Aïn Defla : le dialogue, moyen "unique" pour la résolution des conflits les plus complexes (intellectuels et hommes de foi)

Publié le : samedi, 12 octobre 2019 12:32

AIN DEFLA - Outil de communication créatif et collaboratif qui diffère des autres formes de communication, le dialogue constitue, incontestablement, un moyen "unique" dans la résolution des conflits les plus complexes, insistent des intellectuels et des hommes de foi à Aïn Defla.

Réfutant toute "logique passionnelle de l'exclusion", ces érudits ont soutenu que le dialogue et la concertation mutuelle sont à même de mettre fin à toutes les divergences, faisant remarquer que l’incompréhension et l’intolérance constituent, souvent, les vecteurs de la violence.

Se mettre autour d’une table, tracer un cadre serein et responsable pour aplanir les difficultés sont des préalables pour l’instauration d’un véritable dialogue dont l’objectif premier est de permettre de renouer la confiance et la compréhension entre toutes les composantes de la société.

Soutenant que le dialogue représente l’une des formes de communication les plus efficientes, l’expert en sciences de l’information et de la communication à l’université Djilali Bounaâma de Khémis Miliana, Dr Titaouni El Hadj, a observé que l’amorce d’un dialogue suppose l’existence de divergences de points de vue entre deux ou plusieurs parties.

"Il est clair que l’on ne peut pas parler de dialogue pour deux parties qui sont déjà sur la même longueur d’ondes", a-t-il fait remarquer, observant qu’outre l’opportunité qu’il offre en matière de "découverte de l’autre", le dialogue permet de conforter une évidence en vertu de laquelle les gens sont, par essence, différents.

La nécessité de "se libérer" d’un certain nombre de clichés et de préjugés se rapportant à l’interlocuteur est "vitale" pour amorcer un dialogue empreint de réalisme, a-t-il en outre estimé, faisant remarquer que le souci d’avancer dans le débat exige que chacune des deux parties bannisse "toute forme de narcissisme".

"Encourager l’avènement d'une société de débat au lieu de combat est, en vérité, l’objectif le plus attendu du dialogue", a-t-il fait savoir, mettant l’accent sur le fait que le lieu de débat n'est pas une foire d'empoigne.

"Parfois, pour ne pas dire souvent, les débats publics tournent chez nous à l’invective, voire carrément à l’altercation", a-t-il déploré, faisant état de la mise en place d’un module dédié aux "vertus du dialogue" au profit des étudiants préparant un Master à la faculté des sciences de l’information et de la communication de Khémis Miliana.

Evoquant l’élite, Dr Titaouni, également directeur d’un laboratoire de recherches au sein du même établissement universitaire dont l’intitulé est "l’information, l’opinion publique et la création des valeurs", a mis en évidence son rôle en matière d’explication des vertus du dialogue, observant que dans les pays développés, l’élite est consultée par le pouvoir politique en place car constituant "une force de proposition".

"L’élite fait malheureusement preuve d’une absence criarde des débats intéressant la société alors que, paradoxalement, du temps du parti unique, elle était plus influente à la faveur de son haut degré de mobilisation, de culture et d’engagement", a-t-il déploré.

Abordant le hirak (Ndlr, mouvement populaire enclenché le 22 février dernier), il a estimé que l’élite aurait dû en être à l’avant-garde et non pas se contenter d’un rôle secondaire, rappelant que les cadres doivent être imbus de nationalisme et de patriotisme.

 

Des mots pour des maux

 

Lui emboitant le pas, le responsable du service de l’enseignement coranique, de la formation et de la culture islamique à la direction des Affaires religieuses et des wakfs de Aïn Defla, Benyamina Zitouni a, de son côté, soutenu qu’un dialogue empreint de sérénité, de modestie et d’esprit responsable est à même de mener au dénouement escompté par chacun des parties en conflit.

Relevant que le saint Coran regorge de versets incitant au dialogue, il a noté que cet état de fait traduit le rôle dévolu à ce procédé révélateur de sagesse et d’esprit éclairé.

"Si Dieu, le seigneur des terres et des cieux, a conversé avec Satan avant qu’il ne le fît sortir du paradis en compagnie d’Adam et d’Eve, alors pourquoi nous autres humains, refusons de communiquer avec nos semblables, pensant détenir la vérité absolue ?", s’est-il interrogé.

Se référant à de nombreux faits se rapportant aux premiers temps de l’avènement de l’Islam, il a soutenu que le prophète (QSSL) lui-même débattait avec ses ennemis les plus redoutables, leur donnant toute la latitude de s’exprimer sans les interrompre à aucun moment de la conversation.

"Nombre d’autres envoyés de Dieu ont également tenu avec les gens d’alors un dialogue scientifique plein de preuves irréfutables sur le bien-fondé de leur mission, ne s’emportant guère s’ils constataient un refus d’adhésion à leur thèses", a-t-il dit, relevant que cet état de fait atteste de la tolérance de la religion même avec ceux avec lesquels on ne partage pas les mêmes convictions.

Pour cet homme de foi, l’absence de dialogue entre un homme et sa femme, un patron et son employé ou une personne et son voisin est inconcevable, estimant qu’en cette période "incandescente" que traverse le pays, les paroles qui clivent et qui hystérisent le débat sont assimilables à "des allumettes sur un baril de poudre".

"Il est de notre devoir d’œuvrer à promouvoir le dialogue nonobstant nos divergences car les mots justes dénotant d’une grande sagesse peuvent réduire les distances, attendrir les cœurs en chassant le négativisme et l’égoïsme y régnant", a-t-il dit.

Aïn Defla : le dialogue, moyen "unique" pour la résolution des conflits les plus complexes (intellectuels et hommes de foi)
  Publié le : samedi, 12 octobre 2019 12:32     Catégorie : Algérie     Lu : 38 foi (s)   Partagez