PLF 2020: le Gouvernement a opté pour des "solutions faciles"

Publié le : jeudi, 07 novembre 2019 10:19
PLF 2020: le Gouvernement a opté pour des "solutions faciles"

ALGER - Des députés de l'Assemblée populaire nationale (ANP) ont critiqué certaines procédures contenues dans le projet de loi de Finances 2020 (PLF 2020), notamment celles relatives à l'augmentation de taxes et d'impôts dans certains domaines, ce qui est à même d'affaiblir le pouvoir d'achat du citoyen, estimant que le Gouvernement s'est tourné vers "des solutions faciles" dans l'élaboration des textes au lieu "de réformes profondes fondées sur des bases économiques et commerciales".

Lors de la séance d'après-midi consacrée à l'examen du PLF 2020, les députés ont déploré l'absence "d'un réel diagnostic" de la situation économique difficile que traverse le pays et "l'incapacité du Gouvernement à proposer des solutions efficaces" aux problèmes que connait l'économie nationale, à l'image de la diversification de l'économie locale, la réduction de la dépendance aux hydrocarbures, l'amélioration du climat de l'investissement, la relance des projets productifs, l'amélioration du recouvrement fiscal et la réforme des banques et du système financier et douanier, ajoutant que le Gouvernement a préféré "recourir aux procédures classiques à même de couvrir le déficit budgétaire et d'imposer au citoyen plus de taxes directes et indirectes".

Le député Ahmed Seliaa (groupe des indépendants) a indiqué, dans ce sens, que le Gouvernement "n'a consenti aucun effort" pour l'élaboration du PLF 2020, ajoutant qu'il s'est tourné vers "les solutions faciles et d'austérité, à l'instar de la réduction des budgets et l'augmentation de certaines taxes afin de couvrir le déficit budgétaire, ce qui est à même d'affecter le pouvoir d'achat du citoyen, et ce malgré que le Gouvernement se dit attaché au caractère sociale de l'Etat".

De son côté, le député Akacha Fakih (TAJ) a fait savoir que le PLF 2020 "n'est pas à la hauteur des aspirations des citoyens", car contenant des "procédures classiques" sans pour autant proposer des solutions objectives pour sortir de l'économie rentière et promouvoir les secteurs de l'Agriculture, de l'Industrie et du Tourisme, ajoutant que le PLF 2020 est exempt de réformes dans les domaines financiers, monétaires et fiscaux, outre le changement de la monnaie à même d'absorber la masse monétaire se trouvant en dehors des banques.

"L'économie nationale a besoin de procédures efficaces au lieu de solutions de rechange", a-t-il poursuivi.


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Pour sa part, la députée Imen Arada (RND) a estimé que le PLF 2020 "n'a rien apporté de nouveau, comprenant seulement des mesures classiques", déplorant, dans ce sens, certaines taxes ayant été imposées.

Elle a appelé, également, à "la modernisation du système financier et douanier pour une meilleure maitrise et l'élargissement de l'assiette fiscale au lieu d'imposer à chaque fois de nouvelles taxes et impôts aux mêmes catégories de la société".

De son côté, la député Zoulikha Ourezdini (Union Nahda-Adala-Bina) a déploré le recours du Gouvernement aux "moyens les plus faciles" afin de financer le déficit budgétaire, en l'occurrence "les poches des citoyens", sans pourvoir parvenir à de nouvelles solutions innovantes à même de diversifier et financer l'économie nationale, ajoutant que le système fiscal "injuste" tient toujours étant consacré dans ce texte.

"Le simple fonctionnaire paie plus d'impôts que les entreprises productives et les investisseurs", a-t-il souligné.

De son côté, le député du FLN, Hicham Rahim a indiqué qu’en dépit de la circonstance socioéconomique difficile dans laquelle intervient ce texte de loi et des fluctuations des cours de pétrole, ce PLF "n’a pas apporté des solutions à l’équation de sortie de l’économie rentière sans toucher au caractère social de l’Etat", appelant le gouvernement "à bien réfléchir à une nouvelle vision économique basée sur des principes économiques et commerciaux".

Il a fustigé, en outre, "le maintien de la politique des subventions adressées à tous les Algériens au lieu de trouver de nouveaux moyens pour les adresser aux catégories qui en ont vraiment besoin".

Pour sa part, le député du Parti des Travailleurs (PT), Hicham Chelghoum a critiqué l’absence, au titre du PLF 2020, de nouvelles mesures d’amélioration de la recette fiscale auprès "des riches", indiquant que "le citoyen ordinaire paie à travers l’Impôt sur le revenu global (IRG), plus que ne le font ses employeurs".


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De plus, il a évoqué la création de 33.000 postes seulement dans le cadre du projet de loi alors que le nombre de diplômés des instituts et universités dépasse annuellement 150.000, ajoutant que le déficit enregistré par la Caisse nationale des Retraites (CNR) à hauteur de 700 milliards DA était dû au faible recrutement et à la non déclaration par les établissements, notamment privés, de leurs travailleurs, un dossier, dit-il, "qui n’a pas été évoqué par le gouvernement dans ses mesures".

De son côté, le député de l’Union Nahda-Adala-Bina, Abdelhamid Touakin a indiqué que le PLF proposé "rend l’Algérie dépendante des cours du pétrole" et prouve que le gouvernement reste "incapable" de trouver des alternatives en l’absence d’une stratégie de diversification agricole et industrielle et de l’exploitation optimale des richesses que recèle notre pays, critiquant la mesure permettant de recourir à l’endettement extérieur en vue de financer les projets après l'expérience du financement traditionnel.

"Ce déficit" rend le citoyen algérien le maillon faible auquel fait recours le gouvernement à chaque reprise, a-t-il martelé.

Le député du FLN, Ibrahim Laaroussi a, quant à lui, estimé que ce texte "n’a pas apporté un grand changement" par rapport à son prédécesseur, car ne contenant pas de nouvelles mesures, notamment en ce qui concerne la subvention qui "n’est pas adressée, selon lui, aux personnes concernées", alors que le simple citoyen souffre encore au vu de la dégradation de son pouvoir d’achat.


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Par ailleurs, le député du Groupe d’Indépendants, Kada Kouadri a fustigé la suppression de la règle 51/49 relative aux investissements étrangers en Algérie, "signe de souveraineté nationale", sans identification des secteurs stratégiques que touchera cette dérogation, ce qui constitue, selon lui, un dépassement du rôle de contrôle que doit mener le Parlement", ajoutant que le PLF 2020 a fait recours aux solutions faciles, à savoir "le financement non conventionnel, l’endettement extérieur ou la poche du citoyen" afin de couvrir le déficit budgétaire.

A ce titre, il a appelé à revoir la nature de l’économie nationale, "fondée sur la distribution et pas la production", et ce en trouvant des alternatives efficaces et en renonçant aux solutions classiques dans sa gestion.

Pour rappel, le ministre des Finances, Mohamed Loukal avait présenté, mercredi, le projet de loi de Finances (PLF 2020) devant l'Assemblée populaire nationale (APN), lors d'une séance plénière, présidée par Slimane Chenine, président de l'APN, en présence de plusieurs ministres.

L'examen du PLF 2020 par l'APN se poursuivra deux jours durant, avant la réponse du ministre du secteur prévue jeudi. Le PLF 2020 sera présenté, jeudi, au vote en séance plénière de l’APN.

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  Publié le : jeudi, 07 novembre 2019 10:19     Catégorie : Economie     Lu : 18 foi (s)   Partagez