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Les programmes des partis convergents mais sommaires sur la renonce à la dépendance des hydrocarbures

Publié le : mardi, 18 avril 2017 11:43   Lu : 125 fois
Les programmes des partis convergents mais sommaires sur la renonce à la dépendance des hydrocarbures
APS PHOTOS © 2017

ALGER - Les partis politiques demeurent, dans leurs programmes des prochaines législatives, "convergents" mais "sommaires" vis-à-vis de la nécessité de la sortie du pays de la dépendance vis-à-vis des hydrocarbures et la question de la transition énergétique nationale, admettent à l'unisson expert et observateur.

Le Front de libération nationale (FLN) estime, dans son programme, que l'énergie est une "source vitale" sur laquelle repose tous les secteurs économiques. A cet effet et vu le "recul continu" dans la production nationale des hydrocarbures et la hausse de la demande locale compte tenu des besoins progressifs de la population en matière d'énergie, le parti encourage la promotion de l'investissement dans les domaines des énergies renouvelables et la concrétisation de nouveaux investissements avec des opérateurs étrangers.

Ces projets, estime le parti, sont susceptibles de "relancer" le secteur qui demeure en quête d'un "saut en matière de recherche scientifique afin de cristalliser des techniques permettant la diversification des sources énergétiques sans pour autant altérer l'environnement".

Un constat que partage le Rassemblement national démocratique (RND) qui note, dans son programme des législatives du 4 mai, que "la consommation intérieure du gaz et du pétrole ne cesse de croître alors que la production de ces énergies est appelée à régresser".

Du coup, pour préserver l’indépendance énergétique du pays, le parti d'Ahmed Ouyahia préconise, "outre la poursuite et l’intensification de l’exploration des hydrocarbures conventionnelles, d’intensifier la mise en valeur de nouvelles sources d’énergie".

A cet effet, il prévoit, à travers son programme, le développement des énergies renouvelables notamment solaire, avec des investissements publics et privés, et des incitations fiscales et financières de l’Etat, l’exploration et l’évaluation des gisements de gaz et pétrole de schiste, en veillant à la sauvegarde de l’environnement et à la préservation de la santé de la population.

Le Front El Moustakbal appelle, quant à lui, à la création d’une agence pour la réalisation des objectifs de la transition énergétique en qualité de principal opérateur de l’Etat pour la mise en œuvre efficace des stratégies nationales du développement durable.

Durant la période de transition énergétique, le programme du parti suggère d'aller vers la coexistence des énergies fossiles (pétrole-gaz-charbon) et de solutions alternatives, principalement avec les énergies renouvelables, c'est-à-dire un mix énergétique.

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), estimant que le pays est dans une "situation de diminution de l’offre à cause du déclin des ressources en hydrocarbures et de l’explosion de la demande interne", a appelé, dans son programme, à "agir à la fois sur l’offre et la demande".

"La pénurie d’énergies fossiles ne concerne pas que les prochaines générations, elle est déjà d’actualité", a-t-il averti.

En attendant que les hydrocarbures "trouvent leur équilibre" dans un mécanisme idoine entre la nécessité d’un accès à l’énergie pour tous et l’impératif de résorber les déficits, le RCD propose d’instaurer un marché de l’"efficacité énergétique et des énergies renouvelables (solaire et éolienne)" tiré, dans un premier temps, par la commande publique qui aboutira à terme à l’instauration d’un "certificat d’efficacité énergétique".

 

Rationalité

 

L'Alliance Mouvement de la société pour la paix (MSP)-Front du changement (FC), quant à elle, préconise, dans son programme, la nécessité de planifier un programme d'efficacité énergétique "réussi" d'ici 2030 à travers des études de faisabilité pour l'exploitation des ressources conventionnelles et non-conventionnelles renouvelables, ainsi que la mise à  jour de la carte énergétique et minière et la réactivation du Fonds des énergies renouvelables pour encourager et développer les outils d'exploration de ces énergies.

Le parti insiste également sur la nécessité d'atteindre l'"autosuffisance nationale" à travers les énergies renouvelables (notamment l'énergie solaire) et les ressources non-conventionnelles (le gaz de schiste avec la préservation de l'environnement) et consacrer les ressources conventionnelles (pétrole et gaz) à l'export, tout en réactivant le Haut  conseil de l'énergie, l'encouragement à la production domestique des énergies renouvelables et la création éco quartiers.

Interrogé par l'APS sur les actions prévues dans les programmes des différents partis politiques et leurs préconisations quant à la politique énergétique, le professeur Mohamed-Cherif Belmihoub a noté "une grande convergence de leurs positions".

A ce propos, l'expert en économie cite notamment leur position relative à "l'importance des hydrocarbures dans le développement économique et social du pays et l'épuisement à moyen terme des ressources conventionnelles  exploitables".

"Les partis politiques ont pris conscience que la croissance de la consommation interne est intenable. Ils suggèrent tous, certains de manière tranchée, comme le RND, d'aller vers les hydrocarbures de schiste.

D'autres, plus réservés sur la question, recommandent d'aller vers les énergies renouvelables comme le solaire", a-t-il indiqué.

Or, observe-t-il, les partis demeurent "très sommaires sur ce sujet complexe", soulignant que ces derniers "sont encore dans une logique d'augmenter l'offre d'énergie alors que le problème est en partie situé du côté de la demande".

M. Belmihoub a, par ailleurs, déploré "qu'aucun parti ne propose la rationalisation de la consommation de l'énergie par une augmentation des prix", estimant qu'il s'agissait d'un sujet "sensible" et "pas du tout populaire".

"Finalement, ils sont tous nourris de la même idéologie : plaire à la population même si le danger est imminent, comme quoi le populisme a de beaux jours devant lui dans notre pays", a-t-il poursuivi.

Estimant, par ailleurs, que les partis "ne proposaient rien de précis sur l'efficacité énergétique", il a observé que le RND et le RCD sortaient "un peu" du lot dans la formulation des propositions.

"Le RND est pour une politique d'exploration et de recherche sur l'énergie  fossile et non-conventionnelle, ce qui relève de la rationalité, alors que le RCD veut lutter contre les gaspillages, ce qui est aussi une démarche rationnelle", a-t-il conclu.

Dernière modification le : mardi, 18 avril 2017 14:22
Les programmes des partis convergents mais sommaires sur la renonce à la dépendance des hydrocarbures
  Publié le : mardi, 18 avril 2017 11:43     Catégorie : Algérie     Lu : 125 foi (s)   Partagez