Venezuela/2017: Constituante, coup d'Etat avorté, trois scrutins... et les leçons de Maduro

Publié le : dimanche, 07 janvier 2018 20:04   Lu : 0 fois

CARACAS- Par la voie du dialogue et en s'appuyant sur la Constitution et le soutien des masses populaires, le président vénézuélien Nicolas Maduro, a pu administrer quelques leçons aux partisans d'un coup d'Etat et la déstabilisation du Venezuela à l'intérieur comme à extérieur du pays, et ce, en réactivant un processus populaire constituant qui a ouvert la voie à l'organisation de trois scrutins en 2017, souligne un article-décryptage du journaliste espagnol Ignacio Ramonet.

Dans un article de presse intitulé: "les douze victoires du président Maduro en 2017", le journaliste et intellectuel espagnol Ignacio Ramonet, directeur du journal "le Monde Diplomatique" de 1990 à 2008, est revenu en détails sur les faits marquants de l'actualité vénézuélienne  au cours de l'année dernière.

A peine l’année 2017 débutée, que les attaques contre le Président Maduro furent enclenchées. La première provient de l’Assemblée Nationale vénézuélienne, dominée par la contre-révolution, qui avait décidé, le 9 janvier, de ne pas reconnaître le Président. Face à cette tentative de coup d’Etat constitutionnel, le Tribunal Suprême de Justice (TSJ) est intervenu pour signaler qu’en vertu de la Constitution, l’Assemblée Nationale ne peut destituer le chef de l’Etat, élu directement par le peuple.

Pour sa part, le Président avait initié, le 14 janvier, des manœuvres civico-militaires massives. Quelques 600.000 effectifs s'étaient mobilisés : militaires, miliciens et militants des mouvements sociaux. Et ce fut la première victoire de 2017.

Le 23 janvier, l’opposition vénézuélienne avait tenté d’intimider le gouvernement de Maduro par une grande marche. Mais là aussi elle échoua. A l'appel de Maduro, des centaines de milliers d’habitants de Caracas remplirent les avenues de la capitale. Ce fut la seconde victoire du Président.

Mais, à Caracas, la contre-révolution a tenté de relancer une campagne internationale sur la prétendue "absence de démocratie" au Venezuela. Avec la complicité de la nouvelle administration états-unienne, dirigée par Donald Trump, elle a monté une opération de lynchage médiatique mondial contre Nicolas Maduro.

Dans le même temps, la droite vénézuélienne avait transféré la question au sein de l’Organisation des Etats Américains (OEA). Obéissant entre autres aux "consignes" de l'administration Trump, Luis Almagro, secrétaire général de l’OEA, avait réclamé l’application de la Charte Démocratique contre le Venezuela.

Mais finalement, en avril, Caracas avait décidé de se retirer de l’OEA, accusant cette organisation d’actions intrusives contre la souveraineté du Venezuela. Entretemps, les tensions augmentèrent à Caracas lorsque, le 29 mars, la Salle Constitutionnelle du TSJ déclara que "tant que persistera la situation de désobéissance à la loi et de non-validité des actes de l’Assemblée Nationale, la Salle Constitutionnelle garantira que les compétences parlementaires soient exercées directement par cette Salle ou par l’organe qu’elle désigne, afin de veiller à l’Etat de Droit".

Durant quatre mois interminables - d’avril à juillet – la contre-révolution a lancé la plus brutale offensive de guerre contre le gouvernement bolivarien.

Financées par la droite internationale, les forces antichavistes "n’ont pas hésité à utiliser des paramilitaires, des agents terroristes et des mercenaires du crime organisé dans un déploiement de tactiques irrégulières simultanées, ainsi qu’une élite d’experts en guerre psychologique et en propagande démocratique. Des infrastructures de base, tandis qu’elles multipliaient les barricades dans les quartiers bourgeois sous leur contrôle. Résultat: 120 personnes assassinées.

 

--La constituante, option pour sortir de la crise--

 

"Ce ne fut pas facile de résister à tant de terreur", a estimé l'auteur. Le président Nicolas Maduro, constitutionnel et légitime, a pu le faire. Et il a réussi à trouver ce qui semblait impossible : la sortie du labyrinthe de la violence. Avec l'idée: revenir au pouvoir constituant originaire.

