Le Conseil français des barreaux dénonce les violences subies par une avocate de détenus sahraouis de Gdeim Izik

Publié le : jeudi, 21 juin 2018 19:52   Lu : 12 fois

PARIS - Le Conseil national des barreaux a dénoncé les actes de violence physique et les atteintes graves faites par les autorités marocaines à l’avocate française, Ingrid Metton, lors du procès des détenus politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik, a-t-on appris jeudi de cette haute instance des avocats.

Dans sa délibération adoptée par l’Assemblée générale les 8 et 9 juin, le conseil "dénonce les actes de violence physique et les atteintes graves et réitérées à la mission de défense dévolues à l’avocat dans le cadre de son exercice professionnel", tout en lui apportant son soutien.

Le conseil apporte "tout son soutien" à l’avocate qui a été menacée dans l’exercice de ses fonctions et s’engage à être présent à ses côtés dans les procédures qu’elle entend initier auprès du rapporteur spécial des Nations unies et de l’ambassadeur des Nations unies en France.

Me Ingrid Metton, avocate inscrite au Barreau de Paris, avait en fait informé le conseil des difficultés rencontrées au Maroc, lors de sa mission de défense de dix-neuf militants sahraouis détenus.

Elle a indiqué avoir constaté, lors des procès en appel ses clients, à l'instar des observateurs présents, des "irrégularités manifestes" et des irrégularités similaires avaient déjà été dénoncées par de nombreuses ONG lors du procès en première instance, dont Amnesty International, Human Rights Watch, Fédération international des droits de l’Homme et l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT).

Dans sa note, elle a expliqué avoir été interpellée, retenue arbitrairement, surveillée et expulsée à deux reprises, avec saisie de son passeport, de son ordinateur portable et de son téléphone en plein exercice professionnel.

"Sans avoir bénéficié d’un avocat ni avoir eu communication d’un quelconque acte de procédure, elle est aujourd’hui interdite d’entrée sur le territoire et manifeste sa plus grande inquiétude quant à sa capacité à exercer sa mission de défense", a rappelé le conseil dans sa délibération dont l’APS a obtenu une copie, précisant qu’au total, sept juristes européens dont cinq avocats et leur accompagnatrice ont subi le même sort.

Le conseil a précisé par ailleurs qu’il a pris connaissance de l’alerte lancée, en mars dernier, par l’Observatoire international des avocats en danger (OIAD) concernant sa dernière expulsion en pleine salle d’audience avec sa consœur Ouled Olfa et les actes de violences et d’entraves à leur mandat qu’elles ont subis, rappelant les "principes de base relatifs au rôle du Barreau" adoptés par le VIIIème congrès des Nations unies qui font obligation aux pouvoirs publics de veiller à ce que les avocats "puissent s'acquitter de toutes leurs fonctions professionnelles sans entrave, intimidation, harcèlement ni ingérence indue et ne fassent pas l'objet, ni ne soient menacés de poursuites ou de sanctions économiques ou autres pour toutes mesures prises conformément à leurs obligations et normes professionnelles reconnues et à leur déontologie".

En conséquence, "lorsque la sécurité des avocats est menacée dans l'exercice de leurs fonctions, ils doivent être protégés comme il convient par les autorités. Enfin, les avocats ne doivent pas être assimilés à leurs clients ou à la cause de leurs clients du fait de l'exercice de leurs fonctions".

Le Conseil français des barreaux dénonce les violences subies par une avocate de détenus sahraouis de Gdeim Izik
  Publié le : jeudi, 21 juin 2018 19:52     Catégorie : Monde     Lu : 12 foi (s)   Partagez