PLF 2018: appel à la poursuite des réformes, l'opposition fustige la hausse des prix du carburant

Publié le : mercredi, 15 novembre 2017 09:24   Lu : 548 fois
PLF 2018: appel à la poursuite des réformes, l'opposition fustige la hausse des prix du carburant
Photo APS

 

ALGER - Les avis des présidents des groupes parlementaires étaient mitigés, mardi lors du débat du projet de loi de finances 2018 (PLF 2018), entre partis de la majorité favorables aux mesures prévues dans ce texte pour la poursuite des réformes économiques et les représentants des partis de l'opposition qui critiquent sa teneur,  notamment l'augmentation des prix du carburant, exigeant l'orientation des transferts sociaux vers les ayants-droit et l'application rigoureuse de l'impôt sur la fortune (ISF).

Les présidents des groupes parlementaires du parti du Front de libération nationale (FLN), du Rassemblement national démocratique (RND), du Mouvement populaire algérien (MPA), de Tajamou Amal El Jazair (TAJ) et du groupe des indépendants ont salué la teneur du PLF 2018 lors d'une séance plénière de l'APN, consacrée aux interventions des présidents des groupes parlementaires sous la présidence de Saïd Bouhadja, président de l'APN, en présence du ministre des Finances et de membres du Gouvernement.

Les dispositions du PLF 2018 tiennent compte de la conjoncture économique actuelle et présentent les solutions adéquates pour la surmonter, ont-ils affirmé.

Le président du groupe parlementaire du RND, Belabbes Belabbes a salué le maintien des transferts sociaux, outre la subvention des produits de large consommation, l'ouverture de postes d'emploi, l'augmentation du budget  d'équipement et le rétablissement des subventions en faveur des agriculteurs et l'appui au Fonds pour le sud et les Hauts plateaux, de même que l'ouverture de guichets pour les transactions islamiques qu'il a qualifiés de message fort pour les catégories refusant les transactions recourant à l'usure.


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M. Belabbes a présenté une série de recommandations axées essentiellement sur l'accompagnement des petites et moyennes entreprises (PME), en œuvrant à trouver des sources de financement supplémentaires et à orienter  l'investissement vers le sud, en impliquant le secteur privé dans le développement de l'économie nationale.

Il a appelé à davantage de flexibilité dans le recouvrement fiscal, à travers l'introduction de la numérisation, estimant que l'intervention de l'Etat s'imposait en cas de déficit des Collectivités locales.

A l'exception des recommandations soumises, le groupe parlementaire du RND n'a proposé aucun amendement au PLF.

Le président du groupe parlementaire du FLN, Saïd Lakhdari a rappelé que grâce à la décision du président de  la République, l'Algérie a réussi à absorber le choc financier induit par le recul des revenus de l'Etat à la faveur du paiement anticipé de la dette extérieure.

Concernant les allégations de l'opposition selon lesquelles l'Etat aurait "dépensé vainement 1.000 milliards de dinars",  M. Lakhdari a souligné que ces fonds avaient été consacrés au financement d'une centaine de projets de  réalisation d'infrastructures, à savoir des routes, hôpitaux et des logements.

Concernant les transferts sociaux, l'intervenant a estimé que l'opposition se devait d'apporter des alternatives au lieu de s'intéresser uniquement aux destinataires, défendant le recours de l'Etat au financement non  conventionnel. Le plus important est de ne pas recourir à la dette extérieure, a-t-il précisé.

Le président du Mouvement populaire algérien (MPA), Cheikh Berbara, a mis en exergue le soutien de son parti au gouvernement et au PLF 2018, soutenant que les députés du MPA voteront en sa faveur.

M. Berbera a salué les augmentations des transferts sociaux, estimant nécessaire d'engager des réformes économiques immédiates et audacieuses, d'ouvrir un débat franc autour de l'économie parallèle et de ne pas compter uniquement sur le recrutement dans le secteur de la fonction publique. Il a exhorté également les consulats à l'étranger à oeuvrer à drainer davantage d'investisseurs vers l'Algérie.

Pour sa part, la présidente du groupe parlementaire du parti Tajamou Amel El Jazair (TAJ), Karima Othmane, a salué l'amélioration de l'exploitation des déchets, appelant à la poursuite avec détermination des mesures de  rationalisation des dépenses.

Le président des Indépendants, Salim Osmani, a relevé les écarts de croissance et de développement entre les secteurs, soulignant que la construction des structures publiques doit être accompagnée d'une gestion judicieuse.

Par ailleurs, l'intervenant a mis l'accent sur l'importance de recourir à l'administration électronique pour améliorer le recouvrement fiscal.

 

L'opposition présente 52 amendements pour le PLF 2018

 

L'opposition a fustigé les augmentations des prix du carburant, proposant d'orienter les subventions vers les ayants-droits et d'introduire des amendements au projet en question.

