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Chili: le président appelle à "un accord pour la démocratie"

Publié le : mardi, 25 février 2020 16:42   Lu : 0 fois
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Chili: le président appelle à "un accord pour la démocratie"

ALGER - Le président du Chili, Sebastian Pinera, a exhorté les Chiliens à s'unir en faveur d'un "accord majeur pour la démocratie et contre la violence", au lendemain d'une nouvelle manifestation marquée par des affrontements entre manifestants et force de l'ordre et au moment où des appels ont été lancés pour de nouveaux rassemblements au mois de mars prochain.

En effet, le Chili est secoué depuis quatre mois par un mouvement social sans précédent contre les inégalités et pour des réformes sociales, qui a fait 31 morts et de nombreux saccages et incendies d'établissements publics et commerciaux.

Ces manifestations ont d'abord éclaté, en octobre dernier, contre une hausse des tarifs du métro dans la capitale Santiago, puis se sont répandues à travers le pays alors que les Chiliens exprimaient leur mécontentement face au coût élevé de la vie, au manque de services publics et aux inégalités croissantes.

Après quelques semaines d'accalmie liées aux vacances d'été dans l'hémisphère sud, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées vendredi soir dans le centre de la capitale Santiago, sur l'emblématique Plaza Italia, pour réclamer une nouvelle fois au gouvernement de "profondes réformes".


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De violents affrontements ont eu lieu dimanche entre forces de l'ordre et des manifestants souhaitant l'annulation du festival musical de Via del Mar, un des plus grands événements de ce genre en Amérique latine, ont rapporté les médias.

La police, qui avait déployé un important dispositif de sécurité, a bloqué le passage des manifestants et les a repoussés avec du gaz lacrymogène et des camions lanceurs d'eau.

De nouveaux affrontements, de moindre ampleur que ceux de la veille, se sont produits lundi soir à Vino del Mar à proximité de la Quinta Vergara, le grand parc dans lequel se déroule le festival jusqu'au 28 février.

Parallèlement, de nouveaux appels à manifester ont été lancés pour le mois de mars, notamment le 8, à l'occasion de la Journée internationale des femmes, et le 29, "Jour du jeune combattant" pour continuer à faire pression sur le gouvernement en faveur de meilleurs services publics.

 

Mesures et réformes sociales pour calmer la rue

               

En réaction à ces manifestations, le président chilien, Sebastian Pinera, a appelé lundi à "un accord majeur pour la démocratie, contre la violence et pour la paix" et à "la coopération de tous les Chiliens de bonne volonté pour contribuer à guérir les blessures et à permettre au Chili de reprendre le chemin, du progrès, de la justice et de la paix", rappelant que "le Chili a déjà traversé trop de violence".

"Nous devons garantir l'ordre public et vivre en paix pour avoir un référendum qui soit démocratique, juste et transparent", a ajouté M. Pinera.

Le président Pinera, qui aura passé deux ans à la tête du Chili le 11 mars, est crédité du taux de popularité le plus bas (6%) depuis que cet indice existe. Son gouvernement a accepté quelques réformes qui n'étaient pas prévues dans son programme, en particulier en matière de retraites et de santé.


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Il a appelé les législateurs à travailler à l'adoption d'une série de réformes visant à répondre aux demandes des manifestants, y compris une augmentation du salaire minimum.  

L'administration Pinera a également présenté des projets de loi pour renforcer l'ordre public et permettre le déploiement de troupes afin de protéger les infrastructures essentielles, telles que les hôpitaux, les aéroports, les centrales électriques et les usines d'eau potable durant les manifestations. 

Outre un paquet de mesures sociales, le président a promulgué en décembre une loi permettant l'organisation d'un référendum le 26 avril sur un changement de la Constitution, une des principales revendications des manifestants. L'actuelle est héritée de la période de la dictature militaire d'Augusto Pinochet (1973-1990).

Un plébiscite prévu en avril sur la possibilité de modifier la Constitution pour mieux combler l'écart de richesse croissant dans l'une des principales économies d'Amérique latine. 

"Notre gouvernement va garantir ce plébiscite, et il respectera également la décision que les Chiliens prendront librement et indépendamment le 26 avril", a affirmé M. Pinera.

Chili: le président appelle à "un accord pour la démocratie"
  Publié le : mardi, 25 février 2020 16:42     Catégorie : Monde     Lu : 0 foi (s)   Partagez