NEW YORK - Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a signalé mardi que 60 victimes d’engins et de restes explosifs de guerre ont été signalées au Mali depuis avril 2012, et que les enfants constituaient les deux tiers de ces victimes.
Selon ses estimations, environ 200.000 enfants dans les zones de conflit du centre et du nord du Mali risquent d’être blessés, voire d’être tués par ces explosifs.
‘‘Le niveau de risque est susceptible d’augmenter encore plus lorsque les familles déplacées vont commencer à regagner leurs maisons dans les zones qui ont connu les pires affrontements du conflit’’, a-t-elle prévenu.
Afin de mieux protéger les civils contre la menace posée par les explosifs, l’UNICEF et ses partenaires prévoient d’intensifier les activités de sensibilisation aux dangers des mines, de conduire des campagnes de sensibilisation par radio, en particulier dans les régions du nord, afin de mener des actions de prévention auprès du public vivant dans les zones touchées par le conflit.
‘‘Le danger est maintenant au centre et au nord du Mali où de violents combats ont eu lieu", a déclaré Françoise Ackermans, Représentante de l’UNICEF au Mali, ajoutant que ‘‘les explosions peuvent se produire n’importe où et n’importe quand’’.
Des rapports préliminaires élaborés par le Service de l’ONU de la lutte anti-mines (UNMAS) indiquent que de grandes quantités de restes explosifs de guerre (REG) dont les munitions non explosées et abandonnées comme des obus d’artillerie, des mortiers, des roquettes, des grenades ou des balles ont été laissés dans le sillage des attaques aériennes et au sol.
La plus forte concentration de restes explosifs de guerre est susceptible de se trouver dans des zones où de violents combats ont eu lieu comme Diabaly, Douentza, Konna et Gao.
‘‘Il est clair que le Mali est impacté par la présence de mines terrestres et de munitions non explosées", a déclaré Gareth Edwin Francis, officier des opérations de l’UNMAS.
Selon lui, ‘‘les Nations unies ont le devoir de répondre à cette situation par un déploiement rapide des équipes de prospection et de neutralisation des munitions explosives, afin d’assurer un accès sécuritaire pour tous les acteurs et, surtout, de répondre aux besoins de la population malienne’’. Pour cela, l’UNMAS ‘‘est en train de planifier le déploiement imminent d’une équipe à Konna’’, a-t-il fait savoir.