sur l’Algérie dont la position est très connue sur les questions internationales", conviant ces derniers à "corriger, au plus vite, cette maladresse et à cesser leur hostilité envers l’Algérie".

"Notre pays n’a pas d’ambitions territoriales ni expansionnistes. Les positions nationalistes et panafricanistes dérangent d’autant qu’il mène des réformes importantes lui permettant de devenir un partenaire influent dans la région", a-t-il tenu à clarifier, à ce sujet.

A la question de connaître les visées de ces agissements, M. Kacimi est d’avis que "la poudrière du Moyen-Orient est en train de se déplacer, de manière très dangereuse, vers le Maghreb et que la Guerre froide se poursuit sur le plan géostratégique à travers la politique du pourrissement et du désordre mondial".

"Nous sommes dans une évolution de la révolution des Pétro-Monarchies vers la révolution du Printemps maussade et la perversion s’étend au Maghreb", explicite-t-il encore, estimant que le passif en matière des Droits de l’homme incombe à l’Occident qui "empêche l’instauration de la démocratie dans le monde".

Et de rappeler qu’ "au nom des libertés et de la démocratie, de nombreux crimes et génocides ont été commis" et qu’à cause des coalitions militaires occidentales, 500.000 morts ont été recensés en Irak, 380.000 en Syrie morts, dont 115.000 enfants alors que le Yémen est aujourd’hui, un pays détruit.

 

La libération des terroristes au Mali menace la stabilité régionale

 

Interpellé au sujet de la récente libération de 203 terroristes par le Mali, à la faveur d’un accord conclu avec la France, M. Kacimi a rappelé la "vive condamnation" par l’Algérie de la libération desdits otages, considérant les conséquences "menaçant la stabilité et la paix régionales".

De même qu’elle avait estimé que le payement par la France de rançons contribuerait à "renflouer" les caisses du groupe terroriste "Ançar Eddine Oualmuslimiin", auteur du rapt de deux ressortissants français, à l’origine de la transaction.

Il a indiqué "avoir appris que, lors des négociations entre les deux parties, des contacts directs avec Iyad Ag Ghali ont eu lieu au nord du Mali. Ce qui confirme que celui-ci ne se trouve pas en Algérie, comme cela a été avancé par certaines parties".


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Tout en se demandant "qui protège" ce chef terroriste, il a également déploré que les deux Algériens comptant parmi les activistes libérés aient été "encouragés à rentrer en Algérie avec comme instructions de réactiver les cellules terroristes dormantes" dans le pays. Et d’arguer, à ce propos, de la reprise de l’activité terroriste constatée ces derniers jours dans la région de Jijel.

Autant d’éléments qui lui feront évoquer "une subversion manipulée et contrôlée" par des puissances occidentales en raison de "grands intérêts", regrettant que ces dernières bloquent, par ailleurs, les processus de paix en Palestine et au Sahara Occidental. Et de poursuivre : "La normalisation dans le Moyen-Orient avec l’entité sioniste est en train d’avaler toutes les petites monarchies, avec comme objectif  la réalisation du Grand Etat sioniste", mettant en garde contre un prévisible "grand bouleversement géostratégique" dans le futur.

Abordant, enfin, la question des flux migratoires, l’expert a imputé ce phénomène aux interventions étrangères occidentales dans différentes régions et recommandé aux hauts responsables du pays de "poursuivre, dans le respect des conventions internationales en la matière, la lutte contre l’immigration clandestine", car, a-t-il souligné, l’Algérie reçoit "plus de migrants que les 27 pays de l’UE réunis".

Expert: la résolution du PE sur les droits de l’hommes en Algérie est "très perfide"
  Publié le : jeudi, 03 décembre 2020 17:02     Catégorie : Algérie     Lu : 20 foi (s)   Partagez