Menu principal

Menu principal

Le lac Ouled Hadou dans la commune de Mesdek (Chlef): un hôpital en plein air pour le traitement des varices  

Publié le : mardi, 15 août 2017 11:39   Lu : 303 fois

CHLEF- Avec le temps, le lac Ouled Hadou dans la commune de Mesdek, situé à environ 65 km au Nord-ouest du chef lieu de wilaya de Chlef, a acquis une réputation de véritable hôpital en plein air spécialisé dans le traitement des varices grâce à la présence sur les lieux de sangsues offrant gracieusement leurs prestations aux malades, dont un grand nombre affirme avoir été soulagé de  leur mal suite à une trempette dans cette étendue d'eau.

Connu localement sous le nom de lac Guelmam, le site est connu comme un lieu où prolifèrent les sangsues, particulièrement en période estivale. Cet annélide aquatique possède la particularité de sucer le sang infecté des personnes malades. Certaines légendes locales lui prêtent même le pouvoir de reconnaître les personnes atteintes de varices grâce à un simple examen de la région atteinte, où il décide de planter ses ventouses microscopiques.

Selon le constat fait par l’APS sur place, la personne atteinte de varices plonge ses deux jambes dans le lac, avant de les voir envahies par de nombreuses sangsues de couleur grise (entre 3 et 15 cm de long) qui lui sucent le sang (des jambes). Une fois repues, les sangsues se détachent d’elles-mêmes, lui laissant quelque écorchures et blessures légères qui ne tarderont pas à cicatriser, assurent les malades en question.

Aussi, la population locale est-elle convaincue que l’eau du lac est bénie, d’autant plus, assure-t-on sans sourciller, que la région "a été traversée par de nombreux hommes vertueux et saints".

C’est depuis une dizaine d’années qu'un habitué des lieux, L’hadj Tayeb, traite ses varices. Il affirme à l’APS que cette thérapie par les sangsues, qui peut durer plus d’une heure, lui est bénéfique à plus d’un titre, car il en ressort à chaque fois comme ravigoté et plein de vitalité.

Une autre curiste, L’hadja Aicha de Relizane avoue avoir eu toujours peur des sangsues, "mais finalement j’ai vaincu ma peur et je suis venue à ce lac, dont la réputation +curative+ a dépassé les frontières de la wilaya".Plus encore, L’hadja Aicha est devenue une habituée des lieux, affirmant voir s’améliorer son état de santé, tout en appelant toute personne atteinte de varices à "expérimenter cette thérapie ancestrale."

 

Plaidoyer pour la création d’un centre de naturopathie mitoyen au lac

De nombreux habitants de la région ont émis le voeu de voir ériger un centre de naturopathie mitoyen au lac Guelmam, un centre de thérapie naturelle ou médecine douce qui constituera, soulignent-ils à l'APS, une opportunité d’emploi pour les jeunes de la wilaya. Ils appellent en cela les autorités concernés à assurer l’encadrement nécessaire à ce type de traitement naturel, parallèlement au contrôle des eaux stagnantes du lac qui pourraient constituer un nid à plusieurs maladies.

En effet, le lac est devenu le point de mire d’un grand nombre de citoyens ayant eu vent des témoignages innombrables de malades guéris grâce aux sangsues, de quoi interpeller les autorités locales au même titre que les investisseurs sur l’impératif d’exploiter les lieux selon les critères  mondiaux en usage pour ce type de sites dédiés à la médecine alternative.

Une affluence particulière est enregistrée au niveau de ce lac durant les week-end, notamment entre 10H00 et 15H00, connue pour être une période de fortes chaleurs, synonyme de prolifération de sangsues, sachant que de nombreux citoyens fréquentent le lieu pour le seul plaisir de profiter de la beauté du paysage et de son climat humide comparativement aux autres régions de la wilaya.

 

La thérapie par les sangsues (hirudothérapie) ou la Hidjama (saignée), une médecine alternative aux vertus prouvées

La thérapie par les sangsues est considérée parmi les thérapies naturelles adoptées actuellement par la médecine alternative. Elle est également réputée pour être prisée par de nombreux malades qui la préfèrent aux traitements chimiques aux complications multiples, au moment où de nombreux  spécialistes y voient une sorte de Hidjama (saignée) naturelle, car une sangsue peut généralement sucer un volume de 3 à 6 g de sang infecté.

Selon l’angiologue Cherif Bénoué, cette thérapie, qui demeure interdite aux personnes souffrant d’anémies chroniques et de diabète, au même titre qu’aux femmes enceintes ou allaitantes, est particulièrement indiquée dans les cas de sinusites, varices, rhumatismes articulaires, ainsi que de  nombreuses maladies de la peau dont le psoriasis.

Aussi les études et recherches médicales réalisées en la matière ont démontré que la salive des sangsues contient des enzymes et des composés aux propriétés anticoagulantes, anti-inflammatoires et antalgiques, agissant également comme un agent vasodilatateur, qui sont notamment  l'acétylcholine, l’hirudine et l'histamine.

Certaines conditions sont néanmoins nécessaires pour assurer le succès de cette thérapie, au sujet de laquelle certaines légendes locales affirment qu’elle est bénie du fait, disent-ils, qu’il s’agit d’une thérapie mentionnée dans le Coran.

Des récits locaux vont même jusqu’à affirmer que la sangsue abhorre le sang des personnes ingrates envers leurs parents, assurant par-là que ce ver ne s’attache et ne traite que les personnes qui ont bon coeur. 

Dernière modification le : mardi, 15 août 2017 12:16
Le lac Ouled Hadou dans la commune de Mesdek (Chlef): un hôpital en plein air pour le traitement des varices  
  Publié le : mardi, 15 août 2017 11:39     Catégorie : Régions     Lu : 303 foi (s)   Partagez