Universités françaises : maintien de la hausse des frais d'inscription pour les étrangers

Publié le : lundi, 22 avril 2019 12:04   Lu : 3 fois
Universités françaises : maintien de la hausse des frais d'inscription pour les étrangers

PARIS- Le gouvernement français a maintenu la hausse des frais d'inscription universitaires pour les étudiants étrangers non-européens, malgré une vague de contestation des étudiants et des responsables d'université.

En effet, le Journal Officiel de la République française a publié dimanche un texte de loi (arrêté ministériel) qui entrera en vigueur à la prochaine rentrée universitaire.

Ainsi, les étudiants non-européens, dont des Algériens, devront s'acquitter de 2 770 euros en licence (au lieu de 170 euros) et de 3 770 euros en master (au lieu de 243 euros), c'est-à-dire des sommes plus de dix fois supérieures à celles que doivent payer les étudiants européens.

Par ailleurs, un autre décret signé par le Premier ministre publie la liste des étudiants étrangers non-européens qui bénéficient d'exonération en fonction de leur "situation personnelle" ou du fait qu'ils répondent aux "orientations stratégiques de l’établissement" pour lequel leur choix est porté.

En novembre dernier, le Premier ministre Edouard Philippe avait annoncé ces mesures qui ont connu une forte opposition de la part de la communauté universitaire (étudiants et certains recteurs) et de quelques responsables politiques qui ont considéré que cette hausse "porte un coup" à la réputation de l'université française censée ouverte aux autres.

Le Premier ministre, accusé de pratiquer de la "discrimination" avait expliqué que ces mesures permettront de renforcer l’attractivité de la France et de financer des bourses supplémentaires.

Des politiques ont dénoncé ces "frais prohibitifs" qui interdisent de "facto" la venue d'étudiants étrangers, accusant le gouvernement de faire "honte à la tradition et à la vocation de l'université française".

Les syndicats étudiants ont vivement dénoncé cette hausse des frais d'inscription "inacceptable", estimant que "ce n'est pas aux étudiants de contribuer au sous-financement de l'enseignement supérieur par l'Etat".

De leur côté, plusieurs recteurs d'universités ont décidé de ne pas appliquer cette mesure.

Selon un rapport parlementaire, présenté en mars dernier, la forte hausse des droits d’inscription universitaires pour les étudiants hors Union européenne fait courir "un risque réel de décrochage sur le court terme" pour l’attractivité de l’enseignement supérieur, déplorant une mise en œuvre "précipitée" de cette réforme.

"Tous les acteurs du monde universitaire s’accordent (...) pour indiquer que la mesure (de hausse des frais d’inscription) devrait produire, dans le court terme, un effet d’éviction aux conséquences potentiellement importantes", ont écrit les rédacteurs de ce rapport.

Un autre rapport de Campus-France a révélé que les universités françaises attirent de moins en moins d’étudiants étrangers et cela avant même l'entrée en vigueur des nouvelles mesures, cyniquement baptisé "Bienvenue en France", notamment du fait de la faible prise en charge des étudiants une fois qu’ils arrivent en France où ils sont pratiquement livrés à eux-mêmes.

Les étudiants algériens en France sont parmi les plus nombreux à étudier en France avec un nombre de 30.521 contre 26.116 en 2017, selon les dernières données de Campus France.

Dans le top 25 de 2017, l'Algérie occupait le 3erang après le Maroc et la Chine avec +10 % en évolution des effectifs de 2011 à 2016.

Dans le nouveau classement, elle passe au 2erang derrière le Maroc (39.855) et devance la Chine (30.071) pour un total de 343.400 étudiants étrangers ayant choisi la France pour suivre des études pour l'année universitaire 2017-2018.

 

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  Publié le : lundi, 22 avril 2019 12:04     Catégorie : Monde     Lu : 3 foi (s)   Partagez