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Vous êtes ici : ACCUEIL»SOCIÉTÉ »Tlemcen: carnaval "Ayred" de Beni Snouss, un legs culturel immortalisant des traditions ancestrales
jeudi, 12 janvier 2017 10:47

Tlemcen: carnaval "Ayred" de Beni Snouss, un legs culturel immortalisant des traditions ancestrales

TLEMCEN - Le carnaval "Ayred", reproduit par les jeunes de Beni Snouss, région située sur les hauteurs sud de la wilaya de Tlemcen, pour célébrer Yennayer le 12 janvier de chaque année, est une occasion pour immortaliser des traditions et coutumes ancestrales du patrimoine national.

La célébration de cette fête remonte à 950 années avant le calendrier chrétien et symbolise la victoire du roi Chachnaq sur l’armée du Pharaon Ramsès, selon des récits historiques auxquels se réfère le chercheur Mohamed Sahridj dans son ouvrage "Verveine fanée".

Pour immortaliser cette bataille, les habitants de Beni Snouss avaient créé un carnaval, à savoir "Ayred" (lion en tamazight), symbole de la victoire et de la paix.

Ce carnaval constitue une liesse populaire ancienne alliant plusieurs rites et traditions, mais son appellation change d’un village à un autre dans cette contrée montagneuse. Les habitants du village de Tafesra préfère l’appeler "Cheikh Bouguernane" et ceux des villages de Béni Achir, Sidi Larbi et Ouled Moussa "Kraa friaa".

Cependant cette différence dans l’appellation n’affecte en rien la nature de la célébration qui consiste en une procession où des jeunes, portant des masques, dansent aux rythmes envoûtant de bendirs la nuit du 12 janvier, nouvel an berbère, en entonnant des cantiques à la gloire de "Ayred", personnage mythique déguisé en lion. La marée humaine défile à travers les artères tout en exprimant sa joie de la victoire mythique et leur espoir d’une année agricole prospère et fertile.

Les jeunes masqués entourent une femme déguisée en lionne exécutant des danses. La légende veut que suivant un rituel tout obstacle devant cette reine féline doit être levé à l'aide de gourdins pour lui frayer un chemin sans embûches, synonyme de bien-être et de fertilité.

Tout le long de la procession, les participants au carnaval recueillent des produits alimentaires offerts par les habitants qu'ils distribueront ensuite aux nécessiteux et aux veuves. S'ensuivent des louanges déclamées sur la place publique pour solliciter et implorer une nouvelle année agricole abondante, explique le même chercheur, soulignant que le mot "Yennayer" est composé de deux syllabes "Yen" (premier) et "Ayour" (mois), soit le premier mois de l’année et le début de la saison agricole.

Les festivités de Yennayer se distinguent par la richesse des produits qu'offrent les boutiques et les étals des marchés achalandés de fruits secs notamment  les arachides (amandes, noix, noisettes, pistaches, cacahuètes, ...), de friandises, de grenades, de figues sèches et de dattes, ingrédients qui garnissent le fameux plat "Tbiqat Qarqcha".

En outre, les femmes aux foyers s’attèlent en pareille circonstance à préparer des plats traditionnels dont Berkoukes, Sfenj (beignets) et Messemen, ainsi que les fameuses mini galettes préparées aux enfants et garnies d’un œuf au milieu.

Après le dîner, les membres de la famille, notamment les enfants, s'attablent autour du grand plat "Tbiqa", dans une ambiance de joie et de convivialité.

Lu: 1226 fois Dernière modification le jeudi, 12 janvier 2017 10:59
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