La commune El-Aissaouia (Médéa) prête à sortir de sa léthargie

Publié le : dimanche, 23 avril 2017 10:05   Lu : 176 fois
La commune El-Aissaouia (Médéa) prête à sortir de sa léthargie

MEDEA - El-Aissaouia, petite perle de l’Atlas tellien,  tente tant bien que mal de se défaire d’une réputation de "zone de mort"  qui lui "colle à la peau" des années durant pour entamer enfin un nouveau  démarrage.

 

Située dans la daira de Tablat, au Nord-est de Médéa, la commune  d’El-Aissaouia était toute destinée pour être à la fois un lieu de  villégiature par excellence pour les amateurs de la nature et une ville  pourvoyeuse importante d’huile d’olive et d’amande, vu l’énorme potentiel  naturel qu’elle recèle.

 

Un atout que cette commune montagneuse, culminant à 754 mètres d’altitude,  n’a pu mettre à profit pour améliorer les ressources et conditions de vie  des 13.000 habitants à cause du terrorisme.

 

Et pourtant, dès le début des années 80, les prémices d’un tourisme  cultuel et thermal commençaient à poindre à l’horizon avec l’arrivée des  premiers touristes, venus essentiellement de la capitale, Alger, et de  Blida, attirés par l’air vivifiant, les vues imprenables sur les vastes étendues forestières aux couleurs verdoyantes qui couvrent toute cette  région, mais également par les multiples eaux de sources aux vertus  curatives.

 

"Ain-Kessis", une source naturelle qui jaillit des tréfonds du sous-sol de  la région, fut l’une des destinations privilégiées pour nombre de citoyens  issus de différentes localités du centre du pays qui venaient chercher  "cette précieuse eau" à laquelle l'on attribue des vertus curatives,  notamment pour ceux qui souffrent d'un problème rénal.

 

El-Aissaouia disposait, en outre, d’une autre richesse à l’origine de cet  attrait, à savoir les petites cascades de Tidjai, au Sud-est de la commune,  les thermes de Bouhmama et Moulay Ahmed, ainsi que la Zaouia  d’El-Aissaouia, l’un des lieux de rencontre et de méditation des adeptes de 

 

la confrérie éponype, réduite, aujourd’hui, à l’état de ruine après son  dynamitage par les groupes terroristes qui écumaient la région, a confié à  l’APS Ali Amara, un élu de cette commune.

 

Désertés pendant quelques années, en raison de la situation sécuritaire  qui prévalait alors dans la commune, ces sources d’eau et ces thermes  enregistrent un afflux assez importants de citoyens, notamment durant le  week-end et la période estivale, a-t-il affirmé, ajoutant que des démarches 

 

sont en cours pour tenter d’attirer d’éventuels investisseurs, d’exploiter  ces thermes et contribuer ainsi à la relance de l’activité touristique au  niveau de cette collectivité.

 

1997, est une année fatidique pour les paisibles villageois soumis  continuellement au harcèlement des hordes terroristes : la commune  d’El-Aissaouia va progressivement se vider de ses habitants. Les villages  et les hameaux isolés sont les premières victimes des attaques et razzias  répétées des groupes sanguinaires qui pullulaient dans les maquis de la  région, endeuillant, à chaque fois, une famille ou plus.

 

Beni Bellaz, Aggourzi, Lalaouchia, Sedrata, Lebchainia et Beni-Zermane où  vivaient de paisibles exploitants agricoles, deviennent, du jour au  lendemain, des villages fantômes. Craignant pour leur vie, des dizaines de  familles fuient ces villages et vont trouver refuge, qui dans la commune 

 

voisine de Tablat, ou dans la wilaya de Blida, Tipasa et Alger, a indiqué  Messaoud Tahmi, un autre élu qui a vécu cette période douloureuse.

 

Le pire allait se produire, selon ce dernier, au début de l’année 1997, ou  face à la pression des groupes terroristes, toute la population du  chef-lieu de commune est "invitée" à quitter les lieux et aller se refugier  à Tablat et ses environs.

 

Pendant plusieurs jours, la commune resta quasiment vide. Il faudra  attendre l’intervention des troupes de l’armée nationale populaire (ANP),  avec le déploiement sur place et en permanence d’un contingent militaire,  pour assister à un retour graduel des habitants du chef-lieu, a ajouté la  même source.

