Prévention du terrorisme et de l’extrémisme violent en Afrique: Chergui pour une démarche inclusive  

Publié le : lundi, 18 décembre 2017 10:02
Prévention du terrorisme et de l’extrémisme violent en Afrique: Chergui pour une démarche inclusive  

ALGER-Le Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l'Union africaine (UA), Smail Chergui, a déclaré, dimanche à Alger, que les Etats membres de l'UA doivent adopter "une stratégie inclusive, dynamique et  robuste" pour prévenir l'extrémisme violent, remédier aux conditions qui favorisent la propagation du terrorisme et contrecarrer l'éventuel retour de quelque 6000 "combattants étrangers" notamment de Syrie et de l'Irak vers leurs pays d'origine en Afrique.

"Les ressources financières considérables générées par les différentes formes de criminalité dans lesquelles sont impliqués les terroristes, leur ont permis d'accroitre leurs capacités d'acquérir des armes et munitions très sophistiquées et à recruter de nouveaux membres", a déclaré M. hergui lors de l'ouverture de la 11e réunion annuelle des Points focaux du Centre africain d'études et de recherche sur le terrorisme (CAERT) dimanche à Alger, appelant les Etats membres de l'UA à "adopter des stratégies robustes, dynamiques et inclusives pour remédier aux conditions qui favorisent la propagation du terrorisme et contrecarrer l'éventuel retour de quelque 6000 combattants étrangers en Afrique".

Bien que la nature de la menace du terrorisme, a-t-il dit, "soit en incessante mutation, ce qui doit rester cependant constant, c'est notre détermination à la combattre efficacement et à remédier aux conditions qui favorisent sont essor".

A cet effet, il a prôné des approches "globales, intégrées, adaptées au contexte", et bien entendu, "à renforcer par une coopération régionale et mondiale".


Lire aussi: L'Algérie pour une coopération autour de la question du retour des "terroristes étrangers"


M. Chergui a relevé par la même occasion, l'apparition des menaces qui sont influencées par des événements et des dynamiques provenant de l'extérieur du continent, une situation qui nécessite par conséquent, "une coopération accrue avec nos partenaires internationaux et un partage des informations et renseignements à l'échelle mondiale".

"Ce n'est qu'ainsi que nous aurons le dessus sur cette menace mondiale croissante", a-t-il insisté.

Pour illustrer le caractère transnational de cette menace, il a cité l'évolution récente de la situation sécuritaire en Syrie et en Irak "dont les répercussions se font sentir en Afrique."

Le nombre élevé de combattants terroristes qui retournent en Afrique, (6000 environ) d'après M. Chergui qui dit s'appuyer sur les chiffres fournis par l'ONU constitue, "une autre préoccupation sécuritaire et soulève d'importantes questions par rapport à nos capacités et notre préparation, à tous les niveaux, à faire face à ce phénomène", a-t-il soutenu.

Il s'agit selon le diplomate, "des institutions judiciaires, des agences de sécurité et celles chargées de l'application de la loi ainsi que des structures de réadaptation sociale qui doivent être dotées de capacités effectives pour faire face à cet éventuel retour des combattants.

"Certains de ces combattants terroristes seraient des ressortissants de pays qui ne sont pas encore directement touchés par des activités terroristes et risquent, de fait, de planifier et mener des activités terroristes", a-t-il noté.

 

                      La Libye et la Somalie les plus ciblées, selon Chergui

"Ces éléments (combattants) se dirigent vers des régions et des pays qui sont confrontés à des bouleversements politiques et sont en situation d'insécurité, tels que la Libye, la Somalie, et autres, y aggravant ainsi l'instabilité et causant davantage de chaos", a-t-il estimé.

Il est probable également d'après le représentant de l'UA, que le continent soit confronté à "un afflux de combattants terroristes étrangers, qui cherchent à échapper aux poursuites judiciaires dans leur pays d'origine et qui, suite à leur défaite au Moyen-Orient, aspirant à établir leur soi-disant (Etat islamique)".

Il a souligné à cet effet, qu'une prévention et lutte efficaces contre le terrorisme exigent de la part des Etats membres de l'UA "une volonté renouvelée de s'acquitter effectivement de leurs obligations contractées au titre des différents instruments antiterroristes régionaux et internationaux".

"La commission africaine continuera à travailler avec les Etats membres en matière de prévention et de lutte efficace contre le terrorisme et l'extrémisme violent", a-t-il assuré.

La politique de "tolérance zéro" vis-à-vis du phénomène du terrorisme et d'autres crimes transnationaux doit être une préoccupation pour tous les Etats membres de l'UA, a-t-il insisté, rappelant qu'au fil des années, l'UA, a déployé des efforts soutenus pour répondre aux diverses manifestations de cette menace et a été en mesure de concevoir des initiatives qui tiennent compte du contexte et des défis particuliers.

Les Etats membres, individuellement et collectivement, par l'intermédiaire de la Commission de l'UA, ont entrepris divers efforts pour faire front au terrorisme et aux autres problèmes annexes.

"Certes des progrès importants et louables ont été accomplis aux niveaux continental et international dans la lutte contre la menace terroriste et l'extrémisme violent, mais cette menace continue de présenter de redoutables complexifiés, étant en mutation constante et se propagent à un rythme exponentiel".

"Les récentes attaques terroristes en Egypte, en Libye, au Mali, au Niger, au Nigeria et en Somalie pour n'en citer que quelques unes, témoignent de cette escalade incessante et de cette complexité", a-t-il ajouté.

La 11e réunion du CAERT prévue sur trois jours et dont les travaux se poursuivront à huis-clos, sera l'occasion d'analyser l'état actuel du terrorisme sur le continent africain, d'améliorer la coordination dans la lutte antiterroriste et de déterminer la voie à suivre pour faire progresser les objectifs de lutte contre ce fléau transfrontalier.

L'ouverture de la réunion s'est déroulée en présence également du directeur du centre, Larry Gbevlo-Lartey Esq, le représentant du ministère des Affaires étrangères, Riache Haoues, de l'ambassadeur du Mozambique, également vice-doyen des ambassadeurs africains accrédités à Alger, Hipolito Pereira  Zozimo Patricio, des membres du corps diplomatique accrédité à Alger, des délégués des Etats membres de l'UA et des partenaires extra-régionaux.

La dernière réunion, la 10éme, des Points focaux s'était tenue à Alger le 14 décembre 2016.

 

 

Prévention du terrorisme et de l’extrémisme violent en Afrique: Chergui pour une démarche inclusive  
  Publié le : lundi, 18 décembre 2017 10:02     Catégorie : Monde     Lu : 3 foi (s)   Partagez