Présidentielle en RDC: examen des recours, une cohabitation politique s'impose

Publié le : mardi, 15 janvier 2019 12:37
Présidentielle en RDC: examen des recours, une cohabitation politique s'impose

ALGER - La Cour constitutionnelle de République démocratique du Congo (RDC) compte examiner mardi le recours déposé par  l'opposant Martin Fayulu, candidat malheureux à la présidentielle, remportée par Félix Tshisekedi, un autre opposant qui doit cohabiter, une fois les résultats définitifs proclamés, avec le pouvoir sortant de Joseph Kabila qui garde la majorité au parlement.

Martin Fayulu qui a dénoncé "un putsch électoral" dès l'annonce des résultats officiels provisoires des élections du 20 décembre, a déposé  vendredi dernier un recours devant la Cour constitutionnelle, qui a huit jours pour donner sa décision alors que plusieurs organisations régionales et internationales réclament aussi un recomptage des voix.


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Le recomptage des voix, relevant du pouvoir d'appréciation du juge, est une mesure extraordinaire d'instruction à laquelle le juge peut recourir après avoir épuisé toutes les autres vérifications d'usage, selon la loi électorale.

Pour apaiser la tension dans le pays, la Cour constitutionnelle a accepté d'examiner le recours "demain (mardi) à partir de 9h30", a annoncé ce lundi Baudouin Mwehu, attaché de presse au cabinet du président de cette Cour.

 

Maintenir la paix sociale en RDC

 

Une confusion règne en RD Congo autour des résultats provisoires annoncés par la Commission électorale (Céni), proclamant la victoire de l'opposant Félix Tshisekedi, qui a devancé avec 38,57% des voix Martin Fayulu (34,8%).

Il doit donc succéder à Joseph Kabila, 47 ans, au pouvoir depuis 18 ans et à qui la Constitution interdit de briguer plus de deux mandats consécutifs.

Dans ce contexte, l'Eglise catholique, qui affirme avoir déployé 40.000 observateurs le jour du scrutin, a souhaité que le Conseil de sécurité de l'ONU demande à la Céni la publication des procès-verbaux de la présidentielle.

Pour sa part, l'Eglise protestante qui a déployé, quant à elle 10.000 observateurs le jour du scrutin, a déclaré "prendre acte" des résultats contestés de la présidentielle et demandé aux juridictions compétentes de "dire le droit" sur les contentieux électoraux en vue de garantir la paix sociale dans le pays. Les protestants forment la deuxième confession de RDC derrière les catholiques.

Sur le plan régional, la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) a accentué la pression sur la Cour constitutionnelle congolaise en demandant un recomptage des voix de la présidentielle. Ainsi, le président zambien Edgar Lungu, président en exercice du groupe régional a indiqué que l'organisation avait pris note des "sérieux doutes" portant sur les résultats provisoires et estime "qu'un recomptage permettrait de rassurer à la fois les vainqueurs et les perdants".

La SADC a aussi appelé les dirigeants congolais à "considérer un accord politique négocié en vue d'un gouvernement inclusif".


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Deux jours après avoir proclamé la victoire de Félix Tshisekedi, à l'élection présidentielle à un tour, la Céni a donné les  résultats des législatives. A l'Assemblée nationale, les forces favorables à Joseph Kabila, au sein de la coalition Front commun pour le Congo (FCC) ont largement obtenu la majorité (250+1), en empochant plus de 350 sièges, selon le gouvernement.

La RDC est un régime semi-présidentiel où le Premier ministre doit sortir des rangs du groupe majoritaire à l'Assemblée. M. Tshisekedi, qui obtiendrait une cinquantaine d'élus à la tête de la coalition Cap pour le changement (CACH), devrait ainsi être contraint à une cohabitation avec les partisans de M. Kabila, un scénario rejeté aussi par Fayulu.

Un accord existerait déjà entre les deux camps, selon une source congolaise et une source étrangère. Cet accord garantirait à M. Kabila un  droit de regard sur des postes stratégiques (défense, finances, gouverneur de la Banque centrale), d'après la source congolaise.

"La révocation ou la permutation des commandants des grandes unités de l'armée et de la police ne peuvent s'opérer sans l'avis de Kabila", a  ajouté cette même source.

Enfin, le président Kabila resterait dans l'actuel palais présidentiel et le nouveau président devrait habiter dans l'actuelle résidence réservée au Premier ministre. L'investiture du nouveau président est annoncée pour le 22 janvier, après la proclamation définitive des résultats.

Par ailleurs, la tension préélectorale préoccupe la communauté internationale qui appelle toutes les parties au calme et à la retenue:

"Que l'on publie les procès-verbaux, ce que demande l'UE, ce que demandent les Etats-Unis,  l'Union africaine, la région australe (..), parce qu'il est important qu'on puisse vérifier la correspondance des chiffres avec ce que les Congolaises et les Congolais ont exprimé dans les urnes", a estimé lundi de son côté le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders.

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  Publié le : mardi, 15 janvier 2019 12:37     Catégorie : Monde     Lu : 0 foi (s)   Partagez