Législatives et locales de 2017: consécration de la stabilité institutionnelle

Publié le : samedi, 16 décembre 2017 12:57   Lu : 366 fois
Législatives et locales de 2017: consécration de la stabilité institutionnelle
Photo APS

ALGER - Les élections législatives et locales organisées en Algérie en 2017 consacrent une stabilité des institutions qui s'est progressivement et au fil des consultations électorales enracinée dans le champ politique et institutionnel. Cette stabilité constitue une condition indispensable au développement d'une véritable culture démocratique et au progrès économique et social.

Les enseignements de ces deux scrutins et des précédents résident, d'abord, dans une maitrise croissante par l'administration du processus électoral dans son organisation et sa gestion: fichier électoral constamment assaini grâce à la numérisation de l'état civil, déroulement calme et sécurisé du vote sur tout le territoire national.

Il y a, ensuite, les nouvelles garanties de transparence et de régularité qu'offrent la loi portant régime électoral et la Haute Instance indépendante de surveillance des élections (HIISE), dont le statut est constitutionnalisé.

Autre enseignement: l'évolution du discours électoral, et, plus généralement, politique, lequel, sans concessions, s'est éloigné de l'outrance et de l'excès. Des partis d'opposition qui s'inscrivaient dans une logique de rupture privilégient, aujourd'hui, le dialogue et le débat d'idées pour convaincre, approfondir les réformes de tous ordres et faire valoir leurs points de vue.


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La HIISE et l'Autorité de régulation de l'audiovisuel (ARAV) ont estimé que les campagnes électorales des législatives du 4 mai et des assemblées locales du 23 novembre se sont déroulées de manière correcte et dans le "respect".

Tout en observant que ces deux échéances électorales ont eu lieu dans de "bonnes conditions", le président de cette Haute Instance, Abdelwahab Derbal, a, cependant, plaidé pour la révision de la loi électorale qui contient, selon son appréciation, des "points imprécis", et ce, pour améliorer le processus électoral. Il a plaidé, aussi, pour l'amendement de la loi régissant le fonctionnement de l'instance qu'il préside pour qu'elle puisse mieux s'acquitter de ses missions.

Il a, à ce propos, évoqué, entre-autres, les cas de rejet par l'administration de listes de candidatures, une question qui a fait l'objet de moult réclamations de la part de partis politiques.

La HIISE veille, conformément à ses statuts, à la transparence et à la probité des élections, depuis la convocation du corps électoral jusqu'à la proclamation des résultats provisoires du scrutin.

 

Des élections organisées dans le sillage de la révision constitutionnelle de 2016

 

Ces élections ont été organisées dans le sillage de la révision constitutionnelle de 2016, couronnement des réformes engagées par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, en 2011.

Au cours des législatives, et au-delà de la diversité des programmes des partis politiques, une convergence s'est manifestée sur la nécessité de consolider la stabilité pour prémunir l'Algérie des effets des crises politiques et sécuritaires qui secouent des pays de son environnement immédiat.

A la veille du scrutin, le président Abdelaziz Bouteflika a appelé les citoyennes et les citoyens à participer massivement aux élections et "contribuer ainsi à la stabilité du pays et la progression de la démocratie".

A l'adresse des partis politiques, le chef de l'Etat a souligné que "le succès de la démocratie pluraliste exige la stabilité", les exhortant de ce fait à sa préservation.

Dans la configuration de l'Assemblée populaire nationale (APN), post-législatives, l'écart entre les deux principaux partis, le Front de libération nationale (FLN) et le Rassemblement national démocratique (RND), s'est réduit.


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Le FLN, "doyen" des partis en Algérie, a obtenu le plus grand nombre de sièges, soit 164, contre 208 aux législatives de 2012. Ce score ne lui assure pas la majorité absolue, c'est-à-dire la moitié plus un des membres de l'Assemblée, où siègent 462 députés, une configuration favorisant les alliances.

