L'armée syrienne progresse sur le terrain sur fond de tension à Idleb

Publié le : mercredi, 12 février 2020 13:22
L'armée syrienne progresse sur le terrain sur fond de tension à Idleb

ALGER - Les forces armées syriennes ont poursuivi leur progression contre les terroristes, reprenant pour la première fois depuis 2012 le contrôle du dernier tronçon d'une autoroute clé reliant Damas à Alep, dans le Nord-ouest de la Syrie dans un contexte de vive tension avec les troupes turques à Idleb.

Les forces syriennes ont repris mardi aux terroristes la dernière partie de cette autoroute M5, dans le sud de la province d'Alep, contrôlant ainsi l'intégralité de cet axe stratégique qui relie le sud du pays à la grande ville d'Alep, dans le Nord, en passant par la capitale Damas.

Elles ont sécurisé les environs de cette autoroute poursuivant leur avancée dans le nord-ouest du pays, et ont tenté également de déloger les groupes terroristes de cette zone.

La reprise de l'autoroute survient après des semaines d'offensive des forces gouvernementales soutenues par l'aviation russe contre les terroristes dans cette région d'Idleb, où des troupes turques possèdent plus de 12 postes d'observation militaire.

Lundi, cinq soldats turcs ont été tués et cinq autres blessés dans un bombardement dans la province d'Idleb. En réponse, Ankara a affirmé avoir riposté par des bombardements massifs, abattant un hélicoptère syrien près du village de Qaminas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui a précisé que les deux pilotes étaient décédés.

La semaine dernière, huit personnels militaires turcs avaient déjà été tués par des frappes aériennes dans la province d'Idleb.


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Ces échanges de tirs d'artillerie, qui interviennent alors qu'une délégation russe se trouvait à Ankara pour des pourparlers visant à trouver une solution à Idleb, risquent de provoquer une nouvelle escalade entre la Turquie et le gouvernement syrien.

La Turquie a menacé les forces syriennes de faire payer "très cher" toute nouvelle éventuelle "attaque" contre les forces turques, alors que l'armée syrienne a répondu être prête "à répondre aux agressions de l'armée turque" sur le territoire syrien.

Le Kremlin (présidence russe) a, de son côté, réclamé à la Turquie "l'arrêt de toute activité terroriste dirigée contre les forces syriennes et les installations militaires russes".

"Nous considérons toutes ces sorties d'Idleb comme inacceptables", a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole de la présidence russe, tandis que Washington a indiqué apporter un "franc soutien" à la Turquie "autant qu'il est possible".

Pour éviter une plus grande escalade, Ankara multiplie les contacts avec Moscou. Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est entretenu avec son homologue russe Vladimir Poutine et les deux dirigeants ont dit souhaiter mercredi "la mise en oeuvre complète" des accords de "désescalade" russo-turcs en Syrie, en évoquant en particulier la zone démilitarisée créée dans la région d'Idleb (nord-ouest), où les forces turques et syriennes se sont affrontées violemment ces derniers jours.

 

Tensions à Idleb et situation humanitaire précaire

 

Ces affrontements ont fait monter de plusieurs crans les tensions à Idleb, région où la situation humanitaire s'est gravement détériorée ces derniers mois, depuis le début en décembre de l'opération militaire que mène le gouvernement syrien contre les terroristes.

Sur le plan humanitaire, plus de 350 civils ont été tués, d'après l'OSDH et près de 700.000 personnes ont fui les combats dans la région d'Idleb.

Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (Ocha), "c'est le plus grand nombre de personnes déplacées sur une même période depuis le début de la crise en Syrie il y a bientôt neuf ans".

Face à l'ampleur de l'exode des civils, l'Ocha a fait état d'une "énorme opération humanitaire" avec l'envoi, pour le seul mois de février, de plus de 230 camions chargés d'aides, d'eau et de produits alimentaires via deux points de passages à la frontière turque à destination de 400.000 personnes.


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La situation à Idleb préoccupe particulièrement Ankara en raison de sa proximité avec la frontière turque, vers où les civils fuient, mais Ankara ne veut pas les laisser entrer car plus de 3,5 millions de Syriens ont déjà trouvé refuge sur son sol depuis 2011, redoutant qu'une offensive de grande ampleur ne déclenche une nouvelle vague migratoire vers la Turquie.

Les déplacés sont ainsi contraints de camper où ils peuvent dans des conditions très difficiles, accentuées par le froid.

"Les camps actuels de déplacés (...) sont bondés, et les abris dans des maisons deviennent rares. De nombreuses écoles et de mosquées sont pleines de familles de déplacés, et le fait même de trouver une place dans un bâtiment inachevé est devenu quasi impossible", a déclaré le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).

La crise en Syrie a fait plus de 380.000 morts et plus de 20 millions de déplacés depuis son déclenchement en 2011.

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  Publié le : mercredi, 12 février 2020 13:22     Catégorie : Monde     Lu : 27 foi (s)   Partagez