Golan : la reconnaissance évoquée par Trump "traduit un mépris" du droit international

Publié le : lundi, 25 mars 2019 16:51   Lu : 10 fois
Golan : la reconnaissance évoquée par Trump "traduit un mépris" du droit international

WASHINGTON - La reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le Golan Syrien occupé, évoquée par le président Donald Trump, traduit un mépris du droit international, et nie la réalité de l’occupation israélienne, a déclaré lundi l’ONG, Human Rights Watch (HRW) dans un communiqué.

"Une décision de l’administration Trump de nier la réalité de l’occupation du plateau du Golan par Israël démontrerait un mépris des protections accordées à la population syrienne par le droit international humanitaire", s’indigne l’ONG américaine.

HRW souligne que les résidents syriens ont besoin d’une protection permanente "face à la poursuite des graves violations des droits de l’Homme perpétrées par Israël".

Pour Eric Goldstein, directeur adjoint pour le Moyen Orient et l’Afrique de l'ONG, Trump est sur le point "de détruire le droit international" qui protège les 27.000 syriens vivant sur ce territoire.

"Si Trump donne suite à sa (décision), il peut encourager d'autres Etats occupants à doubler la spoliation des terres, des colonies ainsi que le pillage des ressources", met-il en garde.


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"Qu'il s'agisse de la Crimée, de la Cisjordanie ou du Golan, les mêmes principes qui protègent les civils s'appliquent . Trump ne peut pas les effacer par décret", a-t-il affirmé.

HRW rappelle que l’annexion de facto du Golan en 1967 a été condamné par le Conseil de sécurité dans sa résolution 497 comme étant "nulle et non avenue et sans effet juridique sur le plan international".

Et le fait "qu'Israël offre aux Syriens sur les hauteurs du Golan la citoyenneté israélienne, rejetée par la plupart d'entre eux, ne change pas le statut de ce territoire occupé", explique l’ONG.

"L’occupation se poursuit tant que l'occupant conserve un contrôle effectif sur le territoire et qu'aucun règlement politique largement accepté ne modifie ce statut", précise-t-elle.

De même, les violations présumées des droits de l'Homme par le gouvernement syrien, avancés par Israël et les Etats-Unis pour justifier l’annexion du Golan ne peuvent motiver une telle décision.


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"Les violations des droits commises par un acteur étatique ne justifient pas la reconnaissance d’une prétendue annexion par un autre Etat", précise HRW qui, par ailleurs, met en garde contre la politique expansionniste d’Israël au Moyen-Orient.

"Certains responsables politiques israéliens, dont l'actuel speaker de la Knesset, ont décrit l'annexion du Golan comme une première étape pas vers l'annexion d’une partie ou de la totalité de la Cisjordanie" occupée, rapporte l'ONG basée à Washington.

Citant al-Marsad, une organisation de défense des droits humains basée sur les hauteurs du Golan, HRW a indiqué que les autorités israéliennes ont établi 34 colonies de peuplement abritant au moins 26.000 colons, en violation du droit international humanitaire.

Vendredi, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU à Genève a dénoncé dans sa résolution annuelle sur le Golan l’extension des colonies juives sur ce territoire.

Le Conseil onusien a "déploré les plans d'expansion de la colonisation israélienne dans le Golan syrien occupé", rappelle encore l’ONG.

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  Publié le : lundi, 25 mars 2019 16:51     Catégorie : Monde     Lu : 10 foi (s)   Partagez