Le président du groupe parlementaire du Mouvement de la Société pour la Paix (MSP) considère que le PLF 2018 prévoyait des impôts et des augmentations supplémentaires, mettant en avant les éventuels risques pouvant découler de l'augmentation du taux d'inflation en raison du recours au financement non conventionnel sur le pouvoir d'achat du citoyen.

Selon l'intervenant, le caractère social de l'Etat ne peut être consacré qu'à travers des mécanismes performants", ajoutant que les subventions dans leur forme actuelle sont profitables aux pauvres et aux riches et même aux  étrangers.

Il a précisé dans ce sens que l'opposition avait présenté 52 amendements concernant le PLF 2018, rejetant la programmation du vote du projet après les élections locales.

Le président du groupe parlementaire du Parti des Travailleurs (PT), Ramdane Taazibt, a précisé que l'Algérie disposait de tous les moyens financiers et richesses naturelles et humaines qui lui permettent de surmonter la conjoncture actuelle.

Selon M. Taazibt, la situation actuelle nécessite la mobilisation par le gouvernement d'outils juridiques pour restituer les fonds de la communauté nationale à l'instar des impôts "non recouvrés" et la prise de mesures  légales pour récupérer les crédits bancaires "non payés".


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Le responsable a plaidé pour la création effective d'un impôt sur la fortune (ISF) et la présentation d'un bilan exhaustif sur l'opération de privatisation des entreprises publiques.

L'intervenant considère que le projet est porteur de mesures "austères qui ont un impact sur le pouvoir d'achat du citoyen", rejetant les augmentations du prix du carburant, le gel du recrutement dans la fonction publique et l'absence d'une revalorisation des salaires.

M. Taazibt a critiqué en outre la "réduction des budgets" des collectivités locales, appelant à la mobilisation de tous les moyens en leur faveur en tant qu'institutions centrales dans le développement local.

Le président du groupe de l'Union Ennahda-Adala-Bina, Lakhdar Benkhellaf a fustigé l'augmentation des prix des carburants qui induira, selon lui, "un renoncement au respect des engagements sociaux et au soutien des catégories démunies notamment en matière de prestations et d'activités basées sur cette matière vitale dont les transports, l'agriculture et la pêche.

Il a déploré la révision à la hausse d'autres taxes liées aux domaines du foncier, de l'investissement, des télécommunications et de l'environnement et la réduction du budget des secteurs de la santé, de l'éducation  nationale et de la formation professionnelle". Quant aux transferts sociaux, "9,7% seulement de ces transferts sont versés aux plus démunis", a-t-il dit.

S'agissant de l'impôt sur la fortune (ISF), M. Benkhellaf a précisé qu'il "est tributaire du sérieux du gouvernement à l'imposer", d'autant que celui-ci ne dispose pas de statistiques exactes sur le nombre des riches et des démunis, s'interrogeant sur le mode de collecte de cet impôt.


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Il a appelé à la révision de la politique de recouvrement fiscal et du remboursement des crédits accordés lors de l'aisance financière, déplorant la révision à la baisse du budget de certains secteurs vitaux et sensibles à l'instar des secteurs de la santé et de l'éducation nationale.

Le président du groupe parlementaire du Front des forces socialistes (FFS), Chafaa Bouaich a estimé que le gouvernement avait opté pour "des solutions de facilité, au détriment du peuple qui doit payer une lourde  facture, des facilités qui auront un impact direct sur le fonctionnement des institutions".

Le gouvernement "a réduit la crise en une crise de liquidité", a-t-il dit, s'interrogeant sur les raisons ayant empêché les précédents gouvernements de présenter leurs bilans respectifs devant les parlementaires.

Le président du groupe du Front Al-Moustakbal, Hadj Belghouti a affirmé que le PLF "ne prévoit aucune mesure pour l'application du plan du gouvernement", appelant à l'amélioration du rendement de la Direction des impôts et à la lutte contre la corruption. Il a critiqué l'augmentation des prix des carburants, estimant que la suppression des subventions des produits pétroliers aura un impact direct sur les prix des produits agricoles et les transports.

Les transferts sociaux "ne sont pas versés aux ayants droit", a-t-il précisé, soulignant qu'ils demeurent au deçà du niveau requis.

 

Concernant l'ISF, il a affirmé qu'il n'était pas utile en raison de la difficulté d'établir une liste des personnes fortunées", qualifiant d'"irrationnelle" la délimitation du seuil de la franchise fiscale à 50 millions de dinars, du fait qu'elle touchera la classe moyenne, appelant à élever ce seuil à 100 millions de dinars".

PLF 2018: appel à la poursuite des réformes, l'opposition fustige la hausse des prix du carburant
  Publié le : mercredi, 15 novembre 2017 09:24     Catégorie : Economie     Lu : 548 foi (s)   Partagez