Protection de l'enfance: l'Algérie poursuit ses efforts

Publié le : jeudi, 28 décembre 2017 18:17
Protection de l'enfance: l'Algérie poursuit ses efforts

ALGER- Le système de protection de l'enfant et de ses droits juridiques et moraux en Algérie s'est consolidé en 2017 par l'adoption d'une série de mesures venues s'ajouter aux efforts d'adaptation aux conventions internationales ratifiées et de lutte contre les dangers qui guettent cette catégorie, notamment la cybercriminalité.

Un quart de siècle après la ratification de la Convention internationale relative aux droits de l'enfant (19 décembre 1992), l'Algérie poursuit ses efforts pour la protection et la promotion de l'enfance en associant tous les secteurs et acteurs de la société civile afin d'assurer un environnement sûr favorisant la croissance et le développement des enfants au sein de la famille et à l'école.

L'Algérie s'est inspirée de ladite convention pour élaborer sa loi relative à la protection de l'enfant, promulguée en 2015, prévoyant plusieurs articles et dispositions liés à la protection de l'enfant sur les plans social et judiciaire, une mission pour laquelle a été créé l'Organe national de la protection et de la promotion de l'enfance en vue d'une meilleure promotion des droits de l'enfant. Tout enfant, son représentant légal ou toute personne physique ou morale peut saisir cette instance pour dénoncer des atteintes aux droits de l'enfant. Celle-ci les transmet au service du milieu ouvert compétent pour enquête et prise de mesures adéquates conformément aux modalités prévues par ladite loi.

Les personnes physiques et morales qui ont signalé des atteintes aux droits d'un enfant et qui ont agi de bonne foi sont dégagées de toute responsabilité administrative, civile ou pénale.

 

Ancrer la culture du signalement pour responsabiliser la société dans la protection des innocents

 

L'année 2017 a également été marquée par l'adoption d'une série de mesures visant à protéger les enfants contre les dangers qui les guettent, notamment les rapts. Parmi ces mesures, il y a lieu de citer le Plan d'alerte qui est activé dès le signalement d'un rapt ou de la disparition d'un enfant sans attendre le délai de 48 heures comme c'était le cas auparavant. Plusieurs corps de sécurité sont associés à sa mise en œuvre sous la supervision du procureur de la République.

Le dispositif "Alerte rapt-disparition d'enfants" s'est avéré d'une "efficacité palpable" sur le terrain avec un "net recul" des cas d'enlèvement enregistrés depuis sa mise en place, avait indiqué le président du réseau "Nada" pour la protection de l'enfance, Abderahmane Arar.

Il y a aussi lieu de citer la convention de partenariat entre la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et le ministère de l'Education nationale" pour faire face aux rapts d'enfants à travers un programme axé sur l'échange et l'exploitation de renseignements en temps opportun.


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L'Organe national de la protection et de la promotion de l'enfance a, de son côté, songé à lancer un numéro vert et un site Web mis à la disposition des citoyens pour dénoncer les cas d'atteinte aux droits de l'enfant.

Les services de la Sûreté nationale ont enregistré au cours des quatre premiers mois de 2017 près de 1900 enfants victimes de différentes formes de violences (corporels, sexuels, homicide et rapt).

Les mêmes services ont recensé à ce propos 2626 cas d'enfants en situation de détresse dont la majorité ont été trouvés errant dans la rue, particulièrement en période estivale, outre le traitement de 40 affaires relatives à la lutte contre les crimes liés aux attentats aux mœurs.

La DGSN avait créé quelque 50 brigades chargées de la protection des enfants et des femmes victimes de violence à travers l'ensemble du territoire national, dont 3 à Alger.

 

Les secteurs de la solidarité et de l'éducation: canal officiel de la concrétisation d'une volonté politique de protéger l'enfant

 

L'Algérie dispose d'un réseau comprenant près de 400 établissements et centres destinés à la prise en charge de toutes les catégories d’enfants en Algérie, dont les enfants aux besoins spécifiques et les enfants sans familles.

