Suspension provisoire d'importations: La réaction de l’UE est "contradictoire" (CNES)

Publié le : mercredi, 18 avril 2018 14:11   Lu : 327 fois
Suspension provisoire d'importations: La réaction de l’UE est "contradictoire" (CNES)

ALGER - La réaction de l’Union européenne (UE) à l'égard des mesures prises par l'Algérie pour faire face au déséquilibre de sa balance des paiements est "contradictoire" et "paradoxale", a affirmé mercredi le vice-président du Conseil national économique et social (CNES), Mustapha Mekideche.

S’exprimant sur les ondes de la Radio nationale, M. Mekidèche a considéré que la réaction de l’UE, qui a même suscité des critiques de la part du Forum des chefs d'entreprises (FCE) et de l'UGTA, intervenait dans un  contexte et un timing "particulièrement mal choisis".

En effet, a-t-il expliqué, la réaction de l’UE vis-à-vis des mesures prises par l’Algérie, à travers la suspension provisoire de certaines importations, sur la base du principe de la sauvegarde de l'économie nationale, intervient au moment où les échanges économiques avec les pays membres de l’UE se développent.

A ce propos, il a relevé que cette attitude de l'UE se manifeste alors que des accords importants dans le domaine des hydrocarbures ont été conclus récemment entre l'Algérie et l'Italie, et que des partenariats entre des entreprises européennes et algériennes se sont noués dans le secteur de l’automobile, sans compter la levée des restrictions à l'importation de certains intrants nécessaires à l’économie algérienne.


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A ce propos, M. Mekidèche a constaté une hausse de la facture d’importations SKD et CKD au profit de constructeurs automobiles européens (français et allemands). 

Le vice-président du CNES a déploré l’absence d’une attitude "plus compréhensive" de la part des partenaires économiques européens à un moment où l’Algérie est confrontée à une baisse drastique de ses recettes en devises.

Pourtant, a-t-il poursuivi, les exportations de l’UE vers l’Algérie n'ont pas connu une forte baisse puisqu'elles sont passées de 22 milliards de dollars en 2016 à 20 milliards de dollars en 2017, sachant que les exportations européennes représentent la moitié du montant de la facture globale des importations de l'Algérie.

Dans ce sillage, M. Mekidèche a aussi regretté "l’asymétrie" persistante sur le plan économique entre l'UE et l'Algérie depuis 2005, date de la signature de l’Accord d’association avec l’UE.

Pour réduire cette asymétrie, qui est en faveur de l'UE, a-t-il préconisé, cela devrait passer par le développement des activités dans le secteur privé et la concrétisation des investissements au-delà des échanges commerciaux dans lesquels ne devrait pas se limiter la coopération entre l’UE et l'Algérie. 

Pour rappel, le FCE et l'UGTA avaient exprimé mardi leur "préoccupation à la suite de déclarations récurrentes de hauts responsables d’institutions de l’Union européenne sur les mesures engagées par l’Algérie pour faire face au déséquilibre important de la balance des paiements et au déficit budgétaire qui menaçaient sa souveraineté financière et économique".

 Dans une déclaration commune, le FCE et l'UGTA avaient noté que ces mesures de protection ne remettent nullement en cause la volonté de l’Algérie de consolider sa coopération économique avec ses partenaires stratégiques dont l’UE fait partie.

Pour sa part, le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, avait appelé, lors du forum d’affaires algéro-espagnol tenu en début avril à Alger en présence de son homologue espagnol, Mariano Rajoy Brey, à la "compréhension" des fournisseurs traditionnels de l'Algérie quant aux mesures de sauvegarde commerciales prises par le gouvernement algérien pour rééquilibrer la balance des paiements.

"Je me dois de vous dire que l’Algérie traverse une période difficile financièrement du fait de la chute des prix des hydrocarbures qui ont gravement affecté sa balance des paiements", avait-il expliqué.

Devant cette situation, "le gouvernement, qui a décidé de préserver la dynamique de croissance économique et de développement social et culturel, a pris les mesures qui s’imposaient, notamment des dispositions transitoires de sauvegarde en matière de commerce extérieur", avait soutenu  M. Ouyahia qui avait espéré la "compréhension" des fournisseurs traditionnels, et ce, "dans le cadre de la solidarité".

Suspension provisoire d'importations: La réaction de l’UE est "contradictoire" (CNES)
  Publié le : mercredi, 18 avril 2018 14:11     Catégorie : Economie     Lu : 327 foi (s)   Partagez