Irak: le mouvement de contestation divisé entre pro et anti-Allawi

Publié le : lundi, 03 février 2020 19:29   Lu : 21 fois
Irak: le mouvement de contestation divisé entre pro et anti-Allawi

ALGER , 3 fév 2020 (APS) - Le mouvement de contestation de la classe politique en Irak est divisé entre ceux désirant donner une chance au Premier ministre désigné, Mohammed Allawi, comme le réclame le dignitaire religieux Moqtada Sadr et ceux qui y sont opposés.

Lundi, deux camps se sont dressés l'un face à l'autre sur les places de Baghdad et du sud de l'Irak: d'un côté, les partisans de Sadr sous des tentes qui restent dans la rue à l'appel de leur leader, de l'autre les manifestants anti-gouvernementaux, majoritairement jeunes, qui veulent en découdre et qui refusent tout politicien ayant de près ou de loin servi un système qu'ils rejettent en bloc, rapportent les médias.

Samedi déjà, des dizaines de manifestants partisans de Moqtada Sadr avaient pris d'assaut un "restaurant turc", surplombant l'emblématique place Tahrir de Baghdad, véritable "tour de contrôle de la révolution" occupée durant des mois par les manifestants.


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Ils en avaient chassé les jeunes installés depuis octobre et enlevé toutes les banderoles énumérant les revendications et conspuant les politiciens. Dès dimanche soir, redoutant probablement des violences, les manifestants qui rejettent la désignation de M. Allawi ont resserré leur campement sur la place Tahrir de Baghdad, ont indiqué des militants. Ils ont regroupé les tentes les plus éloignées de l'épicentre de la contestation, déjà émaillée par plus de 480 morts, quasiment tous des manifestants.

Etant donné que le mouvement s'est divisé en deux et qu'il y a beaucoup de monde des deux côtés,  certains observateurs redoutent un affrontement entre les deux camps.

M.Allawi a été nommé samedi par le président Barham Saleh, deux mois après la démission d'Adel Abdel Mahdi, poussé par les manifestations de rues.

 

 Appels à éteindre les étincelles de la crise

 

La nomination du Premier ministre désigné, Mohammed Allawi, est rejetée par les manifestants qui veulent le départ de l'ensemble du système politique et jugent ce politicien de 65 ans "trop proche de l'élite dirigeante" malgré ses promesses de répondre aux demandes clés de la contestation.

Moqtada Sadr lui a dores et déjà apporté son soutien --et celui de sa base populaire de plusieurs millions d'Irakiens--, fracturant la révolte populaire lancée début octobre.

Mais il a ensuite nuancé son soutien en appelant ses fidèles à rester dans la rue, ajoutant à la tension. Et lundi, les sadristes --identifiables à leurs casquettes bleues-- se sont déployés autour des écoles et des administrations à Kout et al-Hilla (sud) pour s'assurer qu'elles rouvriraient après des semaines de fermetures imposées par un mouvement de "désobéissance civile".


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A Nassiriya, là où la désobéissance civile a été l'une des plus fortes, une figure de la contestation, Alaa al-Rikaby, a proposé de s'opposer aux partisans de Sadr.

"Prenons l'initiative, rouvrons les écoles et les administrations dès demain pour ne laisser cette opportunité à personne d'autre", a-t-il lancé dans une vidéo postée sur Twitter. Ce pharmacien de formation a toutefois aussitôt ajouté, renvoyant dos-à-dos sadristes et autorités: M. Allawi n'est "pas le choix du peuple".

A Bassora, la grande ville du sud côtier, les étudiants ont déplacé leurs tentes pendant la nuit, s'éloignant de celles occupées par les sadristes. "Si les sadristes s'approchent, ne les approchez pas, ne créez pas de problème", lancait un haut-parleur.

M.Allawi, qui a été ministre des Télécommunications de 2006 à 2007 puis de 2010 à 2012, a un peu moins d'un mois pour former son gouvernement qui devra obtenir la confiance du Parlement. Samedi soir, il a promis un gouvernement représentatif et des élections anticipées, assurant également que justice serait rendue dans la mort des manifestants.

Et dans la nuit de dimanche à lundi, il a appelé les manifestants à "éteindre les étincelles de la crise". "Sinon, nous perdrons toutes les avancées énormes déjà réalisées et entraînerons notre pays dans l'abîme", a-t-il averti.

Irak: le mouvement de contestation divisé entre pro et anti-Allawi
  Publié le : lundi, 03 février 2020 19:29     Catégorie : Monde     Lu : 21 foi (s)   Partagez