En se basant sur les articles 347, 348 et 349 de la Constitution chaviste de 1999, et en s’appuyant sur son statut de chef de l’Etat, Maduro avait décidé de réactiver un processus populaire constituant. C’était le seul moyen de trouver un accord avec l’opposition et de dégager des solutions.

Le 1er mai, le président annonça que l’élection des délégués à l’Assemblée Constituante s’effectuerait le 30 juillet.

Mais, une fois de plus, sous les vivats de la presse mondiale, les partis d’opposition s'étaient mis d’accord pour ne pas participer et se consacrèrent, au contraire, à saboter les élections.

Ils échouèrent et pour cause, plus de huit millions et demi de citoyens s'étaient rendus aux urnes, et ce fut un "succès électoral éclatant". "Avec subtilité, patience, courage et décision", le président Maduro réussit de cette manière à faire échouer les "guarimbas" et à faire avorter l’évidente tentative de coup d’Etat. Telle fut sa victoire la plus spectaculaire de l’année 2017.

L’arrivée de la Constituante a rendu possible, ce que beaucoup tenaient pour impossible, deux autres victoires électorales. Celle des gouverneurs des états, le 15 octobre et les élections municipales du 10 décembre.

Le Venezuela fut le seul pays à organiser, en 2017, trois grandes élections nationales. Toutes trois gagnées par le chavisme.

 

-- Le Venezuela défie un blocus financier--

 

Le 11 août en particulier, le président américain déclara: "Nous avons plusieurs options pour le Venezuela, parmi lesquelles une possible option militaire, si nécessaire".  Ensuite, le 25 août, dans le cadre du blocus financier contre Caracas, Trump interdit à  toute personne, entité, entreprise ou association, légalement sise ou réalisant des activités aux Etats-Unis, d’effectuer des négoces avec des titres de la dette émis par toute instance du gouvernement vénézuélien, à savoir des titres de la République émis par la Banque Centrale Vénézuélienne ou par l’entreprise d’état PDVSA  .

Nicolas Maduro a expliqué qu’au-delà d’un blocus, ce que le Venezuela affronte est "une véritable persécution. Mais le président a su échapper à ces attaques. Et a surpris, une fois encore, ses adversaires, en annonçant, le 3 novembre, la création d’une Commission pour consolider le refinancement et la restructuration de la dette externe, avec pour objectif de surmonter les agressions financières.

"Nous allons effectuer un reformatage complet des paiements externes pour atteindre l’équilibre", a-t-il déclaré.

Quelques jours plus tard, débarquait à Caracas, pour se réunir avec le gouvernement bolivarien, un groupe de détenteurs de dette vénézuélienne provenant des Etats-Unis, du Panama, du Royaume-Uni, du Portugal, de Colombie, du Chili, d’Argentine, du Japon et d’Allemagne. Ce qui constitua une indéniable victoire pour le président Maduro.

Aussi pour briser le blocus financier, le président a annoncé, en novembre, une autre initiative: la création d’une monnaie numérique, le petro. Cette annonce a déclenché un grand enthousiasme dans la communauté d’investisseurs des crypto-monnaies.

En ce sens, le petro est une nouvelle et claire victoire du président Maduro.

Il faut ajouter qu’au milieu de toutes ces batailles, le président a tenu à maintenir la continuité du socialisme bolivarien.

Le journaliste n'a pas manqué de citer les succès obtenus dans le domaine de la politique extérieure, en particulier l’extraordinaire tournée internationale du Président, en octobre, en Biélorussie, Algérie, Russie et Turquie, qui a débouché sur d’importants accords bilatéraux visant à gagner la bataille de la guerre économique et sociale.

Jusqu’ici, tous ces plans pour défenestrer Nicol?s Maduro ont échoué. Comme lui-même l’a affirmé  "l’impérialisme n’a pu nous asphyxier, et ne pourra rien contre la Révolution Bolivarienne, sur quelque terrain qu’il nous cherche".

 

Tout cela a permis au président Maduro de reprendre l’initiative stratégique de la pacification du pays en proposant à l’opposition de s’asseoir à la table de négociations et de reprendre le dialogue.

Venezuela/2017: Constituante, coup d'Etat avorté, trois scrutins... et les leçons de Maduro
  Publié le : dimanche, 07 janvier 2018 20:04     Catégorie : Monde     Lu : 0 foi (s)   Partagez