Marches à Alger: les manifestants pour le "changement radical" et le "départ des symboles de l'ancien système"

Publié le : vendredi, 12 juillet 2019 17:52   Lu : 77 fois

ALGER - Les citoyens ont investi les rues d'Alger pour le 21ème vendredi consécutif à l'occasion des marches populaires pacifiques en réitérant les mêmes slogans et mots d'ordre, notamment leur "attachement au changement radical" et au "départ de tous les symboles de l'ancien système".

Visiblement moins nombreux que vendredi dernier qui avait coïncidé avec la célébration du 57ème anniversaire de l'indépendance et de la jeunesse, les citoyens ont quand même maintenu la mobilisation et ont investi les principales rues de la capitale malgré un soleil de plomb et une chaleur suffocante.

Ces marches sont intervenues également dans le prolongement de la nuit blanche qu'avait connue Alger la veille, à l'instar des autres wilayas du pays, à la faveur de la qualification de l'équipe nationale de football à la demi-finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) qui se déroule en Egypte (21 juin-19 juillet 2019).


Lire aussi: Des marches pacifiques sous le signe de l'attachement des Algériens à l'unité du peuple et de la nation


Voulant également parer à d'éventuelles confrontations avec les forces de l'ordre, déployées à travers les rues d'Alger, les citoyens ont évité de brandir l'emblème amazigh. Ils étaient unanimes à lever haut et fort le drapeau national qui était omniprésent à l'occasion de ces marches, toujours marquées par leur caractère pacifique.

En ce sens, la mobilisation des manifestants est restée intacte, les premiers groupes ayant commencé à affluer vers la Grande poste et la Place Maurice-Audin dès la matinée, avant d'être rejoints par d'autres en début d'après-midi, juste après la prière hebdomadaire du vendredi.

Les manifestants ont par la suite sillonné les différentes artères de la capitale dans un climat serein, marqué par une grande solidarité dans la mesure où des bouteilles d'eau ont été offertes aux marcheurs pour se désaltérer et se rafraichir.

 

Soutien au dialogue national sans aucune exclusion

 

Aux slogans habituels réclamant un "changement radical" et "le départ de l'actuel Premier ministre, Nouredine Bedoui et son gouvernement", les manifestants ont réitéré les revendications exprimées depuis le début du mouvement citoyen le 22 février dernier, à savoir "la consécration de la justice et de la démocratie", ainsi que "la lutte contre la corruption" et "le jugement de tous ceux qui ont été impliqués dans la dilapidation des deniers publics".

Les citoyens ont également apporté leur "appui" à un "dialogue national sans aucune exclusion", refusant en même temps que "les prochaines élections présidentielles soient organisées et encadrées par des figures représentant l'ancien système".

Des manifestants ont pour leur part appelé à "la libération de tous les détenus" et brandi des pancartes et banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "La souveraineté appartient au peuple", "Les Algériens khawa khawa" (Les Algériens sont frères), alors que d'autres ont appelé à bannir toute forme de régionalisme ou de racisme.

L'accès au parvis de la Grande-Poste, lieu symbolique du Hirak, est toujours fermé, de même que le tunnel de la Faculté et les voies menant vers le Palais du gouvernement pour parer à tout dérapage.


Lire aussi: La lutte contre la corruption n'admet "aucune limite" et "aucune exception" à quiconque


En outre, ces marches interviennent dans le sillage de la poursuite du jugement et de la mise en détention provisoire d'anciens hauts responsables du pays, impliqués dans des affaires de corruption et d'abus de fonction.

Elles interviennent aussi au lendemain du discours du Général de corps d'Armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d'Etat-major de l'Armée nationale populaire (ANP) qui avait affirmé que l'Etat poursuivra le combat contre "la corruption sous toutes ses formes", soulignant que l'armée contribuera, en compagnie de la justice, à cet effort.

Le Général de corps d'Armée avait aussi exprimé son soutien à l’approche "raisonnable" contenue dans le dernier message du chef de l’Etat, "concernant l’effort à consentir afin de sortir le pays de sa crise actuelle", adressant en même temps "une sérieuse mise en garde" aux "supplétifs" et "inféodés de la bande" qui mènent des campagnes visant à "remettre en cause toute action qu’entreprend l’institution militaire" pour résoudre la crise.

Pour leur part, les participants au Forum du dialogue national, tenu samedi dernier à Alger, s'étaient engagés à élaborer une feuille de route "bien définie" pour règlement de la crise politique que traverse le pays, sur la base d'une solution dans "le cadre de la Constitution et répondant aux exigences de la solution politique", tout en affirmant que "le dialogue souverain est la seule voie pour surmonter la crise".

Media

Marches à Alger: les manifestants pour le "changement radical" et le "départ des symboles de l'ancien système"
  Publié le : vendredi, 12 juillet 2019 17:52     Catégorie : Algérie     Lu : 77 foi (s)   Partagez