Premiers enseignements de la découverte archéologique d'Aïn Boucherit (Sétif)

Publié le : jeudi, 27 décembre 2018 11:47   Lu : 35 fois
Premiers enseignements de la découverte archéologique d'Aïn Boucherit (Sétif)

PARIS - La professeure de paléontologie au Muséum national d’histoire naturelle de Paris, Brigitte Senut, a indiqué que la découverte d'outils très anciens à Aïn Boucherit (Sétif, 300 km à l'est d'Alger) questionne sur les migrations des hommes de l'Afrique vers l'Europe, soulignant que la région était "plus giboyeuse".

"Les découvertes d'outils très anciens dans le nord de l'Afrique nous questionnent sur les migrations des hommes de l'Afrique vers l'Europe. Il y a quelques jours on annonçait la découverte d'outils taillés très anciens, jusqu'à 2,4 millions d'années dans le nord de l'Afrique, en Algérie, dans la région d'Aïn Hanesh, sur le site d'Aïn Boucherit en particulier", a-t-elle précisé mercredi à France culture.

Cette découverte archéologique dans la région de Sétif informe sur les migrations anciennes des êtres humains, d'une zone à l'autre bout du monde: de l'Afrique orientale à l'Afrique du nord, et jusqu'à l'Europe, a-t-elle expliqué, relevant que c'est la première fois qu'on découvre des outils aussi anciens dans le bassin méditerranéen.


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Pour cette paléontologue, qui retrace dans ses recherches l'évolution biologique de l'humanité, la découverte d'Aïn Boucherit "nous remet en mémoire le fait que c'est un homme migrant qui se déplace et qui n'est pas restreint, contraint à une région précise", indiquant que les premières migrations se passaient vers 1,5 million d'années et que c'était l'Homo erectus ou l'Homo ergaster qui allait peupler le monde.

Elle a fait observer que l'environnement dans la région d'Aïn Hanech et sur le site d'Aïn Boucherit, en particulier, "était un milieu de savane humide donc était beaucoup plus humide que ce que l'on connaît aujourd'hui dans la région".

"C'était une région plus giboyeuse : on a des hippopotames, des antilopes... Donc c'était quelque chose d'important pour l'homme pour pouvoir se nourrir", a-t-elle ajouté.

Pour les outils découverts, la paléontologue a indiqué que "ce sont des outils classiques d'une culture qu'on a découverte à Olduvai en Tanzanie, donc c'est une culture ancienne qu'on a retrouvée au Kenya ou en Ethiopie, à Gona par exemple, mais également en Ouganda à Niabou vers 1,5 ou 1,8 million d’années".

"Parmi les outils ce sont en grande partie des noyaux de cailloux de calcaire qui ont été recassés, certains sur une face, d'autres un peu plus largement. Il y a des éclats et donc c'est relativement diversifié pour une culture très ancienne", expliquant que cela veut dire aussi qu'il y avait "probablement" consommation de viande, de moelle, et donc "ça nous apporte quelque chose d'important sur la paléobiologie, le paléo-comportement de ces hominidés anciens en dehors de l'Afrique orientale".

Premiers enseignements de la découverte archéologique d'Aïn Boucherit (Sétif)
  Publié le : jeudi, 27 décembre 2018 11:47     Catégorie : Algérie     Lu : 35 foi (s)   Partagez