Le RND, qui prône une approche plus libérale sur le plan économique, est représenté, lui, à la chambre basse du Parlement par 100 députés, contre 68 dans la précédente législature.

Tout en étant alliés au sein de la majorité parlementaire, chacune de ces deux formations s'emploie à consolider sa position sur l'échiquier politique.

En plus du FLN et du RND, la majorité parlementaire est constituée des partis Tajamoue Amel El Djazair (TAJ, 20 députés) et Mouvement populaire algérien (MPA, 13 députés).

Au cours de la précédente législature (2012-2017), cette majorité a assuré au gouvernement une stabilité qui a permis l'adoption de ses projets de loi et une collaboration entre les pouvoirs exécutif et législatif.

Parmi les missions qui incombent à l'Assemblée actuelle, il y a celle d'accompagner et de coordonner avec le gouvernement  l'effort de diversification de l'économie, une économie libérée de la dépendance aux hydrocarbures. L'importance de cet objectif se mesure à l'aune de la chute drastique et prolongée (depuis fin 2014) des prix du pétrole.

 

Emergence de nouveaux partis politiques

 

Pour parachever le processus de représentation démocratique au sein des institutions élues, les législatives ont été suivies en novembre dernier par les élections locales.

La campagne pour les élections des Assemblées populaires communales et de wilaya (APC/APW) a mis en évidence des thèmes consensuels entre les partis politiques. La décentralisation dans la prise de décision dans la gestion des collectivités locales et l'élargissement des prérogatives des élus, pour insuffler une dynamique plus soutenue au développement local, se sont affirmés comme des questions centrales qui ont cristallisé un réel consensus.

Un projet de loi sur les collectivités territoriales, qui devrait réunir les codes communal et de wilaya en un seul texte juridique, est en préparation, dans l'objectif de réaliser davantage de décentralisation et de libération des initiatives locales et de conférer plus de prérogatives à l'élu.

Mais les questions économiques et sociales ont fait l'objet de prises de positions contrastées. Le Parti des travailleurs (PT, 11 députés), à titre d'exemple, a dénoncé ce qu'il a qualifié de politique "d'austérité" du gouvernement et exprimé son opposition au projet de loi de finances 2018, estimant, en substance, qu'il ne tient pas suffisamment compte des intérêts des travailleurs.

D'autres partis ont, de leur côté, appelé à l'accélération des réformes libérales pour mettre en place une économie de marché moderne, compétitive est débarrassée de la dépendance aux hydrocarbures, dans laquelle l'entreprise crée de la richesse et des emplois.


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Les résultats des élections locales ont confirmé le FLN et le RND dans leur statut de principales forces politiques, tout en redessinant certains contours du paysage politique, avec l'émergence de nouvelles formations.

Sur les 1.541 APC que compte le pays, le parti FLN a obtenu la majorité des voix dans 603 et le RND dans 451. Pour les 48 APW, ils ont décroché, respectivement, 711 et 527 sièges, sur un total de 2.004.

Le Front El Moustakbel, jeune formation dont 14 députés siègent à l'APN, a créé la surprise ont s'adjugeant la majorité dans 71 communes.

Le plus vieux parti d'opposition, le Front des forces socialistes (FFS, 14 députés à l'APN) est sorti majoritaire dans 64 communes.

Le Mouvement de la société de la paix (MSP, 3ème force politique à l'APN, avec 34 sièges, et appartenant au courant dit islamiste), a obtenu la majorité dans 49 communes. Huit communes sont revenues à l'autre alliance du même courant, Adala-Ennahda-Bina (15 députés).

La loi organique relative au régime électoral, révisée en 2016, a conféré --par respect du choix des électeurs et pour éviter les situations d'instabilité et de blocage connues par le passé-- la présidence de l'assemblée au candidat tête de liste qui a obtenu la majorité simple des voix, et non plus la majorité absolue.

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