 

Malgré les efforts déployés, après le rétablissement de la sécurité et la  pacification de larges zones de cette vaste région montagneuse qui s’étend  sur une superficie de 70 km2, nombre de villages ne seront plus réoccupés  par leurs habitants et tomberont très vite dans l’oubli.

 

Autre conséquence de ces années de terreur, le bouleversement  démographique que va connaître cette commune dont le nombre d’habitants  passera de 13000 résidents, début 1990, à environ 3763 résidents,  aujourd’hui, a noté cet édile qui n’a pas caché ses appréhensions quant à  un probable repeuplement de la dizaine de villages complètement désertés  par leurs habitants.

 

Un effort supplémentaire de l’Etat est vivement souhaité. L’apport crucial  des pouvoirs publics, en terme notamment d’aide à l’autoconstruction et de  dotation en équipements de base, a permis à cette commune de se redresser  et à tourner, dans une certaine mesure, la page du passé.

 

Cette collectivité va bénéficier, à partir de 2007, de plusieurs projets  d’équipement, des infrastructures socio-éducatives en l’occurrence,  destinés, surtout, à maintenir sur place les quelques milliers de résidents  ayant résisté à la tentation de l’exil intérieur.

 

Nombre de citoyens qui avaient abandonnés leurs villages d'origine  commencèrent, dès cette date, à les regagner à la faveur de ces projets,  préludes, pour beaucoup d’entre-eux, à un retour progressive à une vie  normale.

 

Il en sera ainsi à Kebaldjia, Ouled Koula, Chemalile, Khoualed, Tidjai  Beni Boubakr, Belhiret, Zaouia et Bouhmama, où un retour massif des  habitants est enregistré vers la fin de l’année 2010, coïncidant avec la  mise en service des projets lancés en chantier, quelque temps auparavant,  dont des écoles, des structures administratives et de service, ainsi qu’une  Maison pour jeunes ou diverses activités culturelles et d’animation sont  organisées depuis.

 

Or, l’élément ayant contribué le plus à faire revivre cette commune réside  dans l’effort consenti par l’Etat en matière d’auto-construction, a fait  observer Messaoud Tahmi, indiquant qu’un programme "conséquent" d’aides  rurales a été affecté à la région.

 

Pas moins de 700 aides ont été débloquées au profit des habitants de la  commune, dont beaucoup de constructions sont, aujourd’hui, achevées, alors  que d’autres sont en cours d’exécution, a-t-il révélé.

 

Une détermination réelle à surmonter les difficultés cumulées, au fil des  ans, est perceptible chez nombre de citoyens approchés par l’APS, qui  affirment être disposés à "sacrifier" d’autres années de leur vie et de  leur terre en richesse, pour peu que les pouvoirs publics acceptent  d’accorder davantage d’intérêt à cette partie de la wilaya.

 

Pour Abdelkader Mekhloufi, un natif du village de Chemalile, la priorité  pour les habitants des villages et hameaux repeuplés doit être donnée à  l’amélioration de la couverture de ces villages en eau potable et en  énergie électrique. Plusieurs habitations réalisées dans le cadre de  l’habitat rural n’ont toujours pas été raccordées en électricité, d’autres  ont droit à l’eau qu’un jour sur sept, voir plus, faute d’infrastructures  hydrauliques, d’après ce dernier.

 

Le même effort est souhaité par Abdelkader Kadri, un habitant du village  de Beni-Boubekr, en matière, cette fois-ci, de couverture sanitaire, vu  l’absence d’une structure pour les habitants de la commune pour se faire  soigner.

 

Une polyclinique, dont il ne reste aujourd’hui, que la "carcasse", fut  réalisée, à la fin des années 80, mais elle n’a jamais été exploitée, a  soutenu ce vieux villageois, contraint, lui et ces concitoyens, à faire le  déplacement jusqu’à Tablat, distante d’une vingtaine de kilomètres pour une  auscultation ou des soins.

En attendant que ces doléances trouvent un écho auprès des autorités  locales, la vie reprend, petit-à-petit, dans cette commune qui a su relever  la tête après une longue période de peur, de terreur et d’incertitude

La commune El-Aissaouia (Médéa) prête à sortir de sa léthargie
  Publié le : dimanche, 23 avril 2017 10:05     Catégorie : Régions     Lu : 176 foi (s)   Partagez