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La sécheresse et d’autres facteurs anthropiques menacent la zone humide

Publié le : samedi, 08 février 2020 17:31   Lu : 7 fois
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La sécheresse et d’autres facteurs anthropiques menacent la zone humide

TLEMCEN - La zone humide de Dayat El Ferd dans la commune d’El Aricha (à plus de 50 km du chef-lieu de Tlemcen), le plus important lac pour la biodiversité, est menacée par plusieurs facteurs d’ordre naturel et anthropique, a indiqué samedi la cheffe de département du parc national de Tlemcen et spécialiste en gestion et protection des écosystèmes naturels, Hafida Benmâamar Hasnaoui.

En marge d'une exposition inaugurée samedi au niveau du siège du parc national "Lalla Setti" par les autorités de la wilaya à l’occasion des activités célébrant la Journée mondiale des zones humides, la spécialiste a révélé que cette zone humide superficielle qui peut s’étendre durant les saisons à forte pluviométrie jusqu’à 127.000 hectares est menacée de sécheresse si les conditions climatiques n’enregistrent pas une amélioration durant cette saison.

Quelque 20.000 oiseaux sont dénombrés au quotidien dans cette zone humide, ce qui laisse penser, selon la spécialiste, que ces oiseaux locaux ou migrateurs vont quitter le lieu pour un autre offrant de meilleurs conditions. En temps normal, cette zone,

classée dans le cadre de la convention "Ramsar" zone d’importance internationale, peut contenir, selon la même responsable, quelque 60 espèces d’oiseaux.


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La zone humide Dayat el Ferd a connu plusieurs périodes de grande sécheresse depuis les années 80 jusqu’aux années 2000 où le lac était complètement sec ce qui avait énormément affecté la biodiversité, a rappelé la même source.

Menacée par la sécheresse qui est un facteur naturel, cette zone humide subit également d’autres agressions anthropiques qui contribuent directement à sa dégradation. Il s’agit, en premier lieu, des rejets d’eaux usées qui se déversent du village mitoyen Belhadji Boucif, d’où l’urgence et l'impératif de réaliser une station d’épuration ou de lagunage, une technique naturelle de traitement des eaux, a expliqué le conservateur des forêts de la wilaya, Kazi Said, qui a mis, par ailleurs, l’accent sur la nécessité de réaliser ce genre d’infrastructures pour préserver ce patrimoine d’importance internationale. "Les facteurs naturels, ajoutés aux facteurs anthropiques, peuvent causer d’énormes dégradations à cette zone humide qui est la plus importante de toute la wilaya", a-t-il souligné.

D'autres facteurs anthropiques viennent s’ajouter à la dégradation de cette zone, a indiqué Mme Benmaamar Hasnaoui,  expliquant cela par le labour intensif dans les environs immédiats du lac. "Certains oiseaux pondent leurs œufs à même le sol et le labour risque d’empêcher la reproduction de ces espèces, en sus du braconnage et de l’abreuvement du cheptel de cette région agro-pastorale qui constituent des facteurs supplémentaires menaçant la biodiversité."


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La wilaya de Tlemcen compte également une autre zone humide de type différent, en l’occurrence Ghar Boumaâza qui est une grotte karstique et un véritable réservoir d’eau souterraine. Classée aussi selon la convention Ramsar, cette zone humide est encore peu connue du fait que son exploration nécessite des équipes de spéléologues biens équipées, pour pouvoir descendre au fond et la découvrir. Les rares informations qui circulent sur cette grotte sont le résultat d’une exploration faite depuis quelques années par une équipe étrangère, a-t-on fait savoir.

La wilaya de Tlemcen compte également les grottes karstiques de Ben Add (commune d’Ain Fezza) qui sont les plus grandes d’Afrique du nord mais ne sont pas encore classées d’importance internationale. Un dossier est en cours d’élaboration pour classer l’oued Tafna selon la convention de Ramsar, a-t-on indiqué.

La sécheresse et d’autres facteurs anthropiques menacent la zone humide
  Publié le : samedi, 08 février 2020 17:31     Catégorie : Régions     Lu : 7 foi (s)   Partagez