Sur ce total d’établissements opérationnels à l’échelle nationale, 53 sont dédiés à l’enfance assistée, 49 autres à la protection de l’enfant et de l’adolescent, en plus de la prise en charge des jeunes, outre 23 écoles destinées aux enfants malvoyants, et 45 autres aux enfants malentendants.


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Ces établissement s'ajoutent aux 149 centres psychopédagogiques dédiés à la prise en charge des enfants inadaptés mentaux, huit pour les handicapés moteurs, et quatre pour les enfants soufrant d’insuffisances respiratoires, outre 48 services en milieu ouvert et 15 annexes relevant de ces espaces.

A son tour, le secteur de l'éducation nationale œuvre pour la prise en charge des enfants dans les établissements scolaires, notamment ceux aux besoins spécifiques dont le nombre s'est élevé à 35.000 enfants durant l'année scolaire en cours, contre 3.375 en 2014.

La majorité de ces enfants aux besoins spécifiques (90%) sont pris en charge dans des classes normales, les autres étant pris en charge dans des classes spéciales (intégrées).

Le secteur de l'éducation nationale accueille depuis 1998 au sein de ses établissements scolaires des enfants malvoyants ou malentendants, des enfants souffrant de légères déficiences mentales ainsi que des enfants de  la lune et des élèves souffrant d'handicap moteur.

Ces efforts reflètent l'attachement de l'Algérie à honorer ses engagements internationaux dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD), particulièrement l'accès de tous à l'ensemble des niveaux d'instruction et  de formation professionnelle, y compris les personnes aux besoins spécifiques à l'horizon 2030.

Dans ce cadre, des organisations internationales se sont félicitées des efforts déployés par l'Algérie dans ce domaine, à l'image de la représentation des Nations Unies pour la protection de l'enfance en Algérie, qui a affirmé que le pays "a réalisé une grande avancée" en matière de protection des droits de l'enfant, à travers la réalisation de "quasi totalité" des objectifs du millénaire pour le développement et la consécration d’un taux de scolarité de prés de 98%.

 

Le danger du monde virtuel pour les enfants, un risque réel qui impose de relever le niveau de vigilance

 

 

L'événement majeur qui a marqué les esprits en cette fin d'année, est le danger du jeu de "la Baleine bleue" qui a fait des victimes, des enfants et des adolescents, entrainant  parfois la mort. Les secteurs chargés de la protection et de la sécurité des enfants sont intervenus en focalisant sur la sensibilisation vu l'impossibilité de bloquer l'application.

L'effet dangereux de ce jeu virtuel a attiré l'attention quant au danger que représentent d'autres jeux du même genre qui ont suscité une grande polémique, à l'instar du sensationnel jeu appelé "Mariam" , qui recourt à  des questions personnelles posées au joueur et en employant des effets techniques qui créent un climat de terreur et de panique chez les usagers.


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Le ministère de l'Education nationale a promulgué une circulaire qui a été distribuée à l'ensemble des établissements éducatifs, appelant les responsables et les enseignants à sensibiliser aux dangers de cette application, tandis que le ministère de la Solidarité nationale s'est empressé de lancer une campagne nationale de sensibilisation pour lutter contre toutes formes de violence faites aux enfants, notamment celle due au mauvais usage d'internet et des nouvelles technologies.

Cette campagne est menée par des équipes de psychologues, des cellules de proximité relevant du ministère, en collaboration avec d'autres secteurs à l'instar de la Justice, des Affaires religieuses et des wakfs, de l'Education nationale, des Postes, des télécommunications et du numérique et autres supports comme la Radio nationale, la Télévision algérienne, le mouvement associatif, les Scouts musulmans algériens (SMA) et les associations des parents d'élèves.

Dans le but d'"encourager la créativité en matière de production d'applications destinées à cette catégorie, il a été décidé l'institution ,en 2018, d'un prix national de la meilleure application de distraction sécurisée pour enfants et qui portera le nom de "La Souris sécurisée", qui sera dédiée, dans sa première édition, à la meilleure application de distraction sécurisée pour enfants.

La création de ce prix s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de protection et de promotion de l'enfant, en tant que "point de départ de  toute action de développement", comme l'avait affirmé la première responsable du secteur de la Solidarité nationale, Mme Ghania Eddalia.

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