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26/03/2017 21:46

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La police marocaine expulse un photographe indépendant espagnol de la ville occupée d'El-Aâyoune

MADRID- La police marocaine a expulsé jeudi le photographe indépendant espagnol Bernat Millet de la ville sahraouie occupée El-Aâyoune, rapporte vendredi la presse espagnole.

Le photographe espagnol, accusé par les autorités marocaines "de travailler avec les activistes sahraouis qui militent pour le droit de leur peuple à l’indépendance" est entré mercredi dernier par route à El-Aâyoune, a déclaré Bernat Millet à l’agence "efe".

Il a précisé qu'il a été "détenu la nuit, dans un point de contrôle à El-Aâyoune pendant trois heures puis forcé à prendre un taxi en direction de la ville d’Agadir".

S’apercevant que le photographe n’est pas un "simple touriste" et ayant eu des contacts avec des journalistes sahraouis activant pour la cause de leur pays, la police l’a réprimandé en l’expulsant d'El-Aâyoune, précise la même source.

Bernat Millet, âgé de 30 ans voulait, a-t-on indiqué, réaliser un reportage photographique sur "la vie du peuple sahraouie et les différentes formes des violations des droits de l’homme commises par l’occupant marocain depuis plus de 40 ans". 

Surveillé par la police qui suivait ses mouvements, le jeune photographe catalan qui a contacté le président d’une équipe de journalistes sahraouis militant pour les droits de l’Homme, a été arrêté, interrogé puis expulsé hors des territoires sahraouis occupés.

Le photographe espagnol a exprimé son indignation et a dénoncé par ailleurs "la violation de la liberté d'expression et l'exercice du journalisme libre dans le territoire du Sahara occidental occupé par le Maroc".

L'organisation britannique de défense des droits de l'Homme (ADALA) avait mis en garde en janvier dernier, contre "l'expulsion arbitraire" des observateurs internationaux par les autorités d'occupation marocaines du Sahara occidental.

L'ONG a recensé "l'expulsion arbitraire" de pas moins de 85 personnes, entre observateurs étrangers, défenseurs des droits de l'Homme, journalistes et d'autres militants de la cause sahraouie, assurant que le but de ces actions répressives était de "faire taire la voix des défenseurs des droits de l'Homme dans les territoires sahraouis occupés".

L'ONG avait rappelé que le Sahara occidental relève d'un processus de décolonisation consacré dans les résolutions des Nations Unies, et de ce fait, "le Maroc ne dispose d'aucun droit d'interdire aux journalistes et observateurs internationaux d'entrer au Sahara occidental".