Kaboul libérera les prisonniers talibans pour faire "avancer le processus de paix"

Publié le : mercredi, 11 mars 2020 14:08   Lu : 3 fois
Kaboul libérera les prisonniers talibans pour faire "avancer le processus de paix"

ALGER - Kaboul s'est dit prêt mercredi à libérer progressivement les prisonniers talibans à partir de samedi prochain en contrepartie d'une réduction des violences dans le pays.

Une décision, qui ouvre la voie à des pourparlers historiques entre Kaboul et les talibans prévus initialement mardi mais suspendus après la grave crise institutionnelle déclenchée par la double investiture de présidents.

Ghani, qui avait précédemment refusé d'accepter un accord d'échange de prisonniers entre les Etats-Unis et les talibans, a déclaré plus tard, qu'il n'était pas opposé à la libération de prisonniers talibans pour faire "avancer le processus de paix".

Après son investiture comme président de l'Afghanistan, Ashraf Ghani, a signé un décret pour libérer progressivement 5.000 prisonniers talibans en échange d'une réduction "importante" des violences dans le pays et la libération par les talibans de 1.000 membres des forces afghanes qu'ils détiennent.

"Le président Ghani a signé le décret qui faciliterait la libération des prisonniers talibans conformément à un accord accepté pour le début des négociations entre les talibans et le gouvernement afghan", a déclaré sur Twitter le porte-parole de Ghani, Sediq Sediqqi."La grâce et la libération de 1.500 prisonniers talibans" vont commencer samedi au rythme d'une centaine de détenus par jour, a-t-il poursuivi, ajoutant qu'une fois des discussions entamées entre les autorités afghanes et les insurgés sur le futur du pays, 500 nouveaux détenus seront ensuite libérés "toutes les deux semaines", jusqu'à parvenir à un total de 5.000 prisonniers, "à condition que la violence diminue de manière importante".


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La libération des prisonniers fait partie d'un accord signé le 29 février par les Etats-Unis et les talibans à Doha mais non ratifié par Kaboul, qui permettrait aux forces américaines et aux troupes de l'OTAN de se retirer d'Afghanistan pour mettre fin à plus de 18 ans de guerre.

Outre les tensions sécuritaires, une querelle politique croissante entre Ghani et son ancien chef de la direction Abdullah Abdullah a aggravé le chaos politique dans le pays.

M.Ghani a prêté serment pour un deuxième mandat lundi, mais la cérémonie a été entachée par une attaque à la roquette. M. Abdullah, candidat malheureux lors des élections présidentielle, qui a refusé d'accepter les résultats des élections publiés le mois dernier ou de reconnaître Ghani comme président, a également tenu sa propre cérémonie d'investiture le même jour.

 

Vers des discussions inter-afghanes

 

Dans le cadre des efforts fournis pour faire avancer le processus de paix, le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé mardi à l'unanimité une résolution américaine entérinant l'accord conclu le 29 février entre les Etats-Unis et les talibans.

L'accord engage un retrait militaire américain d'Afghanistan, en échange d'une promesse par les talibans de bannir tout acte de terrorisme et de participer à des négociations avec le gouvernement de Kaboul avec lequel ils refusent jusqu'ici de parler.

Il lui demande aussi de s'engager dans des négociations avec les talibans pour parvenir à "un cessez-le-feu permanent et complet". L'accord prévoyait un début de discussions ce mardi, à priori à Oslo, mais cette échéance n'a pas été respectée pour différentes raisons.

Conformément à ce texte, l'armée américaine a annoncé mardi avoir commencé à se retirer de deux bases d'Afghanistan. Le nombre de soldats américains sur place devrait passer de 12.000 ou 13.000 actuellement à 8.600 d'ici mi-juillet et cinq de la vingtaine de bases américaines dans le pays doivent être évacuées.


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Les Etats-Unis, soucieux de mettre fin à la plus longue guerre de leur histoire, ont exhorté les deux parties à se retrouver à Doha pour des "discussions immédiates" afin de finaliser cet échange de prisonniers et ouvrir ainsi la voix aux véritables négociations inter-afghanes.

Ils ont aussi jugé que le niveau de violence de la part des talibans était "inacceptable" contre les Afghans dans les zones rurales. "Cela doit changer", a martelé la porte-parole de la diplomatie américaine Morgan Ortagus, affirmant que le président Ghani s'était engagé à nommer une équipe de négociateurs "inclusive" pour le dialogue avec les talibans dans "les tout prochains jours".

De son côté, le représentant permanent de la Chine auprès de l'ONU, Zhang Jun, a appelé la communauté internationale à aider l'Afghanistan à saisir l'occasion de faire la paix, après l'adoption de la résolution, ajoutant que les deux parties devraient travailler ensemble pour mettre activement cet accord en œuvre.

Kaboul libérera les prisonniers talibans pour faire "avancer le processus de paix"
  Publié le : mercredi, 11 mars 2020 14:08     Catégorie : Monde     Lu : 3 foi (s)